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Ambition d’autosuffisance en riz ratée pour le Sénégal : M Baldé, le ministre accuse les experts

Vendredi 11 Décembre 2020

Le gouvernement avait pour ambition de faire atteindre le Sénégal l’autosuffisance en riz en 2017. Mais l’échec a été manifeste ! Dans une posture de mea culpa flagrant, le ministre de l’Agriculture, Moussa Baldé s’est lancé hier dans un long argumentaire pour justifier une telle situation qui lui a été rappelée par les journalistes au cours de son face à face avec la presse.



« Comment avions nous décidé qu’il nous fallait 600.000 tonnes ? Les experts, en particulier la FAO, considèrent qu’en moyenne le sénégalais consomme 90 kilogrammes de riz blanc par mois. Et si on prend la population sénégalaise en 2017 par rapport à ce taux, on devrait produire 1 million de tonnes de riz blanc. Donc environ 1600.000 tonnes de riz en 2017 » a t- il allégué en sourcillant, nous rapporte « Le Témoin ».

Et évidemment, a reconnu le ministre, « ce chiffre a évolué puisque la population a elle aussi évolué ». Comme qui dirait que ces experts n’ont pas eu l’idée de prendre en considération cette évolution démographique dans leurs projections !

Le ministre de l’Agriculture d’enchainer : « Ce programme voudrait qu’on produise environs 1 à 2 millions de tonnes de riz dans la vallée du fleuve Sénégal, et 600.000 tonnes de riz pluvial ».

Selon toujours le journal, autres justificatifs de l’échec de cette politique agricole annoncé en fanfare au lendemain de l’arrivée du président Macky Sall au pouvoir en 2012, le ministre de l’Agriculture d’expliquer que la SAED (Société d’aménagement et d’exploitation des terres du Delta et de la vallée du fleuve Sénégal) n’a pas vocation à produire du riz. Son département ministériel aussi ajoute-t-il n’a pas vocation à produire du riz. La production, selon lui, c’est la vocation des producteurs.

« Nous, notre rôle est d’encadrer et d’organiser l’espace rural pour que toutes les conditions d’équipement soient réunies pour une production optimale. Or le premier facteur est le fait qu’on a du mal à faire une double culture intégrale. Celle-ci voudrait que si on produit par exemple pour cette année 50.000 hectares ; en contre saison qu’on puisse aussi arriver à atteindre cette quantité », a avoué M baldé d’après qui, l’autre difficulté réside notamment sur l’après contre saison à savoir le temps pour le producteur de vendre son riz, de payer ses dettes et le temps pour lui de se tourner vers la saison pluviale.