Des dizaines de camions-citernes transportant du carburant ont été détruits jeudi 29 janvier dans la région de Kayes, à l'ouest du Mali, lors d'une attaque menée par les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda.
L'assaut a fait plusieurs victimes. Un élu local cité par l'AFP affirme que trois soldats maliens et quatre assaillants ont été tués. Deux corps de civils ont en outre été retrouvés vendredi sur l'axe reliant Kayes à la frontière sénégalaise. Plusieurs militaires qui escortaient le convoi restent portés disparus.
Un responsable de l'Office malien des produits pétroliers, également cité par l'AFP, a assuré que l'attaque "n'impacte pas la distribution ni la disponibilité" en carburant. Cette déclaration sonne creuse toutefois face à la réalité sur le terrain, où cette offensive représente un nouveau coup dur pour le régime de transition.
L'attaque intervient à moins de trois semaines du début du Ramadan et survient dix jours après l'annonce par les autorités maliennes de la mise en place d'un système de rationnement du carburant. Cette mesure prévoit notamment de restreindre le nombre de passages autorisés dans les stations-service à tous les trois jours pour les voitures et tous les deux jours pour les motos, pour "limiter les achats excessifs et lutter contre les circuits de vente illicites".
Depuis un peu plus de quatre mois, les jihadistes du JNIM ont décrété un blocus économique dans le sud et dans l'ouest du Mali, deux régions par lesquelles transitent les livraisons de carburant en provenance du Sénégal et de Côte d'Ivoire. Le recours à des escortes militaires composées de soldats maliens et russes avait certes permis d'améliorer l'approvisionnement de Bamako en décembre, mais depuis le début janvier les attaques s'intensifient à nouveau.
La région de Kayes revient régulièrement au centre de ces offensives jihadistes, stratégique tant pour ses ressources minières que pour sa position de carrefour sur les axes d'approvisionnement en carburant. Cette escalade menace désormais l'ensemble de l'économie malienne à l'approche du mois sacré.
MS/NDARINFO



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