Serigne Guèye Diop, ministre de l'Industrie et du Commerce, a présidé lundi à Diamniadio les travaux du projet de loi sur la promotion de l'industrialisation, annonçant un changement de dimension pour le Sénégal avec la création d'au moins 45 zones industrielles et un budget porté à 350 milliards de francs CFA.
"Nous allons, avec les agropoles, créer déjà 30 zones agro-industrielles sur l'ensemble du territoire", a déclaré le ministre. Cette ambition s'accompagne d'une hausse spectaculaire du budget alloué au secteur, passant de 50 milliards à 350 milliards de FCFA. Les appels d'offres ont déjà été lancés, a-t-il précisé.
Cette politique vise une meilleure répartition territoriale des infrastructures productives. "Chaque département du Sénégal aura sa propre zone industrielle", a assuré Serigne Guèye Diop. À ces 30 agropoles s'ajoutent les projets portés par l'APROSI, qui prévoit 10 zones industrielles dans le domaine du phosphate et de l'agroalimentaire, à Touba, Matam et sur l'ensemble du territoire.
Le ministre a souligné que le pays ne compte actuellement que trois zones économiques spéciales, situées à Diass, Diamniadio et Saint-Gérard, justifiant ainsi la nécessité d'un changement d'échelle pour faire de l'industrialisation "un levier central du développement économique et social".
L'autre pilier de cette stratégie repose sur le patriotisme économique. "Le Sénégal a une économie extravertie. Entre 46 et 50% de notre économie est entre les mains des étrangers", a reconnu le ministre, précisant toutefois qu'il ne s'agit pas d'un rejet de l'investissement étranger mais d'une recherche de partenariats plus équilibrés.
"On veut juste qu'il y ait un patriotisme économique. Cela veut dire que les gens qui viennent investir au Sénégal puissent s'associer avec des Sénégalais, avec l'État, pour que le pays puisse aussi en bénéficier", a-t-il expliqué.
Serigne Guèye Diop a identifié plusieurs défis structurels, notamment le manque de sites industriels dédiés et les difficultés de financement. "Pour l'industrie, ça coûte cher. On ne peut pas le laisser seulement au secteur privé. Il faut le financer, le subventionner et l'appuyer", a-t-il martelé, insistant également sur la nécessité de protéger les secteurs naissants.
MS/NDARINFO



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