Le 21 janvier 2026 marquera le trentième anniversaire de la disparition du Médecin-Colonel Lamine CISSE, figure monumentale de la santé militaire, humaniste exemplaire, bâtisseur et pionnier.
Baay Laamine pour sa famille, Madior pour ses frères d’armes, demeure dans le cœur de ceux qui l’ont connu comme un homme d’une élévation rare, doué d’une bonté profonde et d’un sens du devoir absolu.
Né le 16 mars 1940 à Saint-Louis, il grandit entre le dynamisme culturel de sa ville natale et l’atmosphère chaleureuse de Ndande, où son père Laba, Moukhadam tidjane, exercait ses activités de commerce. C’est dans cette enfance profondément enracinée dans les valeurs de solidarité, de respect et d’attachement à la religion qu’il développa son humanisme.
Très jeune, il aimait fredonner, avec ses sœurs et cousins, les hymnes dédiés à Raoul Follereau, figure mondiale de la lutte contre la lèpre et des actions en faveur des délaissés. Cette fascination révèle une sensibilité déjà tourné vers les plus vulnérables, vers ceux qu’on regarde rarement, et souvent trop tard.
Influencé par cette fibre humanitaire, il s’orienta vers la dermatologie. Il faut rappeler qu’au XXᵉ siècle, les grandes batailles médicales touchant la lèpre, la gale, les dermatoses, et d’autres affections souvent stigmatisées étaient au cœur du champ d’action des dermatologues. Devenir dermatologue, à cette époque, c’était choisir de soigner les invisibles, les marginalisés, les patients qu’on préférait cacher.
Choisir cette voie revenait, pour Madior, à être fidèle à une mission morale : redonner dignité, toucher l’intouchable, soigner là où beaucoup ne voulaient pas aller. Cette dimension humanitaire fut au cœur de sa carrière.
Après ses brillantes études à Santé navale-Bordeaux et son internat au Val-de-Grâce, il revint au Sénégal, servant dans des contextes difficiles, en Casamance pendant la guerre d’indépendance de la Guinée Bissau, Saint-Louis, la léproserie de Dakar, puis l’Hôpital Principal où il marqua durablement patients et collègues.
Il représenta également le Sénégal dans les opérations internationales, notamment au Sinaï, sous mandat des Nations Unies.
Premier commandant sénégalais de l’École Militaire de Santé (1980–1989), il fit de cette institution un modèle de rigueur et d’excellence. En 1981, le Président Abdou Diouf ; en dépit de ses charges à l’école militaire de santé et à l’hôpital principal ; fit de lui son médecin personnel, impressionné par son intégrité et surtout sa discrétion.
Malgré un environnement très conservateur, il se battit pour ouvrir les portes de l’armée aux femmes. Grâce à son engagement et sa proximité d’avec le Président de la République, la loi de 1982 qui autorise l’admission des filles à l’École Militaire de Santé est mise en application. Même si ses œuvres semblent ne pas être reconnues à sa valeur, l’histoire lui rend hommage à travers les prouesses médicales de la Médecin-Colonel Youanidou WANE ; mais aussi de la consécration de Fatou FALL, la première femme Général de l’armée sénégalaise, issue du corps de santé.
Directeur de l’Ecole Militaire de Santé, Inspecteur général des Forces armées, médecin personnel du Président de la République ; rien ne modifia son rapport aux gens. Il continuait inlassablement à consulter à l’hôpital principal, au pavillon Pelletier et recevait gratuitement ses voisins dans son domicile des HLM, allant jusqu’à payer leurs médicaments lui-même. Sa simplicité, son sourire, son élégance naturelle faisaient de lui un homme respecté, mais surtout aimé.
Lors de la cérémonie de levée du corps, un moment particulièrement fort marqua les esprits.
El Hadj Abdoul Aziz SY, Khalife général des Tidianes, prit la parole pour lui rendre hommage, et ses mots résonnent encore aujourd’hui :
« C’était un homme d’un humanisme exceptionnel, un homme de Dieu au service de l’homme. Sa bonté, sa pudeur et sa dignité l’élevaient bien au-dessus de son rang. »
Feu l’Imam Baba TOURE de la grande mosquée de Castors lui offrit son linceul personnel ; il le rejoignit quelques mois après.
Au-delà de l’officier, au-delà du médecin du Président, ses proches se rappellent un homme profondément attaché aux siens. Malgré son rang, il restait d’une disponibilité et d’une simplicité étonnantes. À chaque descente à Guet Ndar, son visage s’illuminait. Il retrouvait ses cousins, ravivait ses souvenirs d’enfance, et riait avec eux entre deux mbaar, ces espaces traditionnels où se mêlent discussions professionnelles, jeux d’adresse et convivialité.
On raconte qu’il redevenait, le temps d’un après-midi, il devenait Baay Laamine , joyeux, espiègle, chaleureux, généreux, un enfant du peuple, un fils de l’avenue Charles de Gaulle. Ces instants familiaux rappellent le témoignage d’un de ses amis d’enfance « Baay Lamine était un grand homme parce qu’il n’avait jamais cessé d’être un homme simple ».
