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Prolifération de stations d'essence: Saint Louis, belle ville poudrière.

Lundi 13 Juillet 2015

Explosion d’une station-essence, près de 100 morts

« Le drame s’est produit… de manière accidentelle. Puis l’incendie s’est propagé jusqu‘à la station-essence qui, à son tour, a explosé.

Le président … sur le lieu du drame : “Ces pertes humaines sont catastrophiques, a-t-il dit. Les autorités locales et les services d’urgence sont mobilisés. Et nous devons tout faire pour que ce genre de drame ne se reproduise plus”.
Une fois sur place, les pompiers ont bataillé pendant une partie de la nuit pour éteindre l’incendie. » nous rapporte GFM.

Cela s’est produit comme vous l’aurez deviné, au Ghana. Et il aurait pu se passer n’importe quel endroit où prévalent le laxisme, l’inconscience et le je-m’en-foutisme des hommes : les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets.
C’est pourquoi, la situation d’érection sauvage de stations d’essence qui prévaut à St Louis (comme du reste dans d’autres villes du pays) me préoccupe profondément.

Nous avons eu avec d’autres, à nous signaler dans ce combat contre une telle situation mais le lobbying, la manipulation, la complicité, la corruption et le laxisme ont fini par faire aboutir leur entreprise pour le moins criminelle. Nous ne baisserons pas les bras pour autant.


Voilà en effet une ville quasiment transformée en poudrière avec l’existence d’une vingtaine de stations d’essence rien que dans la partie Sor du périmètre communal. Le comble (et qui illustre à merveille le caractère criminel de telles entreprises) est que ces affaires à hauts risques sont implantées dans des endroits à forte concentration humaine : marchés, gare routière, lycées et collèges.

Je ne parle même pas de la Langue de Barbarie (toujours dans le périmètre communal) qui abrite les populeux quartiers de pêcheurs de guet ndar, de Santhiaba et de Goxoumbaac où ce qui se passe dépasse l’entendement : un nombre incalculable de mini-stations d’essence qu’on retrouve dans les maisons et à chaque coin. C’est grave !


Les rares stations (trois ou quatre) qui existaient quand on était enfant, étaient tenues à l’écart des habitations. Avec le temps ces habitations sont venues les ceinturer. La prudence aurait commandé de délocaliser ces stations (et qu’on ne nous serve surtout pas l’argument comme quoi ce sont les habitations qui sont venues les trouver sur place). Mais que non ! On assiste plutôt à une multiplication des stations dans des endroits qui font frémir à la simple idée de ce que cela peut entraîner comme catastrophe.

Car comment peut-on exposer la vie de centaines de personnes en édifiant à tout va des stations d’essences où sont stockés des milliers de litres de liquides inflammables ? Peut-être les gens n’ont plus de conscience. Peut être ils ne mesurent plus le poids de leurs responsabilités. C’est extrêmement grave !
Ces sites sont hautement dangereux.

La preuve : nulle part on ne voit ni le gérant ou ni le propriétaire de ces stations loger sur les lieux. Par mesure de sécurité pour eux et les leurs, ils choisissent d’aller habiter à mille lieux de là et laisser face à ce danger, les familles inconscientes ou impuissantes. Attitude criminelle d’une race singulière d’hommes d’affaires (et de leurs complices) au goût morbide des profits sordides, pour qui la vie humaine ne vaut pas « un franc troué ». Et sous l’œil bienveillant des autorités ! Où donc est la fameuse protection civile ? C’est à n’y rien comprendre!


Nous autres sénégalais, sommes décidément amnésiques. A-t-on déjà oublié le naufrage du bateau « Le Diola » ? Et ce jour reviendra à coup sûr. Il reviendra. On n’a pas besoin d’être devin pour le savoir : tant va la cruche à vau-l’eau qu’à la fin elle se brise ! Alors quand on entendra boom ! (de grâce pas de « mara dey taali ! ») inutile de se demander de quoi il s’agit car c’est le jour, notre jour qu’on a toujours refusé d’envisager qui est enfin arrivé. Boum ! c’est l’explosion de cuves contenant des milliers de litres de carburant.

Boum ! boum ! c’est l’explosion de véhicules en stationnement ou simplement de passage. Des boum ! boum ! mêlés aux sirènes des véhicules de secours à vous perforer les tympans. Des boum ! boum ! mêlés aux cris de détresse, aux cris d’orfraie, aux cris stridents des victimes encore vivantes et des témoins ahuris, horrifiés face à ce carnage : scène surréaliste de corps cassés, déchiquetés et calcinés baignant dans une mare d’eau, de sang, de sueur, de larmes et de carburant mêlés. Et parmi ces cadavres, des corps de petits innocents victimes des grands inconscients.

Des corps dont le visage au regard désabusé se fige dans un rictus qui traduit toute leur douleur d’avoir eu confiance en ces autorités et d’avoir dormi sur leurs lauriers. Des autorités qui, après s’être composé des figures de circonstances osent nous dire (à nous témoins vivants du drame du bateau « Le Diola ») comme l’autre : “Ces pertes humaines sont catastrophiques …. Les autorités locales et les services d’urgence sont mobilisés. Et nous devons tout faire pour que ce genre de drame ne se reproduise plus”. Et de pointer un doigt accusateur vers les populations au comportement incivique, irresponsable, dangereux, des populations au comportement de mal élevé, d’inconscient. Eh oui ! les populations ont bon dos. C’est toujours elles qui paient les pots cassés.

C’est pourquoi il importe de développer un réflexe citoyen de foulla ak faayda pour la prise en charge directe et diligente des préoccupations des pauvres populations à chaque fois qu’il y aura défaillance dans un sens ou dans un autre, à un niveau ou à un autre. Pour ce faire, il faudra se départir des sempiternels « Yalla baaxna ! »
Oui « Yalla baaxna ! » mais Yalla Yalla bay sa tool.

Amar GUEYE
St Louis