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Le Bou El Mogdad fait entrer 30 millions par mois dans la région

Lundi 1 Août 2011

Le célèbre bateau Bou El Mogdad portant le nom de l’interprète arabe et conseiller auprès des gouverneurs de l’Administration coloniale au Sénégal, qui parcourait depuis les années 50 le fleuve Sénégal pour les messageries du pays est aujourd’hui une barge touristique. Et le Bou El Mogdad génère actuellement 30 millions Cfa par mois sur 7 mois soit 210 millions par saison, de novembre à mai.


Le Bou El Mogdad fait entrer 30 millions par mois dans la région
El Hadj Bou El Mogdad Seck (1826-1880), interprète-en-chef pendant vingt ans, traducteur de l’arabe auprès du gouvernement du Sénégal, ayant un attachement profond à l’islam, était conseiller auprès des gouverneurs de l’administration coloniale au Sénégal. C’était aussi un explorateur, et la vieille maison, aujourd’hui en ruines, où il aurait vécu et recevait les marabouts en provenance de Mauritanie se trouve non loin du quai Roume, à l’angle de l'ex rue Boufflers, aujourd'hui rue Doudou Seck Bou El Mogdad où justement accoste le bateau Bou El Mogdad qui porte son nom.
Longue de 52 mètres et large de 10, peinte en rouge et blanc, cette barge pouvant accueillir jusqu’à 80 passagers, a été fabriquée dans les années 50 et a sillonné le fleuve Sénégal pour les messageries du pays, mais également pour apporter des marchandises, composées surtout de riz, de sucre, de bois, de charbon, des légumes... «Il naviguait sur le fleuve Sénégal pour les messages, mais aussi a fait beaucoup de fret et de marchandises. Les élèves qui habitaient Podor venaient à l’école à Saint-Louis avec le Bateau. Lorsque, après sa longue absence, on a dû ouvrir le pont pour ramener le bateau à Saint-Louis, tout le monde était touché par le fait que le bateau revienne, il avait été construit pour le Sénégal et transportait 300 tonnes de marchandises et des passagers en annexe, avec quand même beaucoup de monde», explique Jean Jacques Bancal, l’un des nouveaux propriétaires et gérant du bateau.

Un bateau historique devenu touristique
Le bateau était tellement plein, dit-il, qu’on ne pouvait même pas décharger les marchandises : «C’était une autre époque, il n’y avait pas la route, c’était difficile, le fleuve était là, la voie de navigation qui allait au Mali et puis la route a remplacé petit à petit le fleuve et le bateau s’est arrêté, il a été garé pendant cinq ans sans rien faire, il allait couler», se souvient Mr Bancal. Et c’est là qu’un homme du nom de Console l’a racheté et ramené et a travaillé sur le fleuve Sénégal avant de buter sur un autre obstacle, celui du barrage de Diama et pendant sa construction, il ne pouvait plus naviguer, c’était en 1981.
«Après, il est parti en Sierra Léone et pendant la guerre de Sierra Léone, il était un peu en Casamance après il est resté dans le Saloum. J’ai été voir le propriétaire là-bas à qui j’ai demandé s’il pouvait le ramener à Saint-Louis parce que c’était notre bateau et il m’a dit de l’acheter», nous apprend l’un des gestionnaire du Bou El Mogdad. Et pendant cinq ans, Bancal raconte être allé le voir tous les deux mois pour trouver une entente. Et finalement, le Bou, comme on l’appelle, est revenu à Saint-Louis, il y a cinq ans, où il a fait l’objet de beaucoup de travaux, comme à Dakar.

Retapé à 100 millions, le Bou fait entrer environ 210 millions par saison
«Il a été transformé de bateau de transport en bateau de tourisme. Il travaillait avec Nouvelles frontières dans le Saloum et on a dépensé à peu près 100 millions pour le retapage à Dakar, et c’est une bonne chose, parce que le bateau appartient au fleuve Sénégal», fait savoir Jean Jacques Bancal. Il poursuit disant qu’«au début, Dagana, Podor était abandonné, tout allait vers la ville et depuis que le bateau est arrivé tout est rouvert vers le fleuve».
Et cet impact réel sur le plan économique crée petit à petit un commerce dont les recettes ne sont pas négligeables même si ce n’est pas un énorme bateau et donc pas une mine de phosphate. «Ca a développé une micro économie avec les artisans, les vendeurs de poulets, de légumes, de poissons, cela redynamise une partie de la vie du fleuve qui était oubliée. Environ 30 millions recettes générés par mois sur 7 mois, de novembre à mai. Cela reste une petite affaire, mais en plus de l’argent, il y a l’image de notre fleuve qui ré-existe», ajoute Jean Jacques Bancal. Selon lui, le Bou El Mogdad fait partie du patrimoine culturel de Saint-Louis, et fait en plus des croisières littéraires avec 80 écrivains invités entre Podor, Saint-Louis et Rufisque. Il accueille actuellement le festival du duo solo, des manifestations culturelles gratuitement, fait des croisières sur six jours, visite sur le parc de Djoudj, le barrage de Diama, Richard-Toll, Dagana et Podor en croisière.

Oumou Sidya DRAME


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