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De la cassette au téléphone : 70 ans d'influence de Mahmud Khalil Al-Hussary au Sénégal

Vendredi 13 Mars 2026 - 06:51

De la cassette au téléphone : 70 ans d'influence de Mahmud Khalil Al-Hussary au Sénégal

Mort il y a plus de 45 ans, le récitant égyptien Makhmoud Khalil Al-Hussary (1917-1980) demeure l'une des voix les plus écoutées dans les daaras et mosquées du Sénégal, particulièrement pendant le mois de Ramadan où sa présence s'intensifie fortement.
 

"Avec Khussary, il n'y a pas de confusion. L'enfant entend clairement. Il sait où s'arrêter. Il apprend la discipline avant la beauté", explique un maître coranique d'un daara internat de la périphérie de Dakar, où la récitation d'Al-Hussary accompagne l'apprentissage dès les premières heures du jour.
 

Né en 1917 en Égypte, dans le village de Shubra an-Namla, Al-Hussary s'est distingué par sa rigueur scientifique. Devenu l'un des premiers récitants officiels à la radio égyptienne, il a enregistré le Coran de manière complète, sourate par sourate, avec une précision qui a fait école dans tout le monde musulman.
 

Au Sénégal, sa voix est entrée depuis longtemps dans le quotidien. Avant les téléphones portables, on l'écoutait à la radio ou sur cassette. Aujourd'hui, elle circule sur les clés USB et les téléphones. Beaucoup reconnaissent la voix sans forcément connaître le nom de l'homme.
 

Dans les daaras, son influence est particulièrement marquée. Les enfants écoutent quelques versets, puis répètent à l'unisson. Le maître circule entre les rangs, corrige une prononciation, rectifie une pause. "Beaucoup d'enfants arrivent ici sans base solide. Quand on leur fait écouter Al-Hussary, ils apprennent plus vite. La récitation est lente et régulière", témoigne un maître d'un daara internat de l'intérieur du pays.
 

La méthode d'Al-Hussary correspond à la tradition sénégalaise qui insiste sur la rigueur, la répétition et la mémorisation. Il a enregistré le Coran selon plusieurs riwāyāt (modes de transmission), dont Warsh 'an Nāfi', celle enseignée dans la majorité des daaras sénégalais, facilitant ainsi l'apprentissage.
 

Pendant le Ramadan, cette écoute devient encore plus intense. Les radios religieuses diffusent sa récitation en continu. Dans les mosquées, certains imams adoptent une récitation qui rappelle clairement la sienne, inspirant confiance aux fidèles.
 

Pour beaucoup de Sénégalais, cette voix est liée à des souvenirs personnels : l'enfance au daara, les premières planches coraniques, les longues soirées de Ramadan passées à écouter la radio.
 

NDARINFO d'après LE SOLEIL
 


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