NDARINFO : Votre mouvement tire la sonnette d'alarme dans une lettre ouverte adressée au Président de la République. Quel est votre constat sur l'ampleur actuelle de l'immigration clandestine et sur l'efficacité du dispositif mis en place, notamment le numéro vert annoncé après le chavirement de Mbour ?
Mamadou Lamine Diop : Depuis 2024, l'immigration clandestine a atteint un niveau particulièrement préoccupant. Ce fléau endeuille de nombreuses familles sénégalaises et coûte la vie à des milliers de jeunes qui constituent pourtant les forces vives indispensables au développement économique, social et culturel de notre pays. Chaque départ clandestin représente à la fois une tragédie humaine et une perte irréversible de compétences, d'énergie et d'espoir pour la Nation.
Après le tragique chavirement de Mbour, le Président avait annoncé la mise en place d'un numéro vert destiné à la dénonciation des réseaux d'immigration clandestine. Cette initiative avait suscité un réel espoir auprès des populations. Cependant, de nombreux acteurs et techniciens du secteur des pêches ont rapidement exprimé des réserves quant à la pertinence et à l'efficacité réelle de cette mesure. Le temps a malheureusement confirmé ses limites sur le terrain.
Il apparaît aujourd'hui clairement que le ministère de l'Intérieur, à lui seul, ne peut gérer efficacement un phénomène aussi complexe, transversal et enraciné dans des réalités économiques et sociales spécifiques. L'immigration clandestine ne peut être abordée uniquement sous l'angle sécuritaire. Elle est avant tout l'expression d'un malaise socio-économique profond, marqué par le manque d'emplois décents, l'absence de perspectives locales crédibles et la faible valorisation des potentialités économiques des territoires.
NDARINFO : Dans votre lettre, vous pointez du doigt la gouvernance du ministère des Pêches. Pourquoi ce département est-il si central dans la lutte contre l'immigration clandestine ? Et quels dysfonctionnements identifiez-vous concrètement ?
Mamadou Lamine Diop : L'immigration clandestine est étroitement liée au secteur de la pêche. Il faut le dire clairement : ce sont les capitaines de pirogues artisanales qui assurent la conduite des embarcations utilisées pour ces traversées dangereuses. Le carburant subventionné par l'État à travers le ministère des Pêches est parfois détourné de sa finalité initiale pour alimenter ces départs clandestins.
Il devient donc indispensable de revoir en profondeur ce dispositif, en associant pleinement le ministère des Pêches et de l'Économie maritime à la conception et à la mise en œuvre de solutions concrètes et opérationnelles. Une approche intégrée permettrait de transformer ce mécanisme en un véritable outil de lutte contre les réseaux criminels et de prévention des départs irréguliers, tout en renforçant la surveillance et la sécurité dans le secteur de la pêche.
Sans remettre en cause la vision portée par le Président de la République, il apparaît de plus en plus évident que la méthode de gouvernance actuelle du département en charge des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires pose un sérieux problème politique et stratégique. Un problème aussi sensible ne peut être géré durablement que par des responsables maîtrisant les réalités du terrain et disposant d'une expertise technique avérée.
Un secteur aussi vital pour la stabilité sociale et économique du pays ne peut être administré efficacement sans une réelle valorisation du capital humain, sans un dialogue structuré, permanent et inclusif avec les acteurs, sans un appui solide sur la science et l'expertise nationale, et sans le respect des équilibres sociaux et territoriaux. Il est essentiel de faire preuve de lucidité : toute incompétence dans la mise en œuvre des politiques sectorielles de notre coalition aura inévitablement des conséquences sur l'ensemble des camarades et sur la crédibilité même de notre projet politique.
NDARINFO : Au-delà du diagnostic, quelles solutions concrètes et rapidement applicables proposez-vous au gouvernement pour enrayer ce phénomène ? Et quel message adressez-vous directement à la jeunesse sénégalaise tentée par l'aventure ?
Mamadou Lamine Diop : Le secteur des pêches et de l'économie maritime constitue une solution concrète, accessible et rapidement mobilisable, en particulier dans les zones côtières qui concentrent l'essentiel des départs clandestins. La structuration de la pêche artisanale et la modernisation des outils de production sont susceptibles d'apporter des réponses durables et efficaces à ce phénomène.
Une impulsion politique forte, traduite par des orientations claires et des actions coordonnées entre les ministères concernés, Intérieur, Pêches, Économie maritime, permettrait d'apporter des réponses rapides et visibles sur le terrain, en parfaite cohérence avec les attentes légitimes des populations.
Nous appelons également à une évaluation politique et technique urgente de la gouvernance du secteur de la pêche. Force est de constater que les engagements politiques forts portés par notre projet commun peinent encore à se traduire en actions concrètes, visibles et mesurables sur le terrain.
À la jeunesse sénégalaise, nous disons ceci : votre pays a besoin de vous ici, maintenant. Vous êtes les forces vives de la Nation. La jeunesse n'attend plus des discours, mais des actes forts, courageux et cohérents avec les idéaux qui ont fondé le combat du Président Diomaye Faye. Lutter efficacement contre l'immigration clandestine, c'est sauver des vies humaines, préserver notre capital humain et garantir un avenir digne et prospère à notre pays.
Le Mouvement AND DEFAR SUNU GOX réaffirme son entière disponibilité à contribuer, aux côtés de l'État, à toute initiative allant dans le sens de solutions durables, inclusives et ancrées dans les réalités locales. Pour la jeunesse, pour la dignité, pour le Sénégal.
