"Nous ne pouvons pas comprendre qu'on veuille nous imposer une restructuration", a déclaré fermement Ousmane Sonko, interrogé par une journaliste de RFI sur la situation financière du pays.
Le chef du gouvernement a insisté sur le caractère collégial de cette position. "Ce n'est pas une position de Ousmane Sonko, mais celle du président de la République et du gouvernement tout entier. Et nous comptons y rester."
Ousmane Sonko a évoqué l'existence d'une dette dissimulée héritée de l'ancien régime, faisant état d'un niveau d'endettement atteignant 119% du produit intérieur brut, avec un déficit budgétaire estimé à près de 13%.
Malgré ce contexte critique, le gouvernement sénégalais exclut toute option de restructuration de la dette, une hypothèse pourtant évoquée par certains économistes et suggérée par le FMI.
Pour le Premier ministre, la dette sénégalaise reste viable car le pays réussit à honorer ses échéances depuis un an et demi sans apports extérieurs supplémentaires, grâce au marché financier régional.
Le chef du gouvernement mise sur un plan de redressement économique et social combiné à une vaste politique de rationalisation budgétaire. Ces réformes ont déjà permis de dégager 960 milliards de francs CFA additionnels pour le budget 2026, avec une montée en puissance attendue dès 2027.
"Nous considérons que nos projections, aussi bien de croissance que de recettes, sont raisonnables", a-t-il indiqué, précisant que ces projections sont validées par tous les partenaires, y compris le Fonds monétaire international.
Ousmane Sonko a également pointé la "part de responsabilité" du FMI dans la situation actuelle, rappelant sa présence continue au Sénégal à travers ses missions de supervision.
Le Premier ministre a aussi critiqué le FMI, estimant que l'institution ne pouvait ignorer les dérives financières passées. Il a souligné que le FMI n'est pas un prêteur de premier ressort et que son appui est attendu lorsque des efforts substantiels sont engagés par un pays, citant notamment le cas de l'Égypte.
Le gouvernement a détaillé les mesures prises, notamment une réduction significative des dépenses de fonctionnement dans le budget 2025, avec des coupes drastiques sur les séminaires, ateliers, voyages et acquisition de véhicules.
Cette stratégie vise à stabiliser les finances publiques tout en préservant la souveraineté économique du Sénégal.
MS/CSS/NDARINFO



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