En 2025, le Mali a connu un blocus accentuant l'instabilité économique et sociale. Malgré la situation, la coopération bilatérale avec le Sénégal a été dynamique, marquée par une hausse de 15,3% des exportations pétrolières sur les 10 premiers mois de 2025 avec des augmentations spectaculaires de 94% et 105,6% en septembre et octobre.
La crise malienne s'est intensifiée en septembre 2025 avec le blocus stratégique annoncé sur les routes clés de l'Ouest malien, notamment dans les régions de Kayes et Nioro-du-Sahel. Ces zones constituent des points névralgiques pour le transit des marchandises vers Bamako via le port de Dakar.
Dans son rapport, la DPEE analyse les facteurs de résilience de la coopération face à la crise.
Les attaques répétées contre les camions-citernes et l'insécurité croissante menacent le corridor Dakar-Bamako, axe stratégique du commerce régional. Le Mali reste le premier client du Sénégal avec 26,5% de ses exportations totales en 2024, soit 802,8 milliards de FCFA.
Malgré les soubresauts sécuritaires, le commerce bilatéral affiche une certaine résilience avec un excédent commercial sénégalais de 660,7 milliards de FCFA à fin octobre 2025, bien qu'en dégradation de 11,7 milliards par rapport à 2024.
Si cette situation perdure, la diversification des corridors maliens vers d'autres ports (Nouakchott, Conakry, Lomé) risque de réduire les exportations sénégalaises de produits pétroliers, de ciment hydraulique et de produits alimentaires, impactant les cimenteries et l'activité de raffinage, ainsi que les milliers de chauffeurs routiers et commerçants des régions de transit.
Un déplacement massif de Maliens vers le Sénégal est anticipé, exerçant une pression considérable sur les infrastructures sociales déjà déficitaires des localités frontalières (Tambacounda, Bakel, Kédougou) dans les domaines de l'éducation, la santé, l'accès à l'eau et l'assainissement.
Dans les zones urbaines, particulièrement à Dakar, l'afflux de migrants va accroître la demande immobilière et fera grimper les prix des loyers déjà excessifs, selon la DPEE.
La pression sur le foncier risque également de générer des conflits entre autochtones et migrants, aggravant la dégradation des indicateurs sociaux.
"La porosité de la frontière sénégalo-malienne (plus de 400 km) augmente significativement le risque d'infiltration de terroristes via les flux de réfugiés. L'instabilité favorise la circulation d'armes légères, de drogues et de produits de contrebande qui alimentent l'économie criminelle au Sénégal", mentionne le document.
La résurgence de la migration irrégulière s'intensifie avec de nombreux jeunes maliens fuyant l'insécurité et le manque d'opportunités pour transiter par le Sénégal avant de tenter la traversée vers les Canaries depuis les côtes sénégalaises (Mbour, Saint-Louis, Cayar), transformant le pays en zone de transit majeure avec les risques de sécurité et de trafic humain associés.
MS/CSS/NDARINFO



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