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Des SDF envahissent les rues et lieux symboles de Saint-Louis

Vendredi 7 Mai 2021

Le phénomène des Sans domicile fixe (SDF) prend de l'ampleur dans la ville de Saint-Louis. Ces gens qui n'ont pas de maison où loger, envahissent et squattent avenues et trottoirs de la vieille ville. Ils occupent particulièrement les abords de l'Hôtel de ville. PressAfrik est allé à la rencontre de ces reclus de la société.


Sans domicile fixe, sans-abri, grand exclu, gens de rien, clochard, vagabond, indigent, mendiant, nomade, marginal, personne sans chez-soi... Les appellations ne manquent pas pour qualifier ceux qui n'ont pas de famille ou de toit pour les accueillir.

Vendredi 30 avril, il est 22 heures. A quelques mètres de l'entrée du Pont Faidherbe, la température affiche un 16 degré. Une dizaine de personnes est éparpillée, couchée sur les bancs et trottoirs. Ils n'ont pas droit à la chaleur des maisons familiales. Ils sont, soit des étrangers venus de la sous-région, soit de jeunes gens expulsés de leurs familles par des parents ou d'autres qui ont perdu tout espoir dans cette vie.
 
    "Je n'ai pas de famille"

À la descente du pont Faidherbe en face du marché Ousmane Ndiaye, le spectacle est incroyable en cette nuit. Couché, le corps recouvert avec d’un drap troué, la tête posée sur ses chaussures en guise de coussin, Babacar Bâ est d'origine guinéenne. Il dort à même l'asphalte, à quelques mètres de la descente du jardin qui jouxte le pont. Faute de maison d'accueil ou de moyen pour se payer une chambre, il vient se coucher souvent à cet endroit ou à un autre.

Parmi la dizaine de personnes couchée en face du fleuve qui coule sous le pont Faidherbe, il y a également Samba Dia. De teint clair, vêtu d’un blouson gris, le visage fatigué, il accepte de nous raconter son expérience de SDF. Parlant de son quotidien, il affirme qu'il passe ses journées entre les marchés « Tégne djiguéne et Ousmane Ndiaye », pour travailler en transportant des sacs de légumes sur la tête, afin de s’acheter quoi manger. Parfois, il fait la manche. "Je n'ai pas de famille. Raison pour laquelle je dors dans les rues", dit-il avec dédain avant de retourner se coucher.
 

     "Mon père m’a dit de laisser l’alcool, ou de ne plus mettre le pied chez lui"


Visage fin, veste en jean très sale, pantalon noir "assortis" de baskets qui ne se ressemblent pas, Adama Ndiaye (nom d’emprunt) âgé de la trentaine, dort depuis deux mois sur ce trottoir. A contrario de Samba Dia, lui a une famille dans cette ville. Mais il a honte de rentrer chez lui à cause d’une dispute avec son père. Son problème, c'est l'alcool. « La dernière fois que je suis rentré chez moi, j’avais bu. J’ai trouvé mon père sur un banc en train d’égrener son chapelet. Lorsqu’il m’a vu, il s’est fâché et m'a crié dessus. Étant saoul, je l’ai insulté. Ce qui a créé un boucan à la maison. Finalement, mon père m’a dit de laisser la boisson (alcool) ou de ne plus mettre le pied chez lui. Depuis, je n’y suis pas retourné », raconte-t-il.

Devenu accro à la boisson, il a choisi de vivre dans les rues de la ville où les bars et les restaurants sont selon lui plus accessibles pour satisfaire son envie de boire.

Un peu plus loin, après avoir arpenté le célèbre Pont Faidherbe, les abords de Hôtel de ville de Saint-Louis offrent le même spectacle.

Comme beaucoup de leurs camarades SDF qui peuplent nuits et jours les alentours de la mairie de Saint-Louis, Adama Ndiaye explique pourquoi il préfère dormir dans les rues. « Afin de ne plus avoir à m’expliquer ou à me cacher pour boire, je préfère dormir dans la rue et être "libre", de toute pression familiale et sociale », confie-t-il.

Livrer à eux-mêmes, les sans-abris deviennent de fervents adeptes de l'alcool pour noyer leurs problèmes ou réchauffer leur organisme face au froid. « En cette période de froid, je bois plus d’alcool qu’en temps normal pour me tenir au chaud. Je n’ai pas le choix si je veux tenir face au froid dans la rue », confesse-t-il.

Livrés à eux-mêmes les SDF sont des marginaux vivant dans la précarité et dont la plupart ont un penchant pour d’alcool.

Malgré la mobilisation des populations vivant aux alentours des lieux squattés par les SDF, le problème n’est pas résolu. Souleymane Boye, habitant du quartier Nord essaie d'abord d'expliquer le phénomène. « Nous savons que la situation, le parcours social sont des déterminants majeurs de la santé des individus en général, et donc par voie de conséquence des sans-abris. Ces individus, qui se retrouvent à un moment donné de leur vie, dans une situation de grande précarité, ont en commun dès l’enfance des histoires familiales extrêmement perturbées », souligne-t-il.

C’est une situation à laquelle il faut remédier selon lui.  « On doit, soit les ramener à leurs familles, soit les prendre en charge. Mais on ne doit pas les laisser comme ça à trainer dans la ville agressant parfois les gens. Nous sommes typiquement en présence d’un cercle vicieux », dit-il.

Les condamnations pour délit de vagabondage demeurent légères


Le Code pénal du Sénégal consacre toute une section au délit de vagabondage et de mendicité et considère les vagabonds comme « …des gens sans aveu…qui n'ont ni domicile certain, ni moyens de subsistance, et qui n'exercent habituellement ni métier, ni profession ». Néanmoins, les condamnations pour délit de mendicité et/ou de vagabondage demeurent trop légères pour décourager le phénomène des SDF. Dans le dernier rapport d’activités annuel publié par la Direction de l’Administration pénitentiaire, on constate que sur les 36 028 personnes incarcérées au cours de l’année 2014, seules 1. 98 % sont détenus pour vagabondage et mendicité.

Aussi, des politiques de réinsertions ne sont pas mises en place par l'Etat pour réinclure ces gens dans la société. En les dotant de logements décents temporaires. En attendant que leur situation s'améliore.

PRESSAFRIK
 


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1.Posté par Lamine le 07/05/2021 10:39 | Alerter
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Enfin, le vrai débat sur les enfants qui trainent dans la rue. la situation est devenue ingérable a Saint Louis. Des milliers d'enfants qui trainent à longueur de la journée sans aucune éducation ni formation. Pour paraphraser l'autre "dis moi quelle jeunesse tu as, je te dirai quelle peule tu seras"

2.Posté par Xunxunöor le 07/05/2021 14:36 | Alerter
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Les enfants talibés n'y sont pour rien. Ce sont des victimes. C'est à la tête qu'il faut s'attaquer. Ces serignes daaras, esclavagistes des temps modernes, qui les font venir de leurs régions natales, qui les font mendier dans des conditions inhumaines, et qui sont en train de bâtir des immeubles...le tout sous le nez de l'Etat.

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