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Destitution de Donald Trump: une semaine décisive

Mardi 10 Décembre 2019

Les démocrates et Donald Trump sont aux antipodes avant l'ouverture ce lundi 9 décembre, dans un Congrès profondément divisé, d'une audition qui devrait mener sous peu à la mise en accusation du président américain.

« Dossier en béton », affirment les démocrates, « mascarade », clame Donald Trump. La commission judiciaire de la Chambre des représentants devrait voter d'ici la fin de la semaine sur les actes d'accusation retenus contre le président américain. La procédure se poursuivra ensuite au Sénat qui, dominé par les républicains, devrait prononcer l’acquittement. C'est pourquoi les démocrates sont très divisés sur la suite à donner.

Censurer le président américain ou poursuivre l'impeachment ? La première option consiste en un blâme officiel, la seconde est une destitution du président. « Le débat est très fort actuellement, et l’angoisse est plutôt du côté des démocrates », estime Jean-Eric Branaa, maître de conférences à l'université Panthéon-Assas et spécialiste des États-Unis.

Certains d’entre eux voudraient joindre le rapport Mueller à l’acte d’accusation. « Or avec le rapport Mueller, tout a déjà été dit, poursuit Jean-Eric Branaa Et il est vrai que la défense de Donald Trump est très construite vis-à-vis de ce rapport.

Donc remettre le pied dans autre chose, et en particulier dans ce rapport Mueller, c’est peut-être tout faire capoter encore une fois. Et faire que les électeurs vont avoir l’impression qu’on essaie de “charger la mule” pour aller à tout prix vers une condamnation de Donald Trump, parce qu’il n’y en a pas assez. »

Des enjeux politiques considérables

« Dans ces conditions, continue le spécialiste, on comprend que si on est représentant démocrate aujourd’hui, l’angoisse est forte en votant cet impeachment. On ne sait absolument pas où ça va, parce qu’on est en année électorale et qu’on ne sait absolument pas comment les électeurs vont réagir. »

Cela va même plus loin. « En réalité, certains se posent la question de la censure, à savoir s’il ne faut pas plutôt rétropédaler en sortant très vite de cette affaire-là, et remporter la victoire en ayant censuré le président.

Ce n’est pas arrivé depuis Andrew Jackson, en 1834. » Ironie de l’histoire, le président actuel est un grand admirateur de Jackson, dont il a fait accrocher un portrait dans le Bureau ovale. « Ce serait un vrai camouflet pour Donald Trump, estime Jean-Eric Branaa, qui porterait cette marque pendant la campagne. »

Seconde option, analyse le chercheur : « continuer sur un impeachment, en sachant que Trump serait peut-être le premier président de l’histoire à sortir blanchi de la procédure de destitution, à se représenter, et peut-être à gagner.

Ce serait là, pour le coup, un vrai camouflet pour les démocrates. Il y a donc beaucoup d’hésitations, en particulier dans les États dans lesquels les députés sont tangents, parce que ce sont des États dominés par Donald Trump, qui ont peur de risquer leur poste en votant pour cet impeachment. »

« Nous gagnerons », promet Trump

Forts de leur majorité à la Chambre, les démocrates ont ouvert fin septembre une enquête en destitution contre Donald Trump après avoir appris qu'il avait demandé à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden, son rival démocrate. Le président américain avait suspendu l’aide militaire à Kiev pour la contraindre à participer à cette enquête.

Selon Jerry Nadler, président de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, « l'accusation au cœur [du dossier] est que le président a placé ses intérêts au-dessus de ceux du pays à plusieurs reprises et qu'il a demandé l'ingérence d'une puissance étrangère dans nos élections à plusieurs reprises. »

Cela pose, a-t-il mis en garde, « un véritable danger pour le scrutin » présidentiel de novembre 2020, à l'occasion duquel Trump espère décrocher un second mandat. « Nous gagnerons [le combat de la destitution] », a de son côté déclaré le milliardaire.

RFI
 


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