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Désordre dans l'APR/TOUBA : Macky sauvé par le Khalif

Mardi 14 Septembre 2021

L’activité minière s’est poursuivie au même rythme qu’avant le coup d’État. Mais les bouclages financiers des futurs projets risquent d’être plus compliqués.


Désordre dans l'APR/TOUBA : Macky sauvé par le Khalif
Habituée aux défaites, l’Apr de Touba (et même de Mbacké) ne semble nullement se faire de souci quant à son avenir. Le commentaire est peut-être faux, mais tel qu’elle se comporte, il est pratiquement impossible d’en avoir une idée autre.  C’est en tout cas ce qu’offre la réalité du terrain. Les souteneurs du Président de la République dans la cité, dans leur écrasante majorité, ne paraissent nullement avoir tiré les bonnes leçons de leurs revers répétés. 

Il reste évident que l’Apr de Touba est encore aujourd’hui aux querelles de chapelle et les chapelles, il y en a au moins 1003, car il n’y a pas que les grands leaders connus des médias qui en dirigent. Chaque frustré, et on en compte plusieurs (si tous les membres ne le sont pas ), travaille à avoir son petit groupe et se résume à les rassembler le temps des points de presse, les cérémonies familiales, etc...  Et quand un de ces leaders organise un rassemblement, c’est par coup de chance ou affinité qu’il parvient à décrocher la présence de certains de ses  camarades leaders. La frustration s’accentue lorsque le Président de la République effectue ses habituelles visites privées et éclairs à Touba. Seul un petit groupe de personnes est informé. On peut déjà considérer que c’est le groupe des «  privilégiés ».

Parmi eux, on peut citer Serigne Cheikh Abdou Bali qui peut se prévaloir de son statut de ministre-conseiller et proche du Khalife, de Abdou Lahad Seck Sadaga, pionnier du parti à Touba et député à l’Assemblée nationale, du Hcct Makhtar Diop et de.... La liste est close parce que les autres ne sont là que par coup de chance. Les éternels absents ruent aussitôt dans les brancards et refusent qu’on leur jette à la figure la boutade : « le Président était venu en visite privée. » 

Le 18 septembre prochain, ce sera encore plus serré et plus compliqué et les cœurs se chaufferont davantage.

LES VISITES PRIVÉES, UN MAL BIEN.

Les frustrations sont toujours réveillées quelques heures après les furtives et secrètes visites du Président Macky Sall. Personne n’est informé. Même dans la presse, c’est pas tout le monde qui est au courant. Généralement c’est lorsque les véhicules de la délégation présidentielle  quittent la cité que la rumeur de la visite commence à déchirer l’air. Vous êtes Journaliste, les leaders « zappés » qui vous appellent veulent juste savoir lesquels de leurs camarades étaient sur place. Et quand vous n’êtes pas plus informés qu’eux, ils vous revient avec la liste des présents en plus d’un quintal de grondements de tonnerre.

Ce qui est bizarre dans cette affaire, c’est que certains de ceux qui sont arrivés à poser l’œil sur le Président en sortent plus frustrés. Non seulement, c’est par énorme chance qu’ils arriveront à lui serrer la main (quoique c’est presque jamais possible) mais les rumeurs iront circuler qu’ils ont reçu de l’argent. Ce qui n’est presque jamais le cas. Mais d’emblée, ils sont insultés à tort.

MACKY SAUVÉ…

En demandant aux personnes qui le mijotaient de s’abstenir de huer son hôte le 18 septembre prochain, le Khalife Général des Mourides a surtout sauvé le Président Macky Sall des mécontents de son parti et non de cet effarouché de Bokk Gis-Gis qui avait fini de le déclarer persona non grata. Le mal est interne à l’Apr et non externe.

ENTRAILLES  COUPÉES 

Même s’il ne vient pas pour rencontrer les politiques (ce qui n’a jamais été le cas d’ailleurs), le Président de la République, patron de l’Apr trouvera un parti divisé, aux entrailles coupées et au nombril enfoncé. Rien que chez les jeunes, il verra 3 Cojer. Dakaractu s’est d’ailleurs donnée la peine d’interroger les leaders de ces camps.