Trente années se sont écoulées, mais il demeure toujours l’un des vôtres, ne l’oubliez pas dans vos prières !!!
Baay Laamine pour sa famille, Madior pour ses frères d’armes, demeure dans le cœur de ceux qui l’ont connu comme un homme d’une élévation rare, doué d’une bonté profonde et d’un sens du devoir absolu.
Né le 16 mars 1940 à Saint-Louis, il grandit entre le dynamisme culturel de sa ville natale et l’atmosphère chaleureuse de Ndande, où son père Laba, Moukhadam tidjane, exercait ses activités de commerce. C’est dans cette enfance profondément enracinée dans les valeurs de solidarité, de respect et d’attachement à la religion qu’il développa son humanisme.
Très jeune, il aimait fredonner, avec ses sœurs et cousins, les hymnes dédiés à Raoul Follereau, figure mondiale de la lutte contre la lèpre et des actions en faveur des délaissés. Cette fascination révèle une sensibilité déjà tourné vers les plus vulnérables, vers ceux qu’on regarde rarement, et souvent trop tard.
Influencé par cette fibre humanitaire, il s’orienta vers la dermatologie. Il faut rappeler qu’au XXᵉ siècle, les grandes batailles médicales touchant la lèpre, la gale, les dermatoses, et d’autres affections souvent stigmatisées étaient au cœur du champ d’action des dermatologues. Devenir dermatologue, à cette époque, c’était choisir de soigner les invisibles, les marginalisés, les patients qu’on préférait cacher.
Choisir cette voie revenait, pour Madior, à être fidèle à une mission morale : redonner dignité, toucher l’intouchable, soigner là où beaucoup ne voulaient pas aller. Cette dimension humanitaire fut au cœur de sa carrière.
Après ses brillantes études à Santé navale-Bordeaux et son internat au Val-de-Grâce, il revint au Sénégal, servant dans des contextes difficiles, en Casamance pendant la guerre d’indépendance de la Guinée Bissau, Saint-Louis, la léproserie de Dakar, puis l’Hôpital Principal où il marqua durablement patients et collègues.
Il représenta également le Sénégal dans les opérations internationales, notamment au Sinaï, sous mandat des Nations Unies.
Premier commandant sénégalais de l’École Militaire de Santé (1980–1989), il fit de cette institution un modèle de rigueur et d’excellence. En 1981, le Président Abdou Diouf ; en dépit de ses charges à l’école militaire de santé et à l’hôpital principal ; fit de lui son médecin personnel, impressionné par son intégrité et surtout sa discrétion.
Malgré un environnement très conservateur, il se battit pour ouvrir les portes de l’armée aux femmes. Grâce à son engagement et sa proximité d’avec le Président de la République, la loi de 1982 qui autorise l’admission des filles à l’École Militaire de Santé est mise en application. Même si ses œuvres semblent ne pas être reconnues à sa valeur, l’histoire lui rend hommage à travers les prouesses médicales de la Médecin-Colonel Youanidou WANE ; mais aussi de la consécration de Fatou FALL, la première femme Général de l’armée sénégalaise, issue du corps de santé.
Directeur de l’Ecole Militaire de Santé, Inspecteur général des Forces armées, médecin personnel du Président de la République ; rien ne modifia son rapport aux gens. Il continuait inlassablement à consulter à l’hôpital principal, au pavillon Pelletier et recevait gratuitement ses voisins dans son domicile des HLM, allant jusqu’à payer leurs médicaments lui-même. Sa simplicité, son sourire, son élégance naturelle faisaient de lui un homme respecté, mais surtout aimé.
Lors de la cérémonie de levée du corps, un moment particulièrement fort marqua les esprits.
El Hadj Abdoul Aziz SY, Khalife général des Tidianes, prit la parole pour lui rendre hommage, et ses mots résonnent encore aujourd’hui :
« C’était un homme d’un humanisme exceptionnel, un homme de Dieu au service de l’homme. Sa bonté, sa pudeur et sa dignité l’élevaient bien au-dessus de son rang. »
Feu l’Imam Baba TOURE de la grande mosquée de Castors lui offrit son linceul personnel ; il le rejoignit quelques mois après.
Au-delà de l’officier, au-delà du médecin du Président, ses proches se rappellent un homme profondément attaché aux siens. Malgré son rang, il restait d’une disponibilité et d’une simplicité étonnantes. À chaque descente à Guet Ndar, son visage s’illuminait. Il retrouvait ses cousins, ravivait ses souvenirs d’enfance, et riait avec eux entre deux mbaar, ces espaces traditionnels où se mêlent discussions professionnelles, jeux d’adresse et convivialité.
On raconte qu’il redevenait, le temps d’un après-midi, il devenait Baay Laamine , joyeux, espiègle, chaleureux, généreux, un enfant du peuple, un fils de l’avenue Charles de Gaulle. Ces instants familiaux rappellent le témoignage d’un de ses amis d’enfance « Baay Lamine était un grand homme parce qu’il n’avait jamais cessé d’être un homme simple ».
Trente années se sont écoulées, mais il demeure toujours l’un des vôtres, ne l’oubliez pas dans vos prières !!!



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