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Scandale de l'état civil : Un vaste réseau de fausses identités démantelé à Ziguinchor

Lundi 11 Mai 2026 - 06:55

L'administration sénégalaise est à nouveau secouée par une affaire de fraude massive sur l'identité. Selon des informations rapportées par le quotidien L'Observateur, l'antenne régionale de la Direction nationale de la lutte contre la fraude (Dnit) a démantelé un réseau sophistiqué de fabrication de documents administratifs en Casamance.

Au total, sept individus ont été déférés devant le procureur de Ziguinchor pour des chefs d'accusation graves, notamment « association de malfaiteurs », « faux et usage de faux » et « obtention indue de documents administratifs ».
 

L'enquête a mis à jour une véritable organisation criminelle opérant dans plusieurs localités stratégiques telles que Kaour, Niaguis, Ziguinchor, Enampore et Djouloulou. Lors des perquisitions, les enquêteurs ont mis la main sur des centaines de données d'état civil fictives, ainsi que des faux certificats de nationalité et casiers judiciaires. Ces documents portaient frauduleusement les en-têtes du Tribunal de grande instance de Ziguinchor et des tribunaux d'instance de Bignona et d'Oussouye.
 

Des « registres parallèles » vendus jusqu'à 250 000 FCFA

 

Le mode opératoire utilisé par les faussaires rappelle les méthodes déjà observées dans d'autres affaires de fraude à l'identité au Sénégal. Le réseau s'appuyait sur des cahiers de brouillon faisant office de registres parallèles. Les agents complices procédaient à des insertions d'actes après la clôture officielle des registres ou utilisaient les espaces vides pour créer des identités de toutes pièces. Les prix de ces documents frauduleux fluctuaient entre 6 000 et 250 000 FCFA, selon le profil et la nationalité du client.
 

Au centre de ce trafic se trouve un démarcheur bien connu à Ziguinchor, Jean-Luc Mamadou Corréa. Présenté comme la plaque tournante du réseau, il facilitait les transactions entre les demandeurs et des agents municipaux véreux. Ces derniers, en poste dans plusieurs centres d'état civil de la région, auraient reconnu leur implication lors des interrogatoires menés par les enquêteurs de la Dnit.
 

Le contrôle de routine qui a tout déclenché

 

L'affaire a débuté par un simple contrôle de police au poste de Cantène. Une ressortissante bissau-guinéenne, en possession de documents suspects émanant de la mairie de Kaour, a été interpellée. Ses révélations ont permis de remonter la filière et de découvrir que le réseau s'adressait prioritairement à des ressortissants étrangers souhaitant obtenir indûment la nationalité sénégalaise.

L'enquête se poursuit désormais pour identifier d'éventuelles complicités supplémentaires au sein des greffes et des services de l'administration territoriale.
 

MS/NDARINFO
 



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