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Vent de rébellion à Bambilor le Grand perdant du découpage territorial : son Conseil municipal rejette le projet

Samedi 8 Mai 2021

«Depuis le 28 octobre, tout ce que je recevais de l’Etat du Sénégal a été arrêté. Tout ce que je percevais de l’Etat a été coupé. De toute façon, moi théoriquement j’ai une retraite au niveau des nations unies.

Je n’ai pas perçu d’honorariat, j’habite chez moi Dieu merci. On ne me l’a pas proposé (l’honorariat). Et si on me l’avait proposé je ne l’aurais pas pris. Et au moment venu je percevrai ma retraite des nations unies et ma petite retraite au Sénégal. C’est ainsi que je vois les choses.

Pour moi ce n’est pas utile. Car celui qui termine ses fonctions à la tête de l’institution partira avec son honneur. On est tous des dignitaires, nous n’avons pas besoin qu’on nous paye pour cela.»


Comme il fallait s’y attendre, le maire de Bambilor a déchiré le rapport de présentation voulant acter une nouvelle configuration des 4 C (ancienne commune de Sangalkam) hier, lors de la réunion du Conseil municipal.

Pour Ndiagne Diop, ce rapport répond plus à la volonté du ministre des Collectivités territoriales de phagocyter Bambilor qu’une quelconque érection de collectivités viables et porteuses de développement. «Oumar Guèye n’a pas dit la vérité sur le document qu’il a présenté à Bambilor (…).

Dans le rapport de présentation, il dit que Bambilor va se retrouver avec 14 villages. Ce n’est pas vrai, car Bambilor va se retrouver avec 12 villages. C’est tellement flagrant qu’il ne peut pas mettre Nguendouf et Ndiakhirate-Peulh parce qu’il sait que ces deux villages sont à proximité de Bambilor», a indiqué le député maire dans une déclaration à la presse à la fin de la rencontre. Il relève des «enjeux purement financiers» au profit de la commune de Sangalkam que dirige Oumar Guèye.

«L’enjeu c’est (le lotissement) les Cdc qui se trouvent pour une bonne partie sur Nguendouf. Donc, tous les moyens sont bons pour qu’il les récupère. Pis encore, là où nous sommes en train d’avoir une convention avec la Dgpu pour financer le stade de Bambilor, il sait que Ndiakhirate Peulh est à proximité du pole», a-t-il noté à ce propos. Ndiagne Diop a dès lors décrié la «non-prise en compte» de l’aspect économique par le rapport de présentation. A l’en croire, 60 à 70% du budget de la commune proviennent des villages que le ministre veut rattacher à sa commune.

«L’ambition de Oumar Guèye est d’affaiblir Bambilor»

Le maire de Bambilor appelle au respect de l’article 74 du Code des collectivités territoriales. Le cas échéant, croit-il savoir, la commune de Sangalkam devrait être fondue dans Bambilor.

«En tant que garant de la marche des collectivités territoriales, s’il juge que Sangalkam n’est pas viable, pourquoi prendre les ressources financières de Bambilor et les rattacher à sa commune ? C’est Sangalkam qui doit être rattachée à Bambilor en vertu du Code qui dit qu’une commune non viable pendant trois ans doit être supprimée et rattachée à une autre (…). Sur le plan électoral, si vous prenez juste le village de Bambilor, son électorat est supérieur à celui de toute la commune de Sangalkam qui compte 11 ou 12 bureaux de vote», a-t-il argumenté. Ce qui lui fait dire que l’ambition de Oumar Guèye est «d’affaiblir au maximum Bambilor». C’est d’autant plus vrai que, ajoute-t-il, «il a déplacé l’arrondissement de Bambilor à Sangalkam». Ndiagne Diop de poursuivre : «Je doute qu’il soit en train de travailler pour le Président Macky Sall, car ce qu’il a présenté ne va pas dans l’intérêt du Président qui veut des communes viables et porteurs de développement.»

37 conseillers sur 48 contre le projet

A noter que la session d’urgence s’est tenue en présence de 48 conseillers municipaux. «On se rappelle qu’en 2011, quand feu le sous-préfet Ibou Diop avait demandé la tenue d’une session d’urgence pour le découpage, Oumar Guèye qui était le président du Conseil rural ne l’avait pas fait, demandant des justificatifs. Nous, nous sommes des légalistes et c’est pourquoi nous avons tenu la session pour donner notre avis», a-t-il tenu à rappeler.

Lors du vote, 37 conseillers sur les 48 présents ont donné un avis défavorable au projet tandis que 11 autres ont marqué leur approbation. Des tensions minimes ont été notées aux alentours de la mairie où des jeunes et femmes qui récusent le projet ont incendié des pneus sur la route et à quelques endroits, paralysant la circulation sur cet axe.

Lequotidien.sn