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Sénégal : Salif Sadio, l’un des chefs du MFDC, dénonce des négociations de paix qui « piétinent » en Casamance

Lundi 29 Avril 2019

Les négociations de paix "piétinent" entre l'État sénégalais et la rébellion indépendantiste de Casamance, a déploré samedi l'un de ses principaux chefs, Salif Sadio, dans une déclaration recueillie par l'AFP.


Salif Sadio, l’un des chefs du MFDC, a accepté de négocier avec le gouvernement sous l’égide de Sant’Egidio (ici en janvier 2018). © ALLEN YERO EMBALO/AFP
Salif Sadio, l’un des chefs du MFDC, a accepté de négocier avec le gouvernement sous l’égide de Sant’Egidio (ici en janvier 2018). © ALLEN YERO EMBALO/AFP
« Les négociations piétinent. L’État du Sénégal ne montre aucune volonté de respecter ses engagements », a déploré M. Sadio, qui vit dans la clandestinité et s’est exprimé, en français et en mandingue, depuis un village proche de la frontière gambienne.

Salif Sadio est l’un des chefs du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), qui mène depuis 1982 une rébellion indépendantiste en Casamance, région du sud du Sénégal, isolée de la partie nord du pays par la Gambie.

La dernière rencontre en date remonte à 2017, sans que soient abordés les problèmes de fonds, a expliqué Aliou Sagna, un lieutenant de Salif Sadio, évoquant la possibilité de reprendre la lutte armée. « Si les choses continuent comme elles sont, nous seront obligés de prendre les armes pour les faire avancer », car « la population de Casamance souffre énormément, a affirmé Aliou Sagna.

Pour Ousmane Diédhiou, un autre lieutenant de Salif Sadio, « les négociations avancent à pas lents certes, mais elles avancent à pas sûrs vers l’indépendance de la Casamance ».

Le conflit casamançais connaît depuis plusieurs années une accalmie, alors que les tractations de paix se sont multipliées depuis l’arrivée au pouvoir du président Macky Sall en 2012.

  Des négociations ont repris en octobre 2017 à Rome sous l’égide de la communauté catholique de Sant’Egidio, médiatrice dans ce conflit.
La Casamance avait toutefois connu un regain de violence début 2018, à la suite du massacre de 14 hommes partis chercher du bois dans une forêt.
En 35 ans, le conflit a fait des milliers de victimes civiles et militaires, ravagé l’économie de cette région agricole et touristique, et poussé de nombreux habitants à fuir.

JEUNE AFRIQUE
 


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