Devant les députés réunis en séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale ce vendredi 22 mai 2026, le Premier ministre Ousmane Sonko a adopté un ton particulièrement ferme pour défendre l’application de la nouvelle législation sur l’homosexualité. Le chef du gouvernement a martelé que le texte sera exécuté sans aucune concession à travers le pays. « La loi, par essence, est impersonnelle. Une fois qu’elle est votée, elle sera appliquée de manière impartiale, dans toute sa rigueur », a déclaré le chef du Gouvernement devant la représentation nationale, coupant court à toute velléité d'allègement des procédures judiciaires.
Un avertissement direct aux « gros poissons » et le refus catégorique de tout moratoire
Dans une intervention offensive, le Premier ministre a dénoncé « l'hypocrisie » de certains acteurs politiques qui, selon lui, avaient refusé de soutenir le texte par le passé avant de réclamer aujourd’hui son application immédiate. « Malheureusement, ceux qui pendant des années ont refusé d’en parler, puis ont refusé de la voter sous notre magistère, sont ceux qui en parlent le plus aujourd’hui », a-t-il lancé. Le leader de PASTEF a insisté sur le fait que l’appareil judiciaire ne fera aucune distinction de rang ou de statut social entre les citoyens : « Ministre, président, ami ou autre… tout le monde est concerné », a-t-il martelé, assurant que plusieurs chefs religieux l’ont contacté pour saluer cette posture.
S'adressant directement aux dignitaires et aux personnes d'influence, le Premier ministre a prévenu qu'aucun privilège ne sera toléré. « Les gros poissons ne seront pas protégés. Ils sont les principaux fautifs dans cette affaire », a-t-il averti. Abordant le volet sanitaire lié au VIH, il a affirmé que l’objectif de l'Exécutif n’est pas seulement de « casser la chaîne de transmission », mais bien « d’éradiquer le phénomène ». Enfin, il a fermement rejeté la posture de certains universitaires ayant plaidé pour une suspension temporaire des poursuites. « Il n’y aura pas de moratoire », a-t-il tranché, fustigeant au passage des « intellectuels complexés » et « des intellectuels qui ont peur de leur ombre ».
Réplique souverainiste à la France et menace de durcissement législatif
Ousmane Sonko a appelé les magistrats à veiller à une application « totale, impartiale et intégrale » du texte, n’excluant pas une aggravation des peines lors des prochaines sessions parlementaires. « S’il y a même lieu de durcir à nouveau, on le fera, parce qu’il y va des intérêts supérieurs de cette Nation », a-t-il affirmé. Le chef de l'exécutif a ensuite articulé une charge diplomatique et souverainiste contre les critiques occidentales, visant de manière ciblée Paris, accusé d'ingérence culturelle. « J’ai entendu beaucoup de spéculations dans des pays étrangers, particulièrement la France. S’ils ont opté pour ces pratiques que je ne veux même pas nommer, c’est leur problème. Nous n’avons pas de leçons à recevoir d’eux », a-t-il asséné.
Pour illustrer ce qu'il considère comme des contradictions occidentales en matière de tolérance et de droits humains, il a pointé du doigt le cas d’« une avocate attaquée parce qu’elle porte un foulard sur la tête ». Face à ce qu’il qualifie de pression morale exercée par « un petit noyau appelé l’Occident », représentant selon lui « moins de 5 % de la population mondiale », le Premier ministre a réaffirmé l'ancrage du Sénégal dans ses valeurs endogènes.
MS/NDARINFO









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