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Mort de Saliou Sarr: Les jeunes avocats exigent des sanctions

Mardi 24 Juillet 2018

Les circonstances de la mort de Saliou Sarr, lors de sa garde à vue au commissariat de Thiaroye, doivent être élucidées. C’est ce que réclament les jeunes avocats qui faisaient face à la presse, hier. Par la même occasion, les robes noires ont aussi exigé des sanctions.


L’Association des Jeunes Avocats sénégalais, dite AJAS, a fait face à la presse, hier. C’est pour se prononcer sur la mort de Saliou SARR. Ce dernier a perdu la vie des suites de ses blessures qui auraient été causées par électrocution lors de sa garde à vue dans les locaux du commissariat de Thiaroye. Selon le président de ladite association, Me Ousmane Thiam, ces faits, s’ils sont avérés, sont d’une extrême gravité et requièrent incessamment une réaction exemplaire des autorités judiciaires afin que de tels actes de barbarie ne demeurent pas impunis. Les jeunes avocats ont interpellé le maître des poursuites afin que des mesures efficientes soient prises pour que la lumière soit faite et que les auteurs d’une telle barbarie soient punis à l’aune de leurs agissements ignobles. Toutefois, l’AJAS s’est engagé, pour sa part, à apporter toute l’assistance nécessaire à la famille de la victime dans sa quête de justice. A cet effet, elle a déjà désigné deux avocats chargés de la défense des intérêts de la famille.


Dans leur communication, les jeunes avocats ont aussi dénoncé et condamné avec force la recrudescence de tels actes inhumains imputés aux dépositaires de la force publique. « La torture, la violence et la violation des droits humains, aussi bien dans  les lieux de privation de liberté que dans l’espace universitaire, ne peuvent pas être érigées en règle surtout si de tels actes sont imputés aux forces de l’ordre. C’est le lieu de rappeler le caractère sacré et absolu des droits de la défense, de la présomption d’innocence qui sont des principes consacrés et garantis par la constitution du Sénégal et par la déclaration universelle des droits de l’homme », a dit Me Ousmane Thiam.

Un numéro vert pour dénoncer les tortures de la part des enquêteurs

Dans le même sillage, il a rappelé l’importance de la présence de l’avocat à toutes les étapes de la procédure judiciaire, et surtout dès l’interpellation. Par conséquent, l’AJAS exige, avec la plus grande fermeté, qu’elle soit rigoureusement respectée par tous les agents de la force publique afin que la sécurité et l’intégrité physique de toute personne interpellée puissent être assurées de manière optimale. « L’idéal de démocratie et d‘Etat de droit auquel le Sénégal aspire, s’accommode mal de la récurrence d’actes de torture et de sévices corporels décriés lors des enquêtes préliminaires.


L’AJAS s’engage solennellement à combattre, sans relâche et sans complaisance, et par tous les moyens qui lui seront offerts par la loi, ces actes dont la gravité dépasse l’entendement », a dit la robe noire. Avant d’enchaîner : « c’est ainsi qu’elle entend désormais, installer un numéro vert qui servira à recueillir toutes les plaintes afférentes à des actes de torture de la part des agents enquêteurs, afin que les mesures idoines soient immédiatement prises ». L’AJAS invite donc les populations, ou toute personne intéressée, à apporter leur collaboration à l’éradication de la torture. « L’image du Sénégal en matière de respect des droits humains est aujourd’hui sérieusement écornée, et il n’est pas trop tard pour redorer le blason de notre chère patrie », a martelé Me Ousmane Thiam.

Cheikh Moussa SARR
REWMI