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Lutte contre la dégradation du couvert végétal sur la Langue de Barbarie: l’utilisation des fourneaux solaires comme alternative.

Dimanche 20 Septembre 2015

Créé en 1976 sur un écosystème intercotidal fragile pour assurer la protection des sites de pontes des tortues marines et des sites de reproduction des colonies d'oiseaux migrateurs, le parc national de la Langue de Barbarie est aujourd'hui en train de subir d'importantes mutations causées entre autres par les pressions anthropiques. Ainsi, pour réduire les conséquences de la dégradation du milieu, les populations sont impliquées dans la gestion des ressources naturelles et de leur cadre de vie.


Sous ce rapport, leur participation est orientée dans divers domaines (reboisement, nettoiement, aménagement, sensibilisation, surveillance, suivi écologique). Le processus évolue et cette année, l'organisation de visites d'échanges dans d'autres aires protégées a été identifiée comme un moyen efficace pour renforcer leurs capacités et rehausser leur motivation.

C'est ainsi qu'un groupe de représentants des organisations féminines de base des villages périphériques du parc de la Langue de Barbarie, a été convié le 22 mai 2010 à des échanges avec les organisations locales du parc de Djoudj.

Ce qui a permis à la délégation de la Langue de Barbarie de visiter les foyers améliorés du Djoudj et les différents types de fours solaires fabriqués et utilisés à Djoudj par les populations grâce à l'ONG belge "Sol Suffit".

L'utilisation de ces fours solaires, a rappelé Diouneydi Gaye, coordonnateur national de ce projet, a intéressé les invités de la Langue de Barbarie, résolument engagés à apporter les solutions les plus adéquates aux problèmes liés à la raréfaction du bois de chauffe. Des questions assez pertinentes relatives à l'efficacité et à l'accessibilité (disponibilité et coût) du produit, ont été posées. En guise de réponses, il a été retenu que les fours les plus modestes, fabriqués par le comité inter villageois du Djoudj, sont à la portée de tous.

Récemment, au village de Mouit, sur la Langue de Barbarie, les experts de "Sol Suffit", comme convenu, ont expliqué aux populations toutes les techniques de fabrication et d'utilisation de ces fours solaires, en insistant particulièrement sur la possibilité pour les grandes familles d'avoir de grands fours qui fonctionnent avec des paraboles.

Le problème soulevé par les femmes de Mouit, par la voix de Fatou Khole, présidente du GIE "Takku liggey", est lié à la cherté de ces grands fours solaires qui coûtent prés de 35.000 CFA, l'unité, contrairement aux petits fours en papier alluminium qui sont cédés à 2000F.

Le conservateur de la Langue de Barbarie, le lieutenant Mallé Gueye, s'est réjoui de l'introduction de ces fours solaires dans sa localité, estimant que c'est un moyen de lutte relativement efficace contre la déforestation.
M. Gueye a rappelé que la dégradation avancée du couvert végétal particulièrement aux alentours de ce parc, rend difficile l’approvisionnement des populations en bois de chauffe au moment où le pétrole et le gaz coûtent de plus en plus cher.

Ainsi, dans un souci de préserver et de pérenniser les ressources naturelles de la zone, Mallé Gueye a bien apprécié cette initiation des populations à l'utilisation de l’énergie solaire pour la cuisson des aliments.

Quant au coordonnateur du projet, Diouneydi Gaye, il a souligné que ce projet, mis en œuvre dans un premier temps à Djoudj avec l’appui de « SOL SUFFIT », leur permettra de mettre définitivement un terme à la coupe abusive des arbres et à l’exploitation anarchique du bois de chauffe.

Ces fours, a-t-il précisé, sont fabriqués sur place avec des lots de carton et de rouleaux de papier aluminium commandés respectivement à Dakar et en Belgique.

Il a rappelé que ce projet d’introduction des fours solaires à Djoudj est né d’une initiative de quelques touristes belges qui, lors de leur séjour en 2008 dans cette localité, s’étaient rendu compte que les échantillons de fours solaires en carton aluminium qu’ils utilisaient pour préparer en un temps record leur repas, pouvaient permettre aux populations de ne plus dépendre du charbon de bois pour cuisiner.

Sans perdre du temps, ils ont appris aux populations à utiliser ces petits fours en papier aluminium accompagnées de petites marmites (en aluminium aussi) repeintes en noir pour mieux attirer la chaleur.

Après avoir adhéré massivement à ce projet, les populations se bousculent toujours à Djoudj, au niveau du campement touristique, pour acquérir ces fours solaires moyennant 2000F la pièce.

L’un des responsables de « SOL SUFFIT », M. Herman, comme il l'avait fait à Djoudj, a encore invité le gouvernement sénégalais à revoir à la baisse les taxes d’importation du matériel (papier aluminium et autres accessoires) dont les populations ont besoin pour la fabrication locale de ces fours.

Mbagnick Kharachi Diagne


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