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Ils ont tué Sankara

Jeudi 14 Octobre 2021

Ils ont tué Sankara
 Il y a trente-quatre ans, le 15 octobre 1987, baccalauréat en poche, je me rendais à Nouakchott pour commencer des études de droit à l’Université de le Capitale.

A cette époque où l’argent était la chose la moins accessible aux jeunes gens de ma génération, il me fallait combiner des moyens de transport peu onéreux pour joindre le centre névralgique du pays.

Parti de Nouadhibou au fond d’un wagon minéralier, je m’étais retrouvé au poste de gendarmerie de Choum qui m’a offert une expédition à bord d’un vieux camion Mercedes pour une traversée gratuite des rudes paysages de l’Adrar, de l’Amsaga, de l’Inchiri et du Tevelly.

Après avoir franchi les espaces rocailleux de Temagout , je profitais d’une amélioration de la piste pour mettre en marche mon inséparable petit poste-radio Sony pour écouter l’édition africaine du journal de Radio France Internationale, Afrique Soir.

A ce moment là, j’ai eu l’impression qu’une grande injustice vient d’être commise en Afrique, un espoir s’est volatilisé, une lueur s’est éteinte : on a tué Thomas Sankara.

Peu importe la raison, si raison il y ‘avait , l’assassinat du « rebelle »comme aimait l’appeler son meilleur ami , le brillantissime journaliste Sennen Andriamirado, nous plongeait , nous jeunes idéalistes, dans une sorte de méditation mélancolique sur la malchance qui semble avoir élue domicile dans notre continent, meurtri et condamné à rester à la traîne.

Depuis lors , nous avons écouté des émissions, vu des journaux, entendu des témoignages et lu des livres sur la vie et le combat du Capitaine Thomas Sankara , son souvenir reste vivace , comme s’il a été tué hier.

Que le procès qui s’ouvre actuellement à Ouagadougou, puisse apporter toute la lumière sur cette tragédie du 15 octobre 1987 où le camarade-président et douze de ses compagnons ont été froidement assassinés alors qu’il présidait une réunion de travail pour l’amélioration des conditions de vie de son peuple , le peuple des hommes intègres.

A sa veuve Mariam

A son père

A son frère aîné

À sa sœur

Laghdaf Ould Khaye