Le président de l'Assemblée nationale et leader de Pastef, Ousmane Sonko, s'est exprimé ce matin sur RFI sur plusieurs sujets brûlants de l'actualité sénégalaise : violences lors des manifestations étudiantes, loi sur l'homosexualité et présidentielle de 2029.
Sur les violences contre les étudiants
Interpellé sur la mort d'un étudiant lors des récentes manifestations à l'UCAD, Ousmane Sonko a reconnu un usage disproportionné de la force tout en renvoyant aux conclusions de l'enquête en cours.
« Pour les images que j'ai vues, je considère qu'il y a eu un usage disproportionné quand on prend des jeunes désarmés au milieu de forces de l'ordre et qu'on les bastonne publiquement. C'est un usage disproportionné de la force », a-t-il déclaré, précisant toutefois que « l'instruction nous dira ce qui s'est passé réellement ». Il a salué la réactivité des autorités : « Pour la première fois, ces situations se posent et les autorités prennent immédiatement la responsabilité de diligenter une enquête qui est aujourd'hui sur la table du procureur. »
Sur la loi contre l'homosexualité
Face aux critiques internationales sur le durcissement des peines contre les relations homosexuelles, Ousmane Sonko a fermement défendu la souveraineté législative du Sénégal. « Il n'y a pas de chasse aux homosexuels. Il y a une loi sénégalaise qui date de plus de 30 ans », a-t-il affirmé, rappelant que la loi existait depuis l'ère Senghor.
Il a lié les récentes arrestations au phénomène de transmission volontaire du VIH, estimant que « la presse occidentale semble vouloir occulter ce deuxième aspect ». Sur un éventuel retrait de la loi, sa réponse a été catégorique : « Revenir sur cette loi pourquoi ? Parce que la France n'en veut pas ? On n'y reviendra absolument pas. »
Il a également renvoyé la France à ses propres législations critiquées par les Nations Unies, notamment sur le hijab : « Nous attendons la même courtoisie, le même respect de la France et de l'Occident. »
Sur la présidentielle de 2029
Interrogé sur une éventuelle candidature en 2029, Ousmane Sonko a botté en touche. « Il est très prématuré de parler de candidature. J'ai un parti politique qui investira le candidat qu'il souhaitera investir. Nous n'en sommes pas encore là », a-t-il déclaré, refusant également de commenter une probable candidature du président Bassirou Diomaye Faye. « Je ne m'occupe pas de la candidature du Président. Je pense qu'il a son chemin à faire, j'ai le mien à faire. »
MS/NI
Violences à l'UCAD, homosexualité, candidature 2029 : Sonko répond sans détour sur RFI
Lundi 15 Juin 2026
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