Alors que la course au Secrétariat général des Nations unies entre dans sa phase décisive, la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall fait face à d'importantes zones de turbulences sur le continent. Selon des révélations publiées ce mardi, plusieurs chefs d’État africains auraient discrètement, mais fermement, fermé la porte à un soutien à leur ancien homologue, fragilisant ainsi l'unité du bloc continental pourtant prônée par l'Union africaine.
Si l’organisation panafricaine avait initialement donné un accord de principe, des fissures apparaissent au sein de plusieurs capitales stratégiques. Parmi les réticences les plus marquées, on retrouve des leaders de la zone CEDEAO et de l'Afrique centrale. Les griefs articulés en coulisses portent principalement sur le bilan de la gouvernance de Macky Sall lors de ses dernières années au pouvoir, notamment les tensions politiques qui ont secoué le Sénégal entre 2021 et 2024. Pour certains présidents, soutenir cette candidature reviendrait à envoyer un message contradictoire sur les standards démocratiques que l'Afrique souhaite désormais porter sur la scène internationale.
L'argument de la "rotation régionale" est également brandi par certains pays anglophones et d'Afrique australe, qui estiment qu'après les mandats de Boutros Boutros-Ghali (Égypte) et Kofi Annan (Ghana), la priorité devrait être accordée à d'autres zones géographiques ou à des profils moins marqués politiquement. Cette fronde interne complique la tâche des émissaires de Macky Sall, qui espéraient un plébiscite africain avant d'aller convaincre les membres permanents du Conseil de sécurité.
Face à ce manque de consensus, la diplomatie sénégalaise — dont le soutien officiel reste ambigu — se retrouve dans une position délicate. La "liste noire" des présidents opposés à Macky Sall circulant dans les milieux diplomatiques suggère que la bataille ne se jouera pas seulement à New York, mais d'abord sur le continent africain. Sans une base arrière solide et unie, les chances de l'ancien chef d'État de succéder à António Guterres s'amenuisent, au profit de candidatures venues d'Europe de l'Est ou d'Amérique latine, déjà en embuscade.
MS/NDARINFO



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