Un feuilleton judiciaire international vieux de dix ans vient de connaître son épilogue tragique et retentissant au cœur du baol. La Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Diourbel a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité le Sénégalo-Italien D. Bâ, alias El Hadj Sow, reconnu coupable d'« assassinat avec actes de barbarie, usurpation d'identité, complicité et usage de faux en écriture publique ».
Le verdict, prononcé ce mardi et relayé par L'Observateur, met fin à une traque planétaire lancée à la suite du meurtre sauvage de Valentina Tarallo, une étudiante italienne de 28 ans, survenu dans la nuit du 11 avril 2016 à Genève, sur l’avenue de la Croisette. L'accusé devra également verser la somme astronomique d'un milliard de francs CFA de dommages et intérêts à la famille de la victime.
Le drame avait soulevé une vague d'indignation en Suisse. Alertés par des cris de détresse, des voisins avaient aperçu l'agresseur s'enfuir en courant, laissant la jeune doctorante en physiologie cellulaire agoniser au sol, victime d'un traumatisme crânio-cérébral sévère causé par des coups violents portés à l'aide d'un tube en fer. Les analyses de la police scientifique helvétique s'étaient révélées sans appel : l'ADN de D. Bâ, qui partageait la vie de la victime, avait été formellement identifié à deux endroits distincts sur l'arme du crime ensanglantée. Immédiatement après son forfait, le suspect avait coupé ses téléphones et fui la Suisse à bord de bus et de trains, échappant aux mailles des polices européennes pour se réfugier au Sénégal, où la Section de recherches de Dakar a pris le relais de la traque en 2018.
Durant sept longues années, le fugitif a mené une véritable vie de fantôme, se déplaçant stratégiquement de Saint-Louis à Kolda, en passant par Dakar et Keur Mbaye Fall, en utilisant de faux documents sous l'identité d'El Hadj Sow. Sa cavale a finalement pris fin en avril 2023 à Diourbel, alors qu'il tentait de vendre sa villa dakaroise pour 80 millions de francs CFA.
Face aux magistrats et devant les parents de Valentina venus spécialement de Suisse, l'accusé a opté pour le déni total, prétendant avoir été victime d'une agression par des dealers de drogue et affirmant avoir fui uniquement pour « sauver sa vie » et par peur de la justice helvétique. Une ligne de défense balayée par le procureur qui a fustigé la froideur d'un homme nourri et logé à Genève par celle qu'il a tuée, avant que le tribunal ne confirme la peine maximale pour ce crime de sang.
MS/NDARINFO








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