Propos recueillis par AMD
Mamadou Lamine Diop : Depuis 2024, l'immigration clandestine a atteint un niveau particulièrement préoccupant. Ce fléau endeuille de nombreuses familles sénégalaises et coûte la vie à des milliers de jeunes qui constituent pourtant les forces vives indispensables au développement économique, social et culturel de notre pays. Chaque départ clandestin représente à la fois une tragédie humaine et une perte irréversible de compétences, d'énergie et d'espoir pour la Nation.
Après le tragique chavirement de Mbour, le Président avait annoncé la mise en place d'un numéro vert destiné à la dénonciation des réseaux d'immigration clandestine. Cette initiative avait suscité un réel espoir auprès des populations. Cependant, de nombreux acteurs et techniciens du secteur des pêches ont rapidement exprimé des réserves quant à la pertinence et à l'efficacité réelle de cette mesure. Le temps a malheureusement confirmé ses limites sur le terrain.
Il apparaît aujourd'hui clairement que le ministère de l'Intérieur, à lui seul, ne peut gérer efficacement un phénomène aussi complexe, transversal et enraciné dans des réalités économiques et sociales spécifiques. L'immigration clandestine ne peut être abordée uniquement sous l'angle sécuritaire. Elle est avant tout l'expression d'un malaise socio-économique profond, marqué par le manque d'emplois décents, l'absence de perspectives locales crédibles et la faible valorisation des potentialités économiques des territoires.
NDARINFO : Dans votre lettre, vous pointez du doigt la gouvernance du ministère des Pêches. Pourquoi ce département est-il si central dans la lutte contre l'immigration clandestine ? Et quels dysfonctionnements identifiez-vous concrètement ?
Mamadou Lamine Diop : L'immigration clandestine est étroitement liée au secteur de la pêche. Il faut le dire clairement : ce sont les capitaines de pirogues artisanales qui assurent la conduite des embarcations utilisées pour ces traversées dangereuses. Le carburant subventionné par l'État à travers le ministère des Pêches est parfois détourné de sa finalité initiale pour alimenter ces départs clandestins.
Il devient donc indispensable de revoir en profondeur ce dispositif, en associant pleinement le ministère des Pêches et de l'Économie maritime à la conception et à la mise en œuvre de solutions concrètes et opérationnelles. Une approche intégrée permettrait de transformer ce mécanisme en un véritable outil de lutte contre les réseaux criminels et de prévention des départs irréguliers, tout en renforçant la surveillance et la sécurité dans le secteur de la pêche.
Sans remettre en cause la vision portée par le Président de la République, il apparaît de plus en plus évident que la méthode de gouvernance actuelle du département en charge des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires pose un sérieux problème politique et stratégique. Un problème aussi sensible ne peut être géré durablement que par des responsables maîtrisant les réalités du terrain et disposant d'une expertise technique avérée.
Un secteur aussi vital pour la stabilité sociale et économique du pays ne peut être administré efficacement sans une réelle valorisation du capital humain, sans un dialogue structuré, permanent et inclusif avec les acteurs, sans un appui solide sur la science et l'expertise nationale, et sans le respect des équilibres sociaux et territoriaux. Il est essentiel de faire preuve de lucidité : toute incompétence dans la mise en œuvre des politiques sectorielles de notre coalition aura inévitablement des conséquences sur l'ensemble des camarades et sur la crédibilité même de notre projet politique.
NDARINFO : Au-delà du diagnostic, quelles solutions concrètes et rapidement applicables proposez-vous au gouvernement pour enrayer ce phénomène ? Et quel message adressez-vous directement à la jeunesse sénégalaise tentée par l'aventure ?
Mamadou Lamine Diop : Le secteur des pêches et de l'économie maritime constitue une solution concrète, accessible et rapidement mobilisable, en particulier dans les zones côtières qui concentrent l'essentiel des départs clandestins. La structuration de la pêche artisanale et la modernisation des outils de production sont susceptibles d'apporter des réponses durables et efficaces à ce phénomène.
Une impulsion politique forte, traduite par des orientations claires et des actions coordonnées entre les ministères concernés, Intérieur, Pêches, Économie maritime, permettrait d'apporter des réponses rapides et visibles sur le terrain, en parfaite cohérence avec les attentes légitimes des populations.
Nous appelons également à une évaluation politique et technique urgente de la gouvernance du secteur de la pêche. Force est de constater que les engagements politiques forts portés par notre projet commun peinent encore à se traduire en actions concrètes, visibles et mesurables sur le terrain.
À la jeunesse sénégalaise, nous disons ceci : votre pays a besoin de vous ici, maintenant. Vous êtes les forces vives de la Nation. La jeunesse n'attend plus des discours, mais des actes forts, courageux et cohérents avec les idéaux qui ont fondé le combat du Président Diomaye Faye. Lutter efficacement contre l'immigration clandestine, c'est sauver des vies humaines, préserver notre capital humain et garantir un avenir digne et prospère à notre pays.
Le Mouvement AND DEFAR SUNU GOX réaffirme son entière disponibilité à contribuer, aux côtés de l'État, à toute initiative allant dans le sens de solutions durables, inclusives et ancrées dans les réalités locales. Pour la jeunesse, pour la dignité, pour le Sénégal.
Propos recueillis par AMD



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