Fama Sarr, présidente de l'union locale des femmes transformatrices, mareyeuses et micro-mareyeuses de Saint-Louis, a dressé un constat alarmant. "Sous la Langue de Barbarie, il y a 1 254 femmes qui s'activent dans le secteur de la transformation de produits halieutiques. Mais si vous entrez dans les sites de transformation, vous voyez qu'il y a beaucoup de femmes qui sont passées au chômage", a-t-elle déclaré.
Selon elle, la cause est "le manque de matières premières dû aux installations posées par les multinationales, avec le projet GTA, la réduction des zones de pêche". Elle a évoqué "l'implantation des navires pour permettre à ces pêcheurs de ne pas accéder dans ces zones". Le quai de pêche, habituellement très actif en mars, apparaît désormais "très sec", a-t-elle affirmé.
La présidente a précisé que le produit actuellement disponible "vient de la Mauritanie" grâce aux licences de pêche entre les deux pays, mais que les pêcheurs locaux "ne sont pas capables d'aller pêcher dans ces zones".
Aby Dia, vice-présidente de l'ONG Lumière Synergie pour le Développement (LSD), a expliqué que l'organisation soutient "les communautés affectées par le projet GTA depuis 2021, avec un accent fort sur les femmes".
La célébration a réuni plusieurs communautés de femmes affectées par divers projets d'infrastructure : celles du Delta du Saloum, celles impactées par le Train Express Régional, par la centrale à charbon de Sendou, ainsi que celles de la Langue de Barbarie.
"Nous avons constaté que ces grands projets souvent ne prennent pas en compte la préoccupation des femmes qui occupent une place centrale dans la société", a affirmé Aby Dia. Elle a souligné que cette journée n'est "pas du folklore, mais une journée d'analyse, de diagnostic, pour voir comment amener des compensations et de nouvelles idées".



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