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Les tares de l'instabilité démocratique au Sénégal

Mardi 8 Novembre 2022

L’enseignant-chercheur à l’UGB déplore la persistance des problématiques, de la « succession dans un système politique hyper présidentialiste », « la consolidation de l’État de droit » et la « dépatrimonialisation de la gestion publique »


Les tares de l'instabilité démocratique au Sénégal
Le professeur Maurice Soudieck Dione exhibe les trois tares qui empêchent le Sénégal de devenir une démocratie substantielle marquée par des rivalités autour des « idées, des projets et les programmes ». Invité de l’émission Objection de la radio Sud Fm hier, dimanche 6 novembre, l’enseignant-chercheur en Sciences politiques à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis a déploré la persistance des problématiques, de la « succession dans un système politique hyper présidentialiste », « de la consolidation de l’État de droit » et la « dépatrimonialisation de la gestion des affaires publiques ».

L a remise en cause permanente de certaines règles démocratiques avec notamment la problématique de la limitation des mandats présidentiels par les différents régimes qui se sont succédé au Sénégal n’est pas un fait isolé.

L’avis est du professeur Maurice Soudieck Dione. Invité de l’émission Objection de la radio Sud Fm (privée) hier, dimanche 6 novembre, l’enseignant-chercheur en Sciences politiques à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis titulaire d’un doctorat sur le « processus d’institutionnalisation de la démocratie au Sénégal » a lié cette situation à « 3 faiblesses majeures » de la démocratie sénégalaise.

Il s’agit entre autres, de « la problématique de la succession dans un système politique hyper présidentialiste », de « la problématique de la consolidation de l’État de droit » et la « dé-patrimonialisation de la gestion des affaires publiques ».

« Ces 3 problèmes de fond sont liés parce que le contrôle de l’appareil d’État vous assurait l’impunité auparavant. Aujourd’hui, avec les avancées du système électoral, il est difficile de contrôler l’appareil d’État à partir du contrôle du système électoral.

Et pourtant, on a toujours un système politique hyper présidentialiste qui favorise le piétinement des droits et libertés, notamment des droits de l’opposition, et qui favorise le clientélisme », explique l’invité du jour de l’émission Objection animée par notre confrère Baye Oumar Guèye.

Par ailleurs, l’enseignant-chercheur en Sciences politiques, toujours au sujet de l’impact de ces « 3 faiblesses majeures » dans la démocratie sénégalaise, explique qu’elles seraient également à l’origine de la confusion qu’entretiennent certains des dirigeants entre leurs ressources et celles de l’État.

« Ce qui fait que les gouvernants sont quelque part prisonniers, otages de l’appareil d’État à travers les pratiques autoritaires qu’ils exercent, notamment sur l’opposition, d’une part, mais à travers également les pratiques néo patrimoniales, c’est à dire de gestion des affaires publiques comme dans la jouissance d’une chose personnelle, en ne faisant pas la différence entre les ressources de l’État et les ressources des dirigeants », a-t-il fait remarquer avant d’ajouter.

« C’est cette forme de clientélisme du système politique qui fait qu’aujourd’hui, on est dans des schémas d’enrichissement personnel et qui donc fait que cela suscite des réflexes de cramponnement au pouvoir dans un contexte marqué par des tensions avec l’opposition. Des tensions qui s’expliquent par cette manière d’entrer en collision violente avec l’opposition en utilisant les moyens de l’État».

 


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