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L'impunité au Sénégal: l'un des plus importants défis du nouveau régime.

Mercredi 2 Mai 2012

L'impunité au Sénégal: l'un des plus importants défis du nouveau régime.
Le nouveau président de la république du Sénégal Macky sall avait, durant la campagne promis de mettre fin à l’impunité qui règne au sein de la société sénégalaise poussant ainsi n’importe qui à faire n’importe quoi. Il avait promis d’en faire une affaire personnelle et les évènements de ces derniers jours semblent en être un exemple vu sa position par rapport à l’affaire Béthio Thioune et les meurtres commis à l’intérieur de sa maison.

Tout le monde sait qu’au Sénégal, les chefs religieux sont très puissants et ont un pouvoir inquiétant sur le gouvernement et l’ancien président Abdoulaye Wade avait donné à ces derniers une force extraordinaire et une place trop importante dans la République. Cheikh Béthio Thioune faisait partie de ceux qui bénéficiaient de ces privilèges de l’ancien régime. Ce qui lui a incité à appeler ses disciples à voter massivement pour son candidat, ce qui du fait des résultats des élections, semble tomber dans l’oreille d’un sourd. Celui qui clamait avoir plus de 12 millions de talibés sénégalais a meme selon certains indiscrets.crets diminuer l’électorat de Wade au second tour. Comme on le sait, la justice, dans un Etat de droit comme le Sénégal, qui se respecte, ne doit pas se faire à la tête du client.


Avant d’être un guide religieux, Cheikh Béthio est d’abord et avant tout, un Sénégalais soumis aux mêmes lois et règlements que les autres citoyens du pays. Mais le Cheikh comme l’appellent ses inconditionnels s’est senti visé lorsque Macky SALL, a osé en pleine campagne électorale déclaré que « les chefs religieux sont des citoyens normaux et seront traités comme tel ». Il lui a de ce fait déclaré la « guerre » allant meme jusqu’à battre à la place d’Abdoulaye Wade car pensant qu’il pouvait le réélire de gré ou de force. Cheikh Béthio se prend pour Dieu ou quoi ? S’offusquent certains sénégalais. Le Sénégal est un Etat laïc et la toute- puissance des chefs religieux n’est d’ailleurs pas compatible avec les valeurs républicaines. C’est dire que le statut de Béthio ne l’exonère pas de son éventuelle responsabilité pénale. Force doit rester à la loi.


Pourvu donc que l’accusé ait les moyens de présenter sa défense comme il se doit et que les autorités judiciaires en charge du dossier disent le droit et rien que le droit. Cela aussi est capital et il y va même de la crédibilité de la justice sénégalaise, mais aussi des nouvelles autorités politiques du pays. En attendant la suite de l’affaire, on peut dire d’ores et déjà que c’est un signal fort que Macky Sall donne à la société sénégalaise. Il n’est pas certain que sous Wade, au regard des accointances de l’ancien président avec les guides religieux et notamment Béthio, cette affaire aurait connu le même traitement.

Ces victimes présumées seraient, peut-être, d’une manière ou d’une autre, passées par pertes et profits. Il est nécessaire que le Sénégal se donne les moyens de contenir ces guides religieux dans leur rôle spirituel. Certes, il est illusoire de vouloir éviter dans un Etat, que des chefs religieux aient une quelconque influence sur la société et sa politique. Mais, la pratique qui consiste à ce qu’un chef religieux se croit investi du pouvoir de régenter selon ses humeurs et ses calculs, souvent égoïstes, les votes de ses sujets ou de ses disciples dans un Etat de droit, pose énormément problème. Et comme on a coutume de le dire, «le bon maçon se voit au pied du mur». A Macky Sall et son équipe de prouver leur détermination à relever ces défis en conférant, au quotidien, un visage à leurs promesses de campagne. En tout état de cause, en annonçant qu’elles n’interféreront pas dans le travail de la justice dans cette affaire Béthio, les nouvelles autorités sénégalaises sont sur la bonne voie de la lutte contre l’impunité et pour l’égalité de tous les citoyens devant la loi.

Source : Slateafrique.com