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Olivier Rue, spécialiste des systèmes côtiers : « possible dispararition de Guet-Ndar avec le blocage du transit sédimentaire Mauritanie-Sénégal »

Samedi 20 Mai 2017

Olivier Rue est docteur en océanologie côtière ayant travaillé sur l’évolution des systèmes côtiers de l’Afrique de l’Ouest depuis 1984. Il a séjourné, pendant 7 ans, au Sénégal pour le compte du Groupe de recherche et de réalisation pour le développement rural (Grdr). Dans cet entretien, il revient sur le fonctionnement des systèmes côtiers, les défis que le Sénégal est appelé à relever et les menaces qui pèsent sur le littoral du pays.



Revenons-en aux urgences du Sénégal…

Le gouvernement mauritanien a lancé un projet de construction d’un port militaire et de pêche multifonction à N’diago, à 10 km de Saint-Louis, qui est complètement passé inaperçu. C’est une ancienne embouchure du fleuve Sénégal, mais assez au nord. Du point de vue sédimentaire, le sable qui arrive du même côté va s’accumuler au Nord de la digue. Conséquence : il y aura érosion au Sud. Tout le sable qui alimente la Langue de barbarie vient de la Mauritanie. Il y a le poisson, le pétrole et le sable comme ressources partagées par les deux pays dans cette partie.


Pour le fleuve, il y a eu l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs). Pourquoi, pour le sable, on ne ferait pas une organisation de protection ouest-africaine du système côtier ?


Le sable traverse les frontières sans donner de carte d’identité. On a un transit littoral très important du Nord vers le sud qui alimente déjà beaucoup moins les plages depuis la construction du port de Nouakchott. Ce qui cause des phénomènes d’érosion très importants, notamment sur la Langue de Barbarie. Et si jamais on bloquait le transit sédimentaire juste au niveau du bas delta, je pense très sincèrement que Guet-Ndar partira.

Et par conséquent, je ne donne pas à cette pauvre île de Saint-Louis 6 mois pour disparaître à son tour. Je ne suis pas en train de vous dire qu’il ne faut pas tenir en compte l’élévation du niveau de la mer et des autres agents dynamiques qui vulnérabilisent la côte, mais les hommes la vulnérabilisent encore plus.


Vous voulez-dire qu’il y aurait des conséquences beaucoup plus dramatiques que celles causées par l’ouverture de la brèche de Saint-Louis ?


Avec la brèche, tout le monde a crié, mais ce n’était pas si grave que cela. L’embouchure s’élargit parce que l’alimentation en sable est moins rapide que l’érosion de l’autre côté. Le bout de la Langue de Barbarie, là où il y a les hôtels (Ndr : Hydrobase), est en train de grossir parce que le sable de la Mauritanie arrive. Et de nouveau, l’énorme bulldozer avance et va repousser l’embouchure vers le sud. Cela continuera tout naturellement ainsi tant qu’on a les vents de Nord-Ouest ici pendant toute la saison sèche. Par contre, l’ancienne Langue de Barbarie où il y avait le parc des oiseaux du même nom va disparaître.

Toutefois, une nouvelle Langue de Barbarie est en train de se construire. Pour l’instant, la seule chose à faire, c’est de protéger la rive d’en face. L’ouverture de la brèche a même des effets positifs puisqu’elle a permis à la mangrove de se régénérer considérablement dans le bas delta du fleuve Sénégal.


Mais revenons-en au port militaire et de pêche que la Mauritanie est en train de construire. Pour moi, la solution n’est pas de dire qu’il ne faut pas l’ériger, mais plutôt de ne pas le faire avec des digues qui bloquent le transit sédimentaire. Dans ce cas, on protège la Langue de Barbarie, l’île de Saint-Louis et toute la côte sénégalaise. Il faut aider au maximum les systèmes côtiers à se protéger naturellement. Leur résilience dépend de la mobilité sédimentaire. Plus on laisse le sable se déplacer comme il veut, plus on protège les côtes.


Le Sénégal est devenu un pays pétrolier et gazier. L’exploitation de ces ressources peut-elle impacter le système côtier ?


