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Selon le directeur de l'ISRA de Saint-Louis : Toutes les conditions réunies pour la relance de la culture du blé au Sénégal.

Samedi 5 Janvier 2013

Plusieurs variétés de blé peuvent être cultivées au Sénégal, selon le directeur régional de l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) de Saint-Louis. L'Isra a entrepris, ces dernières années, des travaux sur le blé par la réactualisation des connaissances.


Selon le directeur de l'ISRA de Saint-Louis : Toutes les conditions réunies pour la relance de la culture du blé au Sénégal.
Toutes les conditions sont réunies pour relancer la culture du blé au Sénégal, a déclaré le directeur régional de l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) de Saint-Louis, docteur Abdoulaye Fall. Les terres sont disponibles, il y a de l'eau et un climat favorable au développement de cette culture, a ajouté Dr Fall. Des études menées dans les années 1970 et 1980 ont montré les possibilités de mener la culture du blé dans notre pays, notamment dans la vallée du fleuve Sénégal.
Paradoxalement, ces résultats n’ont pas connu une bonne vulgarisation. L'Isra a entrepris, ces dernières années, des travaux sur le blé par la réactualisation des connaissances sur la culture et en introduisant de nouvelles variétés et pratiques culturales. Il s’y ajoute que l'Etat a manifesté sa volonté d'appuyer le programme sur le blé par le biais de la coopération scientifique et technique. Les résultats préliminaires obtenus montrent qu'il est nécessaire de se mobiliser autour de la production du blé. L'Isra de Saint-Louis avait déjà travaillé sur les variétés marocaines (10 variétés dont huit tendres et deux dures). A l'issue de ces tests, quatre variétés ont été retenues en 2009-2010 et proposées au programme de l'Etat. En 2011, les chercheurs de l'Isra ont travaillé sur des variétés issues de la coopération scientifique et technique entre l'Egypte et le Sénégal. Dans ce cadre, 18 variétés d'origine égyptienne, dont 12 tendres et six variétés de blé dur, ont été évaluées dans le delta et la moyenne vallée du fleuve Sénégal (station expérimentale de l'Isra à Fanaye et dans les parcelles de Serigne Moustapha Bassirou Mbacké, à Ndiol).

Des rendements de trois tonnes à l’hectare
Pour ce qui est des performances des variétés égyptiennes, Dr Fall a précisé que cinq variétés de blé tendre (en vert) et une de blé dur (jaune) ont dépassé des rendements de trois tonnes à l'hectare, malgré la date tardive du semis intervenu le 17 janvier 2012. La plupart des variétés, a-t-il ajouté, ont pu boucler leur cycle au bout de 85 jours environ sauf deux qui ont accusé un retard d'une semaine. Ces variétés font plus de 130 jours de cycle en Egypte. L'étude des composantes de rendement renseigne déjà sur un potentiel pouvant atteindre 10 tonnes à l'hectare. Ces composantes montrent que le maintien d'une densité de population assurant plus de 400 épis par mètre carré constitue un facteur déterminant pour l'atteinte de rendement élevé, à côté des facteurs climatiques tels que la température. L'optimisation avec les essais en cours (mode et densité de semis, fertilisation, désherbage, irrigation) et à venir (mécanisation et post-récolte), permettra, selon le Dr Abdoulaye Fall, d'avoir des rendements stables et de gagner encore des points sur le potentiel de rendement. Ces niveaux de rendement et les prix du marché pourraient, à son avis, permettre aux producteurs de s'en sortir avec une marge assez confortable. Mais, en attendant que les producteurs atteignent le niveau de technicité requis pour arriver à de bons rendements, il est nécessaire d'appuyer la culture par un soutien à sa vulgarisation et son extension comme culture émergente.

Une opportunité pour réduire la facture des importations de céréales
Parlant des justificatifs et de l'intérêt de la culture du blé dans notre pays, le directeur régional de l'Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) de Saint-Louis, Dr Abdoulaye Fall, a souligné la nécessité de diversifier les cultures et les systèmes irrigués (types de sol et période de culture), d'œuvrer pour la sécurité alimentaire et la réduction de la dépendance aux importations (la facture alimentaire du blé est la deuxième après le riz et devant le lait). Les importations de blé ont atteint 45 milliards de Fcfa en 2007 pour un volume de 300.000 tonnes, alors qu'elles ne représentaient que cinq milliards dans les années 80 pour un volume de 100.000 tonnes, a révélé Dr Fall. En 2004, la facture de l'importation du riz s’élevait à 117 milliards de Fcfa pour des quantités évaluées à 747.752 tonnes.

L'Etat a, pour cette raison, mis en place un important programme d'autosuffisance en riz à l'horizon 2015. La hausse vertigineuse récente des prix des céréales au niveau mondial risque, à en croire le Dr Fall, d'aggraver l'insécurité alimentaire et creuser encore plus que par le passé, notre balance commerciale. Ainsi, le prix de la tonne de blé à Dakar est passé récemment de 124.000 à 193.000 Fcfa.

Pour le Dr Abdoulaye Fall, la culture du blé trouve son importance par son utilisation pour la consommation humaine (pain et biscuiterie), l'alimentation animale et les usages industriels (amidonnerie). Le blé tendre ou froment est destiné à la fabrication du pain, en raison de sa composition en gluten supérieure aux autres céréales. Le blé dur sert à la fabrication des semoules (pour couscous et pâtes alimentaires).



Mbagnick Kharachi DIAGNE
Le Soleil


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