La justice française a examiné mardi le sort du journaliste sénégalais Madiambal Diagne, visé par une demande d'extradition de Dakar. L'audience, qui s'est tenue devant la Chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Versailles dans une atmosphère électrique, marque un tournant dans ce dossier judiciaire aux fortes résonances politiques entre la France et le Sénégal.
Madiambal Diagne est sous le coup d'un mandat d'arrêt international pour des faits présumés de détournement de deniers publics et de blanchiment de capitaux, suite à une enquête du Pool judiciaire financier basée sur un rapport de la Centif. Si le Parquet général français a requis un avis favorable à son renvoi vers le Sénégal, la défense a vigoureusement riposté en invoquant des vices de forme majeurs.
Mes William Bourdon et Vincent Brengarth ont notamment soulevé une violation de la Convention bilatérale de 1974, arguant que la demande aurait dû être signée par le gouvernement sénégalais et non par un simple juge d'instruction.
Au-delà des aspects techniques, les avocats dénoncent une « vendetta politique » visant un proche de l'ancien président Macky Sall, critique envers le régime actuel. Ils ont également alerté la Cour sur les risques de traitements inhumains en cas de transfert, s'appuyant sur des rapports de l'ONU et d'Amnesty International concernant les conditions de détention au Sénégal. La décision a été mise en délibéré au 3 mars prochain.
MS/NDARINFO



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