Bien sûr que les forages pétroliers off-shore représentent un risque. Car, si on commence l’exploitation, on aura de gros bateaux qui viendront se positionner soit sur le site soit sur le terminal pétrolier le plus proche. Si par malheur, comme c’est déjà arrivé, il y a une panne de moteur d’un pétrolier plein au large, cela peut entraîner une catastrophe, s’il n’y a pas de remorqueur pour aller tirer le bateau. Je ne sais pas s’il y en a au Sénégal ou pas. Mais, le risque est encore beaucoup plus grand en Mauritanie. Car dans ce pays, si un pétrolier rentrait dans le banc d’Arguin, un remorqueur ne pourrait pas y entrer. Dans ce cas, le pétrole pourrait se déverser et les conséquences sur les ressources naturelles seront incommensurables.
 
Propos recueillis par Ndiol M. SECK
LE SOLEIL
 
 


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1.Posté par Tintin le 20/05/2017 11:44 | Alerter
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J'aime bien le catastrophisme de certaine personne pour se faire mousser !!....Oh la la la l' ile de St-Louis va disparaitre en 6 mois ......quand aux pétroliers et gaziers qui ont des tirants d'eau de 12 à 18 m ils seront échoués au large bien avant d'atteindre le banc d'arguin .....des miliers de bateaux transitent le long des cotes du Maroc , Mauritanie , Senegal combien d'échoués ?????

2.Posté par paracétamol le 21/05/2017 09:03 | Alerter
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vous avez peut-être raison tintin mais quel est votre formation, votre doctorat, votre expérience.
peut-on connaitre vos publications et vos recherches?
d'après ce que j'ai constaté et lu, je pense qu'il a raison sur le langue de barbarie........ pour le reste je ne sais pas.

3.Posté par paracétamol le 21/05/2017 09:10 | Alerter
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il faut bien lire :
«...Et si jamais on bloquait le transit sédimentaire juste au niveau du bas delta, je pense très sincèrement que Guet-Ndar partira.
Et par conséquent, je ne donne pas à cette pauvre île de Saint-Louis 6 mois pour disparaître à son tour. Je ne suis pas en train de vous dire qu’il ne faut pas tenir en compte l’élévation du niveau de la mer et des autres agents dynamiques qui vulnérabilisent la côte, mais les hommes la vulnérabilisent encore plus....»!

4.Posté par Tintin le 21/05/2017 14:36 | Alerter
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Il y a plus de 20 ans les pirogues etaient coté mer car la plage de GuetNdar etait tres large ......pourquoi le sable a disparu ?
Ce Monsieur a t-il fait des études avec modélisation mathematiques sur la cote de St-Louis , les courants , les dépots de sable ?
Je dis simplement qu'écrire que l'Ile de St-Louis va disparaitre en 6 mois est une idiotie .....et quand on regarde la hauteur d'eau du banc d'Arguin sur une carte marine faudrait m'expliquer comment un petrolier de 12 ou 15m de tirant d'eau dont les routes sont bien au large pourrait s'échouer sur ce banc.......je ne connais d'ailleurs aucun navire ou bateau de pêche qui s'est échoué sur le banc d'Arguin ...

5.Posté par Jfall le 21/05/2017 23:16 | Alerter
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Tintin, il faut savoir lire. Tout est au conditionnel. SI le sable n'arrive plus à cause de la construction de ce port, le cordon de sable sera fragilisé et disparaitra à long terme. Et SI cela arrive, l'ile de Ndar sera directement exposée à la mer et disparaitra à son tour. Logique.

6.Posté par paracétamol le 22/05/2017 09:00 | Alerter
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je ne sais pas si Guet-Ndar va disparaître mais si Guet-Ndar disparait, l'île disparait.

7.Posté par paracétamol le 22/05/2017 09:04 | Alerter
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détail : il n'y a pas "plus de 20 ans" que les pirogues étaient côté mer mais 14 ans.
quand on se la joue scientifique, on est précis.

8.Posté par Tintin le 22/05/2017 13:04 | Alerter
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Je ne me la joue pas scientifique ! bref depuis "14 ans" pour faire plaisir à Paracétamol le sable a pratiquement disparu des plages de GuetNdar alors qu'il n'y a eu aucune infrastructures construites en Mauritanie (Port , jetées ....) avant de dire que la construction du nouveau port à Ndiago va apporter telles ou telles conséquences pour St-Louis , il faudrait peut etre faire des études au préalable .....simple bon sens !

9.Posté par paracétamol le 22/05/2017 14:39 | Alerter
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les pêcheurs ont commencé à mettre les pirogues dans le Fleuve grâce à la brèche car plus pratique.

