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L’Afrique, berceau des sciences, poubelle à ciel ouvert de vaccins

Dimanche 1 Août 2021

« La cigale, ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue… »


Pendant que, dans les autres continents du monde, les laboratoires grouillent, les recherches s’accentuent et s’intensifient, en Afrique, tranquillement, on attend, on tend la main, priant que les vaccins trouvés couvrent toute l’Humanité. Ainsi, à l’instar du talibé qui ne peut décider du plat qui va lui être servi, le Berceau des sciences, qui a sous-traité la prise en charge sanitaire de ses populations pour s’ériger en réceptacle de DONS, est devenu poubelle d’un monde tenu par le capitalisme.

 
Les efforts que le Gouvernement est en train de faire pour inciter les Sénégalais à se faire vacciner est sans commune mesure. En dehors du ministre « qui ne répond pas au coup de pied de l’âne », dont il faut reprocher la carence plutôt que la volonté de nuire, tous les membres du gouvernement, dans un élan désordonné, sensibilisent, chacun à sa façon. Allant plus loin, certains directeurs de sociétés nationales exigent de leurs employés la présentation de ce qui est appelé ailleurs « passe sanitaire ». Seulement, si les Sénégalais, qui sont loin d’être convaincus, s’étaient tous levés pour aller se faire vacciner, où est-ce que ceux qui les appellent à le faire trouveraient les doses ?

 
« Nous avons réceptionné cet après-midi (27 juillet 2021, Ndla) 332 118 doses de vaccin de Sinopharm et 136.800 doses de Johnson & Johnson. La stratégie de vaccination se poursuit afin de protéger au maximum la population. Stop COVID, ensemble nous vaincrons ». C’est le ministre Abdoulaye DIOUF SARR, dont on ne se demande plus ce qu’il fait encore à la tête du département de la Santé, qui donnait cette information sur son compte twitter. Avant lui, le 3 mars 2021, le président SALL annonçait : « J’ai réceptionné aujourd’hui le premier lot de 324.000 doses de vaccins anti-Covid au titre de l’initiative COVAX. Ce geste de solidarité va consolider la couverture de la population cible prioritaire pour atteindre un objectif de 20% de la population ».

La première constatation est le Sénégal a réceptionné au total 792 918 doses de vaccins qui sont loin de pouvoir couvrir le tiers des personnes ciblées. L’autre constat est que le Sénégal, comme toujours, est à la remorque et dépend essentiellement de ce qu’on lui donne. Ceux qui mettent en exergue la pauvreté pour justifier ce manque de vision et de volonté des gouvernants, oublient que Cuba, une île presque sans ressources moins grande et moins peuplée que le Sénégal, a son vaccin dénommé Abdala, le premier entièrement conçu et développé en Amérique latine. Ce, après avoir envoyé, au paroxysme de la crise sanitaire, des médecins en Italie notamment. Et, même si les pays africains, pris individuellement, ne sont pas en mesure de développer un vaccin, des Intuitions telles que l’Union Africaine (UA) ou encore la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) devraient pouvoir, à travers des cotisations des pays membres, mettre en place non pas un mais des instituts africains de recherches et structurer en même temps groupes pharmaceutiques. D’autant que l’Afrique est devenue la réserve des maladies aussi infectieuses que mystérieuses.

« La région de Diourbel fait partie des régions les plus touchées par le coronavirus et on a le moins de personnes vaccinées. J’ai renvoyé récemment 10.000 doses au ministère de la Santé pour qu’on redistribue ce quota au niveau des autres localités qui en avaient besoin. On ne va pas stocker ici des doses qui risquent de périmer parce que les gens ne se font pas vacciner », a déclaré, jeudi dernier, le gouverneur Gorgui MBAYE lors d’une rencontre du Comité Régional de Développement (CRD) sur le Magal de Touba. C’est, parce que les Africains savent que leurs Etats ont sous-traité leur prise en charge sanitaire, qu’ils se méfient des vaccins. En outre, le Sénégal, à l’instar de beaucoup d’autres pays qui se réfugient derrière la pauvreté, s’est abonné à COVAX qui vise à expédier 520 millions de doses en Afrique d’ici la fin 2021 avec « le concourt » des Bill Gates et autre mécènes mercenaires. Et jusque-là, il n’a reçu que des doses d’AstraZeneca un vaccin suspendu au Danemark, en Norvège, au Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Portugal. En France, la Haute autorité de santé (HAS) a « recommandé à ce stade de n’utiliser le vaccin AstraZeneca que pour les personnes âgées de 55 ans et plus ». Si ces pays semblent éloignés, en République démocratique du Congo (RDC), c’est le président Félix Tshisekedi qui a déclaré le vaccin AstraZeneca « pas si sûr ». L’autre vaccin (Johnson & Johnson), dont Abdoulaye DIOUF  SARR a annoncé la réception de 136.800 doses, est aussi suspendu dans beaucoup de pays dont celui qui l’a conçu. En effet, mardi 13 avril 2021, les autorités sanitaires américaines ont décidé de marquer « une pause » dans l’utilisation du vaccin Johnson & Johnson.

«Il est interdit d’importer des vaccins faits aux États-Unis ou au Royaume-Uni. On ne peut absolument pas leur faire confiance. Il n’est pas impossible qu’ils veuillent contaminer d’autres Nations», a indiqué Ali Khomeiny, le guide suprême iranien.  Quelques semaines après cette annonce, l’Iran annonçait la production d’un vaccin local, «COV-Iran Barekat» et le test d’un second vaccin, fabriqué en coopération avec Cuba.

L’Afrique qui ne peut produire et qui ne peut non plus dire non, est ainsi à la merci des groupes pharmaceutiques et des lobbies aux desseins obscurs.  Le dernier Rapport sur le paludisme dans le monde, publié en décembre 2020, estime à 409 000 le nombre de décès dus à la maladie en 2019. 94 % de ces cas de décès imputables au paludisme sont survenus en Afrique. Pourtant, jusque-là, il n’y a aucun vaccin contre une maladie que la science a totalement cernée.

Mame Birame WATHIE