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Menace de pénurie de riz sur le marché sénégalais : quelle lecture ? Par Samba KANTE, DG de la SAED

Jeudi 9 Février 2017

Suite aux rumeurs faisant état de tension sur certaines denrées, Monsieur le Ministre du Commerce a fait une sortie pour apporter les précisions nécessaires. Concernant le riz, il est dit qu’il n’y a pas encore de pénurie, mais que la menace était là.

En effet, l’Inde qui est le principal pays qui approvisionne le marché sénégalais avec du riz brisé homologué, est en pleine période de récolte, ce qui explique la rareté de son riz sur notre marché. Le riz importé disponible qui vient du Brésil ou de la Thaïlande n’est pas homologué et coûte plus cher.

D’après le ministre du commerce, la situation devrait se normaliser sous peu. Ces précisions peuvent pousser à n’importe quel sénégalais à se poser cette question toute simple : qu’adviendrait-il si l’Inde, pour une raison ou une autre, arrêtait ses exportations de riz vers le Sénégal ?

 
  • Objectivement la réponse à cette question ne peut se faire qu’en reconnaissant la pertinence de la vision de Monsieur le Président de la République Macky SALL qui a inscrit la réalisation de l’autosuffisance en riz parmi les objectifs prioritaires du Plan Sénégal Emergent. Au-delà de l’objectif purement économique et social, il s’agit d’abord d’une question de souveraineté tout court et de sécurité nationale. En effet, – et cela, le Ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Dr Papa Abdoulaye Seck l’a rappelé à maintes occasions – il est presque « dangereux » pour un pays de dépendre de l’extérieur, pour un produit de base aussi important qu’est le riz dans les habitudes et choix de consommation des sénégalais. Aujourd’hui donc, le combat pour l’autosuffisance en riz est un combat citoyen qui interpelle chaque sénégalaise et chaque sénégalais, en lui fixant comme devoir de le soutenir, quelles que puissent être ses sensibilités ou convictions et quelle que soit sa position économique ou sociale.
 
  • Les énormes efforts faits ces trois dernières années envers les zones rizicoles en général et la Vallée du Fleuve Sénégal en particulier par l’Etat du Sénégal sont à saluer mais il est absolument nécessaire de les maintenir, voire les intensifier. Les actions à travers la SAED et les producteurs de la Vallée ont conduit à des pas de géants  dans la production de riz dans la Vallée. Eu égard à la place centrale de cette zone dans la mise en œuvre du PNAR, la SAED est l’un des acteurs les plus au cœur du dispositif, le champion par excellence dans ce combat stratégique et de haute portée citoyenne. Elle doit donc être confortée et renforcée dans ses attributions et ses moyens d’actions à la hauteur des objectifs qui lui sont fixés pour l’accompagnement des acteurs des différents maillons de la chaine de valeurs. Cela revient au renforcement des moyens du Ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural à la hauteur des ambitions du Chef de l’Etat.
 
  • Les producteurs de la Vallée sont à féliciter et à encourager pour les pas significatifs réalisés dans la marche vers l’autosuffisance en riz. Mais ils sont également interpelés pour redoubler d’efforts à la hauteur des investissements consentis par Son Excellence le Président Macky Sall. Certes, ils ont joué un grand rôle dans l’atteinte des importants résultats du PNAR, entre 2014 et 2016. Mais ils doivent, plus que jamais, se mettre dans une optique de combat pour la sécurité alimentaire et donner vie et réalité au slogan « le Sénégal nourrit le Sénégal» pour les deux campagnes qui restent par rapport à l’échéance de 2017. Les institutions de financement en général et la CNCAS en particulier ont également joué un rôle déterminant pour les résultats obtenus et doivent continuer à jouer une part prépondérante dans l’accompagnement de ces vaillants producteurs.
 
  • Enfin, cette situation de tension offre une opportunité pour écouler très vite les stocks de riz blanc encore disponibles auprès des riziers de la VFS. En effet, depuis deux ans le suivi hebdomadaire fait par la SAED montre qu’il y a à chaque temps T un stock tournant entre 4000 et 5000 tonnes de riz blanc (4165 T le 6 février 2017 et 4650 T le 24 janvier 2016) dans les magasins des riziers malgré les ventes continues et entre 20 000 et 40 000 tonnes de paddy qui attendent à être décortiquées (17 000 T le 6 février 2017 et 22 300 T le 24 janvier 2017, 29 000 T le 5 décembre 2016). Cela permettra à ces unités de transformer le stock de riz paddy qui dépasse 17 000 tonnes à la date du 7 février 2017, et de l’écouler, pour permettre ainsi aux producteurs d’engager la saison sèche chaude en cours, en toute quiétude.
Le patriotisme de tous les acteurs de la chaine de valeurs riz en général et des importateurs et distributeurs en particulier est interpelé.
 
Samba KANTE
DG SAED

 


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