L’une des Cojer est dirigée par Bassirou Mboup. C’est un jeune dynamique et présent sur le terrain. Il est convaincu être le seul coordonnateur valable. « Je suis à ce poste depuis 2019.  C’est un courant qui a fini par avoir une grosse légitimité. 70% des jeunes sont derrière moi. Tous ceux qui me combattent sont des jeunes qui refusent d’être sous la coupole des responsables adultes. J’ai à mon actif une douzaine d’activités et aucun autre prétendu coordonnateur ne peut en dire autant. »

À côté de lui, il y a Talla Sylla. Lui aussi dirige une Cojer. Activiste de renom et grand défenseur du Président Macky Sall à travers les réseaux sociaux, Talla estime lui aussi que 70 % des jeunes lui sont favorables. « La Cojer ? j’y suis depuis 2009. J’ai été à plusieurs postes et j’ai toujours été l’un des plus actifs. J’ai organisé divers programmes. 17 personnes avaient élu mon prédécesseur et moi j’ai été élu par largement plus. Je suis coordonnateur depuis le 12 août 2021. Sur 46 votants, les 37 ont porté leur choix sur ma modeste personne. Seul 09 jeunes m’ont tourné le dos ». La particularité de Talla Sylla c’est qu’il n’est derrière aucun leader adulte.

La troisième et dernière Cojer est entre les mains de Modou Sall. Aimable, sérieux et engagé, le jeune intellectuel revendique aussi, comme les deux autres, une solide légitimité avec 95% des jeunes qui le soutiendraient. « Je suis coordonnateur depuis le 25 août 2021. J’ai été élu par la jeunesse républicaine. Il y avait eu des grognes et des frustrations et des jeunes se sont autoproclamés coordinateurs. J’ai exigé la tenue d’une AG. Nous avons convoqué une réunion générale. Mame Diarra Ndao a démissionné. Et c’est moi qui ai été choisi après des candidatures déclarées. Talla Sylla, Sokhna Lotha, Serigne Fallou...et moi-même avions été les postulants. Seulement le jour des élections, j’ai été le seul candidat présent et j’ai été élu sous les lumières et pas dans les ombrages par une parterre de plus de 100 jeunes. Les jeunes sont avec moi. Talla Sylla vogue seul ».

GROUPE DE LA RECONNAISSANCE 

Le propre de l’Apr de Touba, c’est cette capacité chez les jeunes et les moins jeunes à mettre en place des structures aux durées de vie généralement limitées. Le CRA ou Cercle de réflexion et d’action (toujours vivant) piloté par Bathie Sogue, Bassirou Diagne et Diène Guèye alias Général, le Cadre de concertation qui avait porté Mor Gaye à sa tête avant que celui-ci, nommé à un poste de responsabilité ne prenne la clef des champs, le 100% Abdou Lahad Kâ qui jette son dévolu sur le maire, l’Alliance des Jeunes Patriotes de Sémou Thioune qui a avalé son bulletin de naissance depuis que le leader est allé déposer ses baluchons chez Serigne Cheikh Abdou Bali etc…

Tout dernièrement, c’est le groupe de la Reconnaissance qui est né pour revendiquer un certain statut et inviter le Président Macky Sall à rendre à César ce qui appartient à César. Ce collège de jeunes dirigé par Abdou Fatah Diop, Binetou Diop… court derrière une audience avec le leader de leur parti. Comme pour leur apporter la réplique, un autre groupe a tout de suite pris forme. Celui-ci prône la fidélité. Parmi les membres de ce peloton, il y a Bassirou Mboup, Madame Dièye etc…

Dans cette APR bizarroïde où presque tout le monde veut être leader et nourrit des ambitions personnifiées, le blocage est inévitable. L’on se demande même si la décision (non officielle mais réelle) du Président Macky Sall de ne prendre langue qu’avec les  religieux et de tourner le dos aux politiques n’est pas la chose la moins compliquée pour lui… C’est la question !