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Un chercheur souligne l’importance du patrimoine national de poèmes soufis

Mardi 6 Juin 2017

Le Sénégal peut se prévaloir d’un patrimoine culturel important en termes de poèmes soufis, "une production en qualité et en quantité" qui a fortement influé sur le quotidien du pays, a souligné, lundi, à Dakar, l’universitaire Djim Dramé.
 
"Il existe au Sénégal, comme le confirme les données scientifiques, une production en quantité et en qualité des poèmes soufis", a-t-il dit en introduisant le thème "Naissance et évolution de la poésie soufi : l’exemple sénégalais".
 
Ce patrimoine culturel islamique "riche et important" en termes de poésie soufie, est "un legs des fondateurs des foyers arabisants au Sénégal, ainsi que leurs disciples", a expliqué M. Dramé, chercheur à l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).
 
Selon Djim Dramé, ce patrimoine s’est développé avec la naissance des centres d’enseignements arabo-islamique à travers le Sénégal, l’évolution des poèmes soufis imprimant "une forte influence" sur la vie quotidienne, à travers chants, zikr, bourdes et les rencontres islamiques en général.
 
Il a souligné le rôle de "quelques grands centres soufis" dont les fondateurs ont contribué au développement du soufisme au Sénégal, M. Djim Dramé a évoqué Pire, Coki, Saint-Louis, Thiès, Sokone, Louga, etc. 
 
Le chercheur a également évoqué la part de quelques poètes connus dont El Hadji Oumar Tall, Serigne Babacar Sy, El Hadji Abass Sall, Mamadou Lamine Diop "Dagana », Cheikh Moussa Ka, etc.
 
Le poème soufi, expression d’un "sentiment profond sincère par lequel le poète soufi essaie d’extérioriser et de mettre en exergue des objectifs précis, vise à demander pardon, à conseiller, à honorer Allah, à socialiser, entre autres", a expliqué Djim Dramé. 
 
Il a aussi "un objectif pédagogique", en ce qu’il représente "un instrument de reconstitution social", a ajouté l’universitaire, précisant que le poème soufi "peut être de type religieux, provocateur, réformateur, polémique". 
 
"A travers le style, le ton ou la musicalité du poème, souligne le professeur Dramé, on peut reconnaitre l’appartenance confrérique, religieuse, ethnique, social du chanteur", a-t-il indiqué.
 
Le même constat s’impose en Algérie, par exemple, selon l’Américain Tamara Turner, répondant du professeur Dramé lors de cet échange sur "la naissance et l’évolution de la poésie soufi au Sénégal". 
 
"La musique sénégalaise a beaucoup utilisé les poèmes soufies", fait de son côté observer le professeur Ibrahima Wane de la faculté de Lettres de l’UCAD. 
"La musique sénégalaise, au moment où elle était à la fois et de sonorité et de sens, s’est beaucoup penché sur le wolofal qui devient à la fois une source et une ressource", a noté le professeur Wane.
 
Il cite Youssou Ndour, Fallou Dieng le défunt Ndiaga Mbaye, entre autres artistes parmi les chanteurs sénégalais ayant exploité les poèmes de Serigne Moussa Ka, par exemple.
 
Selon lui, "ces poèmes ont été un trait d’union entre la musique populaire profane et celle religieuse".

APS