La Direction nationale de l'Investigation et des Traces (DNIT) a procédé à l'interpellation du secrétaire municipal de la commune de Boki Dialloubé dans le cadre d'une vaste enquête sur la vente de papiers sénégalais à des ressortissants étrangers, révèle Libération dans sa parution de ce samedi.
L'enquête a mis au jour un réseau sophistiqué de falsification de documents d'état civil, avec des papiers retranscrits frauduleusement dans les registres communaux des années 2000, 2015, 2018 et 2021. Ces documents permettaient à des étrangers d'obtenir illégalement la nationalité sénégalaise en se faisant passer pour des citoyens nés au Sénégal.
Les investigations menées par la DNIT ont révélé des ramifications du réseau dans plusieurs localités du pays, notamment à Thiès, Tamba et Koumpentoum. Les enquêteurs ont notamment saisi une enveloppe contenant plusieurs actes sénégalais et étrangers chez un ressortissant guinéen qui s'était fait passer pour un Sénégalais grâce à ces documents frauduleux.
L'opération la plus spectaculaire s'est déroulée au domicile du démarcheur Y. Diallo, où les enquêteurs ont découvert 121 extraits de naissance à l'en-tête des communes de Tambacounda et ses environs. Ces documents, soigneusement conservés, devaient servir à alimenter le trafic et permettre à de nouveaux ressortissants étrangers d'obtenir une identité sénégalaise.
Le mode opératoire du réseau reposait sur la complicité de certains agents municipaux ayant accès aux registres d'état civil. Ces derniers inscrivaient rétroactivement des naissances fictives, créant ainsi des historiques administratifs apparemment légitimes pour des personnes qui n'étaient jamais nées au Sénégal.
Ce trafic de papiers pose de sérieuses questions de sécurité nationale et d'intégrité du système d'état civil sénégalais. Les autorités s'inquiètent notamment de l'usage que pourraient faire ces bénéficiaires de faux papiers une fois munis d'une identité sénégalaise en règle, notamment pour des activités criminelles ou pour faciliter l'immigration irrégulière vers d'autres pays.
L'enquête se poursuit pour identifier l'ensemble des ramifications du réseau et déterminer le nombre exact de faux documents déjà écoulés sur le territoire national.
MS/NDARINFO



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