10.Posté par paracétamol le 22/05/2017 15:12 | Alerter
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les pêcheurs ont commencé à mettre les pirogues dans le Fleuve grâce à la brèche car plus pratique.
et :
«...port militaire et de pêche que la Mauritanie est en train de construire. Pour moi, la solution n’est pas de dire qu’il ne faut pas l’ériger, mais plutôt de ne pas le faire avec des digues qui bloquent le transit sédimentaire....»
Savez-vous qu'un chalutier s'était échoué sur la plage de l' hydrobase il y a quelques années?

11.Posté par Tintin le 22/05/2017 16:50 | Alerter
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Je n'ai jamais vu encore un port construit sans digues de protection ! de toute façon avant de donner un avis péremptoire il faudrait voir l'implantation du port sur une carte....... il vaut mieux un chalutier échoué sur la plage plutot qu'un pétrolier de 120 ou 150 OOOT !!!!!

12.Posté par jean-marie dupart le 23/05/2017 00:09 | Alerter
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Bonjour,
l'analyse est pour partie juste , mais le port mauritanien est encore loin d'exister d'ailleurs aux dernières nouvelles les travaux dans le Diawling ont déjà cessé . Par contre les problèmes sont bien pour l'instant liés à la brèche et au problème de transit créé par le barrage de Diama .
Une question se pose , ce monsieur n'aurait -il pas fait partie des concepteurs dans son travail de l'aménagement de la vallée pour l'agriculture avec le GRDR ? Et son propos en mettant le doute sur les Mauritaniens , ne servirait-il pas à se dédouaner ?
Dans un livre écrit en 1980 soit 6 ans avant la réalisation du barrage de Diama , René Dumont expliquait que construire ce barrage était une aberration , que sa construction amènerai des pertes importantes de poissons et de crevettes habitués à vivre en eau semi douce , enfin que le blocage du cours du fleuve amènerait un problème à l'embouchure avec en plus des risques de crues à cause de diguages . Il n'a pas été écouté et les problèmes actuels ne sont surement pas liés aux Mauritaniens .
Comme il l'explique aujourd"hui la brèche dérive vers le Sud et à chaque fois qu'elle s'ouvre dans la partie Sud sous les coups de forte houle , elle se reconstitue au Nord justement parce que le barrage fait qu'il n'y a plus de flux dans le fleuve. L'érosion marine qui a fait descendre le sable depuis deux ans de trois mètres au niveau de Get n'dar et met indirectement en danger l'île de Saint Louis est bien due à cette migration de la brèche , et les millions de tonnes de sables qui sont revenus viennent bien du Nord et notamment de Get n'dar .
Enfin quand il dit que l'ouverture de la brèche n'est pas si grave que cela , je lui déconseille d'aller le dire du côté de Gandiol Dounbabadieye ou Keur Bernard ... Et je ne parle pas de Get n'dar .

13.Posté par Jfall le 23/05/2017 08:12 | Alerter
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Les Hollandais sont des experts en la matière, c'est connu. Mais il faut des sous, et il est malheureusement peu probable que le gouvernement soit disposé à délier les cordons de la bourse. Les Saint-Louisiens doivent donner l'exemple, se mobiliser davantage, intensifier le travail de sensibilisation et essayer de collecter des fonds par souscription populaire. Il faut commencer par quelque chose, même si c'est petit au début. Si les Saint-Louisiens ne se mobilisent pas, personne ne le fera à leur place !

14.Posté par paracétamol le 23/05/2017 08:27 | Alerter
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ressasser le passé ne me semble pas constructif sauf en préambule d'une étude très sérieuse, internationale et de haut niveau. Oui encore une étude!
il faut peut-être aussi accepter de condamner certains sites pour sauver l'essentiel et malheureusement se rendre à l'évidence : partout au monde des lieux sont condamnés définitivement par la nature, l' Homme ne faisant qu' accélérer les choses.

15.Posté par Tintin le 23/05/2017 16:16 | Alerter
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En plus du courant descendant de Mauritanie il y a le courant de fond d'upewwelling qui est en sens contraire , donc avec l'ouverture de la brêche qui a modifié les courants il faut une étude tres poussée en bassin des carènes pour avoir une situation juste .....les Hollandais l'ont-il fait ?
A mon avis on techniquement il est quand meme plus facile de protéger St-Louis que les Maldives - un mur solide de protection de GuetNdar , Goxombacc...est facile à réaliser ...une fois de plus le nerf de la guerre contre l'océan est l'argent
mais l'exemple de la Hollande qui vit avec une partie de son territoire sous le niveau de la mer montre que l'on peut sauver encore beaucoup de territoire !....

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