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La France a fait libérer deux dirigeants du FACT tchadien arrêtés au Niger

Samedi 1 Mai 2021

 La libération sur les pressions de la France de deux responsables de la rébellion tchadienne du FACT arrêtés au Niger suscite l’incompréhension à N’Djamena et l’embarras à Niamey.

Deux responsables du Front pour le changement et la concorde au Tchad (FACT), arrêtés en mars dernier au Niger, ont été libérés à la demande de la France. Mouvement de rébellion armée, le FACT est à l’origine des combats qui ont coûté la vie le 20 avril au président tchadien Idriss Déby Itno.

Selon notre confrère nigérien Air Info, Ahmed Brahim Secrétaire du bureau fédéral du FACT pour l’Europe et Mohamed Taher Ali Kedelaye ont été arrêtés le 17 mars à Agadez, dans le nord du Niger, frontalier avec la Libye.

Les deux responsables du FACT convoyaient vers le sud libyen, base-arrière du FACT, du matériel militaire incluant des caques de protection, des jumelles munies de dispositif optique binoculaire, des lunettes de vision nocturne ainsi que des milliers d’imprimés vierges des cartes du FACT et des documents confidentiels.

Des rebelles, certes, mais binationaux

Après quelques jours de garde-à-vue à Agadez, les deux responsables du FACT ont été transférés à la Cellule antiterroriste à Niamey. Les autorités nigériennes, qui ont découvert que les deux chefs rebelles étaient porteurs de passeports français, ont prévenu les responsables diplomatiques et consulaires français à Niamey qui ont confirmé qu’Ahmed Brahim et Mohamed Taher Ali Kedelaye étaient bien des binationaux franco-tchadiens.

Des sources nigériennes indiquent que c’est bien la France qui a plaidé pour leur libération pure et simple avant même le début le 11 avril des affrontements entre le FACT et l’Armée nationale tchadienne (ANT).

Les deux chefs rebelles qui n’ont pas fait l’objet d’interdiction du territoire nigérien après leur arrestation ont regagné la France l’un à Reims, l’autre à Nantes après avoir repris l’avion au départ de Lomé, la capitale du Togo.

Le chef de la rébellion tchadienne du FACT Mahamat Mahdi Ali est lui-même un franco-tchadien qui a longtemps vécu à Reims, non loin de Paris, avant de s’installer dans le sud libyen à la faveur de la désintégration de l’Etat libyen.

Embarras à Niamey

La libération des deux chefs rebelles FACT à la demande de la France embarrasse le Niger, allié du Tchad dans la lutte contre le terrorisme. Tenant compte de la solidarité et de la coopération entre les deux pays, Niamey n’avaient pas hésité à extrader vers N’Djamena en 2017 trois dirigeants du Conseil de commandement militaire pour le salut de la république (CCMSR).

Les trois responsables de cet autre mouvement rebelle basé dans le sud libyen avaient eux aussi été arrêtés à Agadez transférés à Niamey avant d’être remis aux autorités tchadiennes. Mais eux n’avaient pas la nationalité française.

Même si les autorités nigériennes peuvent justifier cette libération des responsables du FACT par les pressions de Paris, il n’en demeure moins qu’elle reste embarrassante pour le pouvoir nigérien.

En effet, le président nigérien Mohamed Bazoum a été choisi, en marge des obsèques d’Idriss Déby organisées vendredi dernier, co-facilitateur des discussions inter-tchadiennes, avec son homologue mauritanien Mohamed Ould Ghazouani. . A la demande du président Bazoum, le FCAT a accepté un cessez-le-feu et marqué son accord pour des négociations avec le pouvoir tchadien.

Toutefois, le Conseil militaire de transition (CMT), junte assurant la succession de Déby père avec à sa tête Déby fils, a rejeté toute négociation avec les rebelles du FACT qu’il a qualifiés de « terroristes en déroute ».

Mondafrique