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Rien, toujours rien, six ans plus tard. Par Abdoulaye NIAYE, conseiller municipal

Dimanche 3 Janvier 2021

Revoilà Monsieur le maire de Saint-Louis qui en cette fin d’année s’emploie péniblement à nous faire un bilan. Une sortie laborieuse et chaotique, car comme disait l’autre : « de ce qui n’est pas, rien ne peut se dire » !
À l’entendre, le saint-louisien lambda ne savait plus s’il avait affaire au maire ou au ministre de la République qui égrenait les faméliques réalisations du gouvernement dans la commune. Tout y était ! Amalgames savamment entretenus, non-dits coupables et promesses pompeuses qui en disent long sur la longue et profonde apnée municipale.


Rien, toujours rien, six ans plus tard. Par Abdoulaye NIAYE, conseiller municipal
Au commencement, il y avait un lourd héritage légué par l’équipe sortante et que Monsieur le maire a brillamment réduit en cendre au propre comme au figuré. En effet, ce serait long et fastidieux de lister tous les joyaux que le maire a trouvé à son arrivée et qui se retrouvent aujourd’hui dans les écrins du souvenir. Cependant rappelons-en quelques :

N’a-t-il pas trouvé une unité de pavage pour la réalisation de laquelle la commune a contribué à hauteur de 53 millions de FCA et que des partenaires belges ont aidé à finaliser ? Aujourd’hui, le site est laissé à l’abandon, les machines et l’outillage volés. Une opportunité d’emploi pour nos jeunes qui s’envole sans parler du pavage des rues de nos quartiers à moindre coût.

N’a-t-il pas trouvé un système de transport scolaire gratuit qu’il a supprimé sans coup férir ? Un parc de dix bus qui faisaient le bonheur des élèves de la commune et de leurs parents. Des bus qui participaient à l’équilibre de la carte scolaire favorisant la mobilité et réduisant drastiquement le taux de retard et d’absentéisme des jeunes apprenants.

Aujourd’hui, point de bus ! S’ils ne sont pas transformés en ferraille, ils sont offerts contre toute règle de bonne gouvernance (des bus immatriculés AD) à Gandon, à l’hôpital, à la ligue de football et au SLBC !

N’a-t-il pas trouvé un plan de développement touristique(PDT) revu et corrigé et dont TDR et DAO ont été lancés (place Faidherbe ou Baya Ndar, route de l’hydrobase et autres) ? Il a en outre hérité de 68 logements qu’il n’a pas cherché à augmenter, de l’assainissement de Ndioloféne et de Guet ndar(ACTING pour plus d’un milliard), d’un centre de transformation des produits halieutiques et même d’une radio municipale qui ronronne aujourd’hui.

N’a-t-il pas trouvé quatre ambulances médicalisées, une unité de gériatrie, une unité de prétraitement des produits plastiques, une brigade verte, une brigade d’hygiène, un partenariat décentralisé au point, bref « le baril sur la pente, pousse mou dém rek ».Malheureusement c’est à l’ouvrage que l’on reconnait le bon maçon et le nôtre est loin d’en être un.

Six ans plus tard, sans sourciller, Monsieur nous conte Promoville, maison de Lille, digue sur la Langue de barbarie, lampadaires, assainissement… comme si c’était des réalisations de la commune et de son maire. Qu’on ne nous parle point d’entregent de Mademba ou de Massamba car, la plupart de ces éléments précités porte l’empreinte du gouvernement qui, républicain, n’intervient pas selon la tête du maire.

La bonne question est de savoir ce que Monsieur le maire a réalisé de façon concrète et tangible avec le budget de la commune ou avec ses partenaires.

En vérité des réalisations estampillées Mansour on n’en cherche dans la ville ! Et si on devait les lister, elles tiendraient à peine sur la face d’une ardoise.

Six ans plus tard la déception est grande et les regrets profonds. On nous a vendu du vent et nous avons mordu : la propreté de la ville est devenue un casse-tête chinois avec à la place de l’action, des slogans creux tels que Ndar set wecc, saint-louis zéro déchets et autres fantaisies. L’encombrement et l’occupation anarchique sont devenus endémiques, les choix et options sont problématiques et divisent les populations, bref notre ville perd de son leadership et se meurt à petit feu.

C’est dire que Monsieur le maire doit réviser sa copie et vivre le sens profond de son slogan dada « dieuf tokhalna wakh ».La vile en a besoin pour booster la culture et le sport dans la commune, pour retaper nos écoles qui menacent ruine, pour accompagner nos centres de santé qui manquent de tout, pour requalifier nos berges qui ploient sous les ordures, en un mot pour renaitre.

Six ans plus tard, nous restons sur notre faim Monsieur le maire

Relisons les promesses du candidat maire Mansour, réécoutons les premières sorties du nouvellement élu maire Mansour pour toucher du doigt l’écart entre le discours d’hier et la réalité actuelle. Arrêtons donc de nous cacher derrière les actions du gouvernement (une position qui du reste ne passera pas) et se donner la peine et les idées pour remplir l’autre face de l’ardoise.

Abdoulaye Ndiaye
Conseiller municipal