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Il a dit “non” au racisme: l’engagement sans faille de Demba Ba, héros de la soirée

Mercredi 9 Décembre 2020

 "Si on se lève, les gens se lèveront avec nous": figure centrale des incidents du Parc des Princes mardi, Demba Ba n'en était pas à son premier engagement, comme quand il affichait son soutien aux Ouïghours dans un entretien à la BBC l'été dernier.
 

L'attaquant international sénégalais de 35 ans est apparu comme un des personnages principaux de cet épisode devenu symbole, quand il a engagé ses équipiers de Basaksehir à quitter la pelouse, bientôt imités par les Parisiens, pour protester contre des propos du quatrième arbitre, qui a utilisé le terme "negru" ("noir" en roumain) pour désigner l'entraîneur assistant du club turc, le Camerounais Pierre Achille Webo.

Son interpellation de l'arbitre délégué, diffusée en direct, a marqué: "Vous ne dites jamais “ce Blanc’, vous dites ‘celui-là’, alors quand vous parlez d'un homme noir, pourquoi dites-vous ‘ce Noir’?". Avant de s'adresser à l'arbitre principal: "Vous êtes un raciste!"

S'il est apparu en pleine lumière, son combat contre le racisme est ancien. Dès l'été 2018, alors qu'il jouait pour le Shanghai Shenhua, l'attaquant avait publiquement accusé un adversaire chinois de racisme, avant de retwitter messages de soutien et de lutte contre la xénophobie.

De Glucksmann à Erdogan


Plus récemment, fin novembre, le natif de Sèvres, à l'ouest de Paris, avait réagi au tabassage d'un producteur noir par des policiers à Paris, dont trois ont été mis en examen pour des violences volontaires de nature raciste. "Pour quelqu'un qui vit la situation du pays de l'extérieur, je ne vois aucune issue à ces problèmes. Désolé de mon pessimisme... Malgré tout, il faut continuer à se battre pour faire changer les choses", a-t-il tweeté, dans la continuité de son appui au mouvement Black Lives Matter.

Ces derniers mois, il a aussi affiché son soutien à la minorité ouïghoure de Chine ou aux Rohingyas de Birmanie, autre ethnie de confession musulmane en butte aux persécutions. En France, il a apporté son appui à Barakacity ou encore au Comité contre l'islamophobie (CCIF), accusées par les autorités françaises de propager des idées prônant l'islam radical, et dissoutes après l'assassinat du professeur Samuel Paty.

Sur son compte, il peut retwitter Raphaël Glücksmann quand l'eurodéputé de gauche soutient les Ouïghours, comme le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan qui salue le titre de champion de Turquie de Basaksehir.
‘Nous avons un pouvoir’

Pour faire avancer les causes qui lui importent, Ba mise sur le soutien de ses pairs, souvent peu enclins à s'engager. "Je sais qu'il y a des footballeurs qui veulent se battre pour la justice, qu'ils soient musulmans, bouddhistes, chrétiens, quelles que soient leurs croyances", confiait-il à la BBC. "En tant que sportifs, nous avons un pouvoir que nous ne connaissons pas. Si on se rassemble et qu'on parle, les choses changent."

Des propos prémonitoires. Le PSG, dont Ba est un fervent supporter, occupe une place particulière dans sa carrière, commencée à Rouen en 2005. En 2014, du temps où le Sénégalais jouait à Chelsea, c'est lui qui avait inscrit contre Paris le deuxième but londonien en quarts de finale de la C1, synonyme de qualification pour les Blues. La même année, les inconditionnels de Chelsea se rappellent de son but contre Liverpool, après une glissade de Steven Gerrard, qui avait contribué à priver les Reds d'un titre attendu depuis 1990.

Ba conserve un souvenir moins tendre d'Arsenal, autre club phare de Premier League. Les Gunners "ont parlé de Black Lives Matter mais quand il s'est agi de la vie des Ouïghours, Arsenal n'a pas voulu en parler, à cause de la pression et des conséquences économiques", a-t-il déclaré à la BBC. "Les clubs mettent beaucoup de pression sur les joueurs pour éviter qu'ils prennent position, mais comment s'en empêcher quand on voit l'injustice de ses propres yeux?”