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Budget 2026 : Cheikh Diba justifie la prudence de l’État face à une dette record de 132 % du PIB

Samedi 16 Mai 2026 - 06:29

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a dressé un bilan sans concession de l’exécution budgétaire du premier trimestre 2026 lors de son audition devant l’Assemblée nationale ce vendredi. Le grand argentier de l’État a admis un faible niveau d’exécution de certains programmes, une situation qu'il présente comme une mesure de prudence stratégique.


Face à l’instabilité du Moyen-Orient et à l’explosion des cours mondiaux des hydrocarbures, le gouvernement a délibérément freiné certaines dépenses pour éviter un dérapage financier irréversible. Le cadrage initial, basé sur un baril de pétrole à 64,4 dollars, est aujourd'hui caduc puisque les cours flirtent avec les 105 dollars, obligeant l'État à se constituer un « matelas budgétaire » pour absorber ce choc énergétique.

 

Au-delà de la conjoncture internationale, Cheikh Diba a abordé le dossier brûlant de la dette publique. Le ministre a confirmé que le taux d’endettement du Sénégal a atteint le niveau historique et alarmant de 132 % du Produit Intérieur Brut (PIB). Cette situation résulterait de ce que les autorités actuelles qualifient de « plus grand cas de dissimulation de dette » impliquant le Fonds monétaire international (FMI). Selon le ministre, des engagements financiers massifs contractés entre 2019 et 2024 par l'ancien régime n'auraient jamais été rendus publics, une accusation fermement niée par l'ex-président Macky Sall.

 

Malgré cette crise de transparence héritée du passé, le ministre s'est voulu rassurant quant aux relations avec les bailleurs de fonds. Les négociations avec le FMI se dérouleraient « très bien », portées par une volonté de vérité des comptes publics.


Le président Bassirou Diomaye Faye a d'ailleurs profité du sommet franco-africain à Nairobi pour échanger directement avec les dirigeants de l'institution financière. En attendant un nouveau cadrage budgétaire, l'État assure que les dépenses incompressibles et obligatoires sont exécutées correctement, garantissant ainsi la continuité du service public malgré une marge de manœuvre extrêmement réduite.
 

MS/NDARINFO
 



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