Invité de l’émission « Jury du Dimanche » ce 10 mai 2026, le Directeur Général de l’Office National de Formation Professionnelle (ONFP), Mouhamadou Lamine Bara Lo, a dévoilé une stratégie de rupture pour transformer le capital humain sénégalais. Son ambition est claire : faire de la formation professionnelle non plus une voie de second choix, mais un véritable levier d’excellence. Pour y parvenir, l’ONFP mise sur une modernisation radicale des infrastructures, à l’image des réhabilitations déjà entamées au lycée André Peytavin de Saint-Louis et dans plusieurs établissements de Dakar et Kaolack.
Pour le patron de l’ONFP, l’attractivité passe d’abord par l’équipement. Il a annoncé un vaste programme incluant la réhabilitation de 50 centres existants et le lancement de près de 30 nouveaux centres sous l’égide du ministère de tutelle. De Diamniadio, pôle d'excellence pour le BTP et le numérique, à Nétéboulou (Tambacounda), où un centre de 10 hectares vient d’être livré, l’objectif est de décentraliser l’expertise technique. « Il faut que les parents et les élèves considèrent ces lycées