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Un second tour à prévoir pour la présidentielle ?

Vendredi 7 Décembre 2018

​Sur la base d'un sondage de l'institut Stat Info publié lundi 3 décembre, tout n'est pas encore gagné pour un K.-O. en faveur de Macky Sall, qui fait pourtant la course en tête.


Un second tour à prévoir pour la présidentielle ?
Après avoir investi son candidat en grande pompe, samedi 1er décembre à la Dakar Arena, le stade nouvellement inauguré à Diamniadio, la coalition Benno Bokk Yakaar pourrait bien déchanter quant à une victoire dès le premier tour. À peine trois mois avant le rendez-vous aux urnes, une enquête de Stat Info, un cabinet d'étude sénégalais spécialisé dans la production et l'analyse de l'information statistique, place le président sortant loin devant ses rivaux certes, mais contraint à un second tour. Réalisé entre le 1er et le 14 novembre 2018, le sondage s'appuie sur un échantillon représentatif de la population en âge de voter de 3 625 personnes. L'étude se concentre sur les électeurs des régions de Dakar, Thiès, Diourbel et Kaolack, où vivent 60 % des électeurs du pays.

Un second tour envisagé

Selon le sondage, « Macky [Sall], Karim [Wade] et [Ousmane] Sonko formeraient le trio de tête si l'élection présidentielle se tenait aujourd'hui ». L'avance est sans appel pour le président sortant. Il récolte 45 % des intentions de vote, soit au moins 30 points de plus que ses rivaux. Derrière lui, Karim Wade et Ousmane Sonko sont au coude-à-coude, crédités respectivement de 15,1 % et de 14,9 %. Loin derrière, mais fort dans l'adversité, puisqu'ils contraindraient le président actuel à un second tour non souhaité par son camp. Cependant, « si le président Sall fait le plein d'électeurs dans ses fiefs naturels, il pourrait éviter l'éventualité d'un second tour », analysent les rédacteurs de l'étude. Comme à Kaolack où il séduit déjà 72 % des personnes interrogées ou encore à Fatick, son fief historique. Son grand chantier sera de convaincre les Dakarois, dont seulement 38 % des électeurs interrogés lui feraient confiance.

Des candidats non confirmés

Problème non négligeable de l'étude : elle prend d'emblée en compte deux candidats de poids, alors que leur candidature n'est pas encore confirmée. D'une part, Karim Wade s'est porté candidat par la voie du Parti démocratique sénégalais (PDS), mais sa candidature n'a toujours pas été validée par la commission électorale. L'ancien ministre et fils du président Abdoulaye Wade était jusqu'alors au Qatar, exilé depuis sa condamnation en 2015 pour enrichissement illicite. Il serait actuellement au Maroc, se rapprochant petit à petit de son pays d'origine et de ses électeurs.

D'autre part, il y a l'ancien maire de Dakar, Khalifa Sall. Considéré comme l'opposant le plus sérieux à la réélection du chef de l'État il y a encore quelques mois, il est toujours en prison à Rebeuss. Il a annoncé sa candidature par un communiqué fin juillet, alors qu'il continue à purger une peine de 5 ans pour malversations dans l'affaire de la caisse d'avance de la mairie de Dakar. Selon le sondage, il serait crédité de 7,4 % des voix. Sans la participation de ces deux candidats, Macky Sall n'aurait aucun mal à se faire réélire. À moins que l'opposition ne forme une coalition derrière Ousmane Sonko ou Idrissa Seck.

Macky Sall, un bilan à relativiser

L'étude s'est aussi intéressée aux cotes de popularité des candidats. Le président est dans une position qui conjugue le meilleur et le pire. Macky Sall est celui qui a la cote la plus élevée, mais aussi celui qui suscite le plus de rejet.

Avec 48 % de cote de confiance, il est sans conteste la personnalité la plus populaire du paysage politique. Pour 67 % des personnes interrogées, son bilan en tant que président entre 2012 et 2018 est satisfaisant ou plutôt satisfaisant. La multiplication des annonces de projets et les inaugurations successives font leur effet. « L'érection de Diamniadio en pôle urbain est très appréciée par l'opinion ; 74 % des personnes interrogées apprécient positivement ce projet, 10 % seulement ont un avis contraire et reste s'est abstenu. »

Il plaît donc, mais pas que. Pas très loin derrière, Khalifa Sall (31 %) et Ousmane Sonka (28 %) ont une position plus envieuse. S'ils inspirent moins de sympathie de Macky Sall, ils suscitent moins de rejet que lui. Effectivement, le président sortant reste celui qui suscite le plus de rejet (29 %) tandis que ses deux rivaux n'en suscitent que 6 %.

Les deux grandes vitrines du président, le TER et le Plan Sénégal émergent (PSE), font moins l'unanimité. Le train qui doit relier la capitale à l'aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) sur 55 kilomètres, prévu officiellement pour l'année 2019, n'est jugé opportun que par 55 % des enquêtés. Le PSE, quant à lui, fondement de la politique de Macky Sall, ne produirait les effets escomptés que pour tout juste la moitié de l'opinion.

SENEPLUS