Connectez-vous
NDARINFO.COM

Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte

Acteurs communautaires, reprenez le pouvoir

Mercredi 20 Décembre 2023

Acteurs communautaires, reprenez le pouvoir
Chaque jour nous nous indignons que les initiatives à la base (Guindi Ndaw yi pour accompagner les jeunes par exemple) portées par des acteurs communautaires dans le champ de l’intérêt général se voient mépriser par les autorités publiques qui n’apportent ni soutien ni encouragement.

Or, ces organisations de base qui se suppléent à l’Etat dans les terroirs assument des fonctions clés de l’Etat. Pourquoi donc, ce mépris par nos autorités publiques ?

Plus qu’un cas isolé, c’est la réalité de l’Etat tel qu’il est compris par ces acteurs du système public d’esprit colonial. En effet, depuis 1960 ils nous ont soumis à un système de gouvernance hyper centralisé et biaisé vers le secteur public, où les fonctions de l’Etat pourtant supportées par ailleurs sont exclusivement gérées par les agents publics qui à travers le budget national s’accaparent tous les avantages et privilèges. L’espace public de l'Etat s’est ainsi transformé en espace à enjeux d’enrichissement et d’opportunisme. Ce qui fait que coexistent richesse d’une minorité d’acteurs publics, pauvreté de masse et désespoir d’une jeunesse.

L’engagement citoyen, l’esprit patriotique et le « commun vouloir de vivre en commun » se sont dangereusement érodés.

Plaidons autant que nous voulons, il en sera ainsi puisque  dans leur esprit l’Etat ne renvoie qu’aux acteurs publics.

La seule et unique solution est de modifier le paradigme en donnant du pouvoir (politique, économique) aux acteurs à la base et ainsi déplacer du niveau central et public vers les terroirs, les centres d’enjeu, de pouvoir et de réussite repositionnant l’engagement citoyen à la base.

Les incitations et la passion autour de l’engagement pour la patrie devront se situer au niveau des terroirs.

A la place d’agents publics enrichis, il nous faut plutôt des acteurs communautaires rémunérés sur le budget de l’État en contrepartie de leurs efforts au service de l'intérêt général. Une véritable politique de soutien aux initiatives à la base devra être érigée. Les associations qui se suppléent à l’Etat au niveau des quartiers et villages seront financés et leurs administrateurs rémunérés à la hauteur de leur engagement public. Ce sera ainsi l’ère du service public de l’Etat co-géré.

Ce qui fera de l’Etat non pas « l’Etat des seuls agents publics » mais l'addition des capacités de tous autour de l’intérêt général et l’égal accès aux avantages et privilèges.

Mamadou MBAYE
Coordonnateur PRP Saint Louis
 


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Merci d'éviter les injures, les insultes et les attaques personnelles. Soyons courtois et respectueux et posons un dialogue positif, franc et fructueux. Les commentaires injurieux seront automatiquement bloqués. Merci d'éviter les trafics d'identité. Les messages des faiseurs de fraude sont immédiatement supprimés.