Connectez-vous S'inscrire
NDARINFO
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte

Le rappeur Saint-Louisien revient avec un single : "Make it real», c’est bien réel"

Samedi 13 Janvier 2018

Des jeunes prometteurs qui n’ont pas confirmé dans le hip-hop, c’est devenu une banalité. On en connaîtra toujours. Mais quand on s’appelle Make It Real et qu’on a un passé aussi lourd, le retour est guetté comme du lait sur le feu. Sa personnalité a-t-elle changé ? Est-il toujours aussi engagé ? Voilà autant de questions auxquelles le single du même nom vient répondre. «Make it real» est sorti ce mardi et doit permettre à l’artiste de se «faire une place» dans le hip-hop. Cette fois, c’est bien réel.


Sulfureux, à la limite agaçant dans le texte, le bouillant Make It Real n’a pas perdu de son franc-parler. 5 ans après avoir disparu du paysage médiatique, le rappeur revient au-devant de la scène avec son single Make it real, annonçant son album pour 2018. Toujours dans la même veine que ses précédentes productions, l’engagement est au rendez-vous. Un chouya provocateur cette fois-ci, ce morceau est un procès contre la société sénégalaise à la lumière de son parcours. La vidéo est attendue prochainement.


Sur le plan purement musical, le rappeur de Saint-Louis a opté pour un beat simple et dépouillé, loin de la tendance actuelle. Il va s’en suivre une tournée nationale pour «officialiser mon retour parce que je suis resté 5 ans sans sortir dans les médias, mais je travaillais sur un projet».

En effet, en 2014, le promoteur du Festival Blues’up, qui se voulait un pont entre le monde professionnel et celui des amateurs, disparaît contre toute attente. Le manque de moyens dont souffre pratiquement tout entrepreneur culturel dans ce pays l’a conduit à revoir son orientation professionnelle. «Il était dur d’organiser des festivals avec les moyens dont on disposait. On nous promettait monts et merveilles avant le festival, mais on se faisait snober chaque instant. J’avais des problèmes pour loger nos festivaliers, des problèmes de sono, etc. C’est en ce moment que j’ai dégagé mes responsabilités. Depuis, j’ai pris la décision de me concentrer sur ma carrière solo», a-t-il expliqué.


Avec la virulence de ses textes, se faire des amis n’est pas chose aisée. Sa seule mixtape en dit long sur sa langue bien pendue. En 2009, alors que l’industrie du disque opère un changement en profondeur avec l’avènement du streaming, le Sénégal qui ne s’y était pas préparé accuse le coup. L’audience impose aux artistes une nouvelle voie. Pour exister, il faut se positionner dans l’«entertainment». Un diktat que Make it real ne compte pas subir. Dessouniou guinaw est une réponse à tous ceux qui «foncent tête baissée sur la tendance et qui croient que c’est la solution». Dans cette mixtape essentiellement ego trip, le rappeur de Saint-Louis tente de conscientiser sur les grands thèmes de société avec une technicité rarement vue au Sénégal.


La musicalité, conjuguée à la virulence de ses textes, lui confère un statut de «jeune prometteur». Un statut qu’il aura du mal à confirmer par la suite. La promotion de cet opus laisse à désirer. Et naturellement, le grand public n’est pas emballé. Un péché de débutant que reconnaît Make It Real et qu’il semble être dans les dispositions de rectifier. «Main­tenant, on ne peut pas exporter sa musique si on n’a pas de bons links. C’est ce qui explique en partie mon voyage. Dans ce single, je résume mon parcours. J’ai voyagé un peu partout et je veux restituer mon expérience», promet-il dans son nouvel album.


Qui, explique-t-il, aura une âme hip-hop et sera très coloré. En attendant sa sortie très attendue, les amateurs de «real hip-hop» vont avoir la chance de le tester avec le single Make it real. Qui est officiellement sorti mardi dernier.


mgaye@lequotidien.sn