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Le Sénégal sous la menace d'une "insécurité alimentaire accrue", selon la FAO

Mardi 12 Novembre 2019

Le Sénégal sous la menace d'une "insécurité alimentaire accrue", selon la FAO
Une «insécurité alimentaire accrue et une malnutrition» planent sur le Sénégal en 2020. C’est ce qui ressort  du rapport de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture(FAO), rendu public  le 8 novembre 2019. Cette probable «insécurité alimentaire» serait causée par une mauvaise saison des pluies 2019.

L’année 2020 s’annonce très difficile pour le Sénégal. Surtout pour le monde rural. Le  «bilan négatif de la saison des pluies 2019» risque d’impacter douloureusement certains foyers du pays. Le Sénégal fera face à une situation alimentaire préoccupante. Dans tous les rapports des organisations des Nations Unies, le Sénégal est cité parmi les Nations africaines qui sont sur la liste rouge. Le rapport de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui vient d’être rendu public, le 8 novembre 2019, annonce une probable «insécurité alimentaire accrue et une malnutrition en 2020» au Sénégal.

Dans certaines localités du Sénégal, la menace de la faim est réelle. Et cette situation risque de s’aggraver si l’on en croit le rapport publié par l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Jugeant négative cette saison, le rapport révèle que cette situation affectera probablement les moyens de subsistance agropastoraux. Ce qui, lit-on dans le rapport, conduira à une insécurité alimentaire accrue et à la malnutrition en 2020. En outre, une production fourragère défavorable a été enregistrée dans certaines régions du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Tchad, ainsi que dans certaines régions de la Mauritanie et du Sénégal. Les Nations Unies prônent ainsi une réaction d’urgence pour réduire les risques. «Fournir un soutien agricole immédiat est essentiel pour soutenir les moyens de subsistance des personnes déplacées et des familles d’accueil vulnérables afin d’améliorer leur sécurité alimentaire et leur nutrition, ainsi que pour réduire le risque de tensions liées à des ressources naturelles déjà limitées», souligne le rapport des Nations Unies.

975 000 personnes «touchées» par la sécheresse

Ces menaces de risques alimentaires inquiètent au plus haut sommet de l’Etat. La situation hante le sommeil des autorités qui sont à la recherche de solutions. C’est dans ce sens que le gouvernement du Sénégal a reçu une indemnité de 23,1 millions de dollars (près de 14 milliards FCfa) de la part de l’Agence d’assurance de l’Union africaine (Ua), African Risk Capacity (Arc).

Dans un communiqué de presse, l’Arc a déclaré que cet argent contribuera à fournir un soutien rapide aux personnes touchées par la sécheresse pendant la saison agricole 2019. En septembre dernier, l’Arc avait annoncé que le gouvernement du Sénégal recevrait un minimum de 22 millions de dollars (plus de 13 milliards FCfa) pour couvrir les pertes dues aux mauvaises récoltes, causées par les graves déficits pluviométriques de la saison agricole 2019.
«Les 23,1 millions de dollars (près de 14 milliards FCfa) versés représentent une augmentation de 5% ou 1,1 million de dollars (près de 600 millions FCfa) par rapport au montant annoncé précédemment», a ajouté le communiqué. Outil de l’Arc, Africa RiskView, citant  l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), a déclaré qu’au moins 975 000 personnes seraient directement touchées par la sécheresse. «Nous sommes extrêmement attachés à la capacité de risques en Afrique», avait déclaré le ministre sénégalais de l’Intérieur, M. Aly Ngouille Ndiaye, cité dans le communiqué de l’Arc.

7 451 personnes assistées en juillet 2019

Déjà en 2019, des signaux d’insécurité alimentaire sont perceptibles sur le terrain. Ce qui a conduit à l’intervention de certains organismes pour assister les populations à la base afin de leur épargner certaines souffrances. Dans le rapport du Programme alimentaire mondial (Pam), l’organisme a fait état de 55 414 tonnes d’aide alimentaire distribuées à travers le Sénégal. En juillet 2019, l’organisme avait recensé 7 451 personnes assistées pour un besoin net de financement estimé à 5,5 millions de dollars (environ 2,5 milliards FCfa) sur six mois (août 2019 à janvier 2020). Parallèlement, le Pam avait développé des activités dans certaines localités du Sénégal au profit des populations.
Du 2 au 4 juillet 2019, le directeur de pays du Pam a participé à la mission conjointe de l’équipe de pays des Nations Unies dans la région de Kolda.

C’était dans le cadre des activités de communication du Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement. Lors de cette mission, renseigne le rapport du Pam, au total, onze représentants des agences des Nations Unies ainsi que le coordonnateur résident ont participé à des réunions avec le gouverneur et à des visites d’activités de programmes des Nations Unies. Le Pam a présenté, à cet effet, les réalisations des activités liées à la résilience et à la reconstitution des ressources lors d’une visite au village de Talto Diega, où des bio-digesteurs installés avec l’aide du Pam ont aidé les femmes des zones rurales à produire des engrais et du biogaz.

A Matam également, le Pam au Sénégal a organisé une Planification participative à base communautaire (Ppcp) du 8 au 21 juillet 2019. Pour la première fois au Pam, le bureau de pays a collaboré avec l’Unité des urgences et de la transition (Oszph) au siège du Pam pour intégrer les aspects de la sensibilité aux conflits dans la Ppcb. Le rapport souligne que cette approche innovante facilitera l’identification et la mise en œuvre d’activités de résilience abordant tous les aspects du lien humanité-développement-paix-paix. «La Ppcb a assuré la présence des femmes et des jeunes tout au long de l’exercice. Sur la base des conclusions du Cbpp, le Pam collabore avec le Secrétariat exécutif du Conseil national de la sécurité alimentaire (Secnsa) à l’élaboration d’un plan global de résilience quadriennal pour le nord du Sénégal», indique le rapport du Pam.

Dans les départements de Linguère, Mbacké et Diourbel, le Pam a poursuivi ses activités visant à traiter la malnutrition aiguë modérée chez les enfants âgés de 6 à 59 mois. Le Pam a développé, durant la même période, des activités pour prévenir la malnutrition aiguë globale chez les femmes enceintes et allaitantes dans le département de Linguère. «Au total, 4 810 femmes ont été touchées sur 5 000 prévues, représentant 96% des cibles, et 2 641 enfants âgés de 6 à 59 mois ont reçu une assistance sur les 3 111 prévus, avec 85% de réalisations», rapporte le document du Pam. Cette série d’activités développées par le Pam à travers le Sénégal contribue en grande partie à l’amélioration des conditions de vie des Sénégalais dont certains sont sous la menace de la crise alimentaire.

DAKARMATIN

        
                
    

 


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