"Il ne s'agit pas d'une restitution d'objets, mais de la présentation d'une circulation de biens culturels conservés durant plus d'un siècle et demi en France", a expliqué Emmanuelle Cadet, présidente de l'association Alter Natives qui porte le projet. Selon elle, ces artefacts constituent "un véritable butin de guerre".
La bataille de Samba Sadio, survenue le 11 février 1875, opposait les troupes de Lat Dior, Damel du Cayor, alliées à l'armée française, aux forces du chef religieux tijane Amadou Cheikhou Ba. Les objets ont été rapportés par Émile Faidherbe, neveu du général Louis Faidherbe, qui a participé à cette bataille et en a fait don au musée de Dunkerque.
La collection comprend une selle, un sac à balles, un marteau, ainsi que deux pièces jugées particulièrement significatives : une aliwa (tablette coranique en bois) et un manuscrit talismanique. Ces huit objets ont été exposés d'abord au musée régional de Thiès d'octobre à décembre 2025.
Le professeur Abdoul Sow, directeur du CRDS, a souligné la portée symbolique de l'événement. "Il est important d'abriter une exposition portant sur des objets pris dans un contexte colonial. Le rôle d'un musée est d'exposer, mais aussi d'éveiller les consciences", a-t-il déclaré.
L'exposition, qui se poursuit jusqu'au 27 mars au CRDS, a été conçue par des jeunes commissaires sénégalais et français qui ont enquêté ensemble sur le contexte historique. Une journée d'étude est prévue le 24 mars pour discuter de ces questions patrimoniales.
Sarah Camara, directrice déléguée de l'Institut français de Saint-Louis, a estimé que cette exposition participe à la construction de "nouveaux récits" entre le Sénégal et la France. L'adjointe au maire de Saint-Louis, Aïda Mbaye Dieng, a qualifié Samba Sadio de "figure emblématique".
Les représentants de la commune de Coki et de la famille d'Amadou Cheikhou Ba ont plaidé pour la restitution de ces objets au Sénégal.
MS/NDARINFO



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