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Hôpital de Saint-Louis : « Sur mes 11 gardes, il y a eu 4 à 5 décès de bébés ( …) Il n’y avait rien pour les ventiler », témoigne une stagiaire française.

Vendredi 24 Février 2017

Élève sage-femme en quatrième année, à l’Institut Gernez-Rieux de Lille, Océane Lamblin est partie du 4 au 29 janvier au Sénégal. À la maternité de Saint-Louis, la jeune Quesnoysienne de 21 ans a découvert une autre culture et des conditions de travail parfois très rudes. De quoi nourrir son expérience.


Hôpital de Saint-Louis : « Sur mes 11 gardes, il y a eu 4 à 5 décès de bébés ( …)  Il n’y avait rien pour les ventiler », témoigne une stagiaire française.
À 21 ans, Océane a une furieuse envie de découvrir le monde. Sage-femme, c’est une profession vers laquelle elle s’est tournée pour le côté «  humain  » du métier. Aujourd’hui étudiante en quatrième année (sur cinq), la Quesnoysienne ne regrette pas : «  On s’occupe des femmes, c’est important  », glisse-t-elle. Et si Océane est partie à l’hôpital Saint-Louis du Sénégal, du 4 au 29 janvier, ça ne doit rien au hasard.

«  J’ai toujours voulu faire de l’humanitaire, aider les autres. Me sentir utile, c’est important  », ajoute la jeune fille. L’institut où elle étudie donnait la possibilité de réaliser un stage à l’endroit de son choix, Océane Lamblin a saisi l’occasion pour partir au Sénégal avec trois autres étudiantes.

Le groupe s’est rapproché de l’association AMIS, qui a l’habitude d’envoyer infirmières et sages-femmes à Saint-Louis du Sénégal, ville jumelée avec la capitale des Flandres.

À la maternité de Saint-Louis, Océane et ses amies ont vite été mises dans le bain. «  On a été accueillies par la maîtresse, la cadre de santé, et on a enchaîné des gardes de 16 h. En France, c’est 12 h !  », raconte la Quesnoysienne. Mais ça n’a pas été la seule surprise et l’étudiante a pu développer son sens «  clinique  », dans un établissement pauvre en matériel qui enregistre pourtant 5 000 accouchements par an, «  c’est plus que Jeanne de Flandre  ».

«  Il n’y avait rien pour ventiler les bébés, il fallait faire avec les moyens du bord  », ajoute Océane qui a découvert que les mamans doivent acheter le matériel, y compris pour les prises de sang, avant leur accouchement. Il y a eu aussi des scènes très dures à vivre, comme le décès d’une femme qui venait d’un village et n’a pas supporté le voyage jusqu’à la maternité. «  Sur mes 11 gardes, il y a eu 4 à 5 décès de bébés  », soupire-t-elle.

Au Sénégal, Océane a pu effectuer des gestes qu’elle n’aurait jamais pu faire en France. Elle revient forte d’une expérience professionnelle et humaine intense. Et avec l’envie de repartir, une fois diplômée, avec Gynécologues sans frontières, par exemple.
 
 

Océane Lamblin. Source photo: Lavoixdunord.fr
Océane Lamblin. Source photo: Lavoixdunord.fr
Source: lavoixdunord.fr