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SEYDI GASSAMA, DIRECTEUR EXECUTIF D'AMNESTY INTERNATIONAL: "On ne peut pas comprendre que la statue de Faidherbe continue à trôner à Saint-Louis"

Samedi 13 Juin 2020

SEYDI GASSAMA, DIRECTEUR EXECUTIF D'AMNESTY INTERNATIONAL: "On ne peut pas comprendre que la statue de Faidherbe continue à trôner à Saint-Louis"
«Le meurtre de George Floyd a créé une onde de choc, une prise de conscience universelle par rapport au racisme, à la discrimination. Cette prise de conscience qui pousse aujourd’hui les manifestants, un peu partout dans le monde, à déboulonner les statues des personnes qui ont été les symboles du racisme et de la discrimination dont la colonisation, constitue une des œuvres les plus achevées. On a vu la statue de Christophe Colomb qui a été déboulonnée, la statue de Victor Schœlcher, qui est supposé avoir aboli l’esclavage, qui l’a été aussi. On a vu, en Belgique, la statue du roi Léopold II qui a été déboulonnée également.

Aujourd’hui, ces actes symboliques qui sont en train de survenir en Occident, devraient avoir résonnance en Afrique. On ne peut pas comprendre que la statue de Faidherbe continue à trôner à Saint-Louis, que les autorités l’aient remise sur pied après qu’elle soit tombée d’elle-même. On ne peut pas comprendre que certaines rues de Dakar portent encore les noms de certains colons qui ont été particulièrement violents et répressifs contre les résistants sénégalais. Il appartient aux collectivités territoriales, à l’Etat du Sénégal de déboulonner toutes ces statues, d’enlever tous les noms de toutes ces rues parce qu’ils constituent une insulte à la mémoire des résistants sénégalais, à la souffrance qu’a enduré le peuple sénégalais dans sa lutte contre l’oppression coloniale.

Ce mouvement qui a lieu en Occident, il est honteux qu’il n’ait pas encore résonnance en Afrique. On n’appelle pas à la violence ; mais je dis que ce mouvement doit avoir résonnance ici, en Afrique. Elle doit être portée par les jeunes et les élus. Les statues, aussi bien que les noms des rues, renvoient à un passé colonial douloureux, au racisme, à l’oppression qu’ont subi les indigènes. Laisser sur place les statues ou ne pas changer les noms des rues, tend à légitimer l’oppression coloniale. Il faut qu’on enseigne aux Africains, au Sénégalais, l’histoire de leur continent, les héros de ce continent, pour préserver la dignité du peuple sénégalais. C’est valable pour tous les autres Etats africains.

Aujourd’hui encore, entendre des capitales porter des noms tels que Brazzaville, en l’honneur de Savorgna de Brazza, est une véritable honte. Il faut qu’on se débarrasse de ces héros et qu’on mette en valeur nos propres résistants. C’est comme ça qui va redonner de la fierté à la jeunesse africaine, l’honneur à ceux qui ont résisté. L’Afrique ne peut pas avancer si on est complexé, en pensant qu’on a pas d’histoire».

 


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1.Posté par sabara le 14/06/2020 16:51 | Alerter
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https://www.francetvinfo.fr/culture/patrimoine/histoire/la-meilleure-des-pedagogies-ce-n-est-pas-de-deboulonner-les-statues-pour-l-historien-pascal-blanchard-la-france-doit-regarder-son-histoire-coloniale-en-face_4007001.html

2.Posté par Abdoulaye Mamessine BA le 15/06/2020 13:00 | Alerter
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La rénovation du pont Faidherbe de Saint-Louis
Un bel exemple de coopération franco- sénégalase. Fruit de la volonté politique éprouvée et agissante de deux chefs d’état, le pont Faidherbe est l’expression vivante du rôle que joue la ville de Saint- Louis dans les relations entre la France et le Sénégal. C’est un trait d’union chargé d’histoires, de coopération et de vécu de l’ex Afrique occidentale française (AOF).
Sa réhabilitation est allée dans le sens de l’écho fait au cri de cœur des populations qui, impuissantes, voyaient s’user ce qui est le symbole même de la ville, le cordon ombilical entre le faubourg de Sor et l’île. Ceci rend la traversée quotidienne de 19 000 véhicules et plus de 21 000 piétons qui entretiennent le pouls économique palpitant des affaires et de l’administration de la vieille ville.

3.Posté par Tintin le 16/06/2020 16:40 | Alerter
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Que Mr Seydi Gassama le veuille ou non Faidherbe fait parti intégrante de l'histoire du Senegal avec sa face sombre (colonisation , travail forcé ...) et sa face plus éclairée (construction de routes , voies ferrées , écoles ...)
Si on doit démolir les statues de Faidherbe comment justifier que des lycées portent le nom d'El Hadj Omar Tall qui a fait la guerre contre les Bambaras , Segou et l'empire Peull du Macina au nom d'une theocratie religieuse qu'il a voulu imposé par le sabre !....et dont on peut penser que l'éducation des filles et garçons n'était pas sa préoccupation premiere !
Plutot que de se préocuper de la statue de Faidherbe il vaudrait mieux sauver St-Louis et son coeur historique qui n'est pas entretenu......, ville qui croule sous les ordures !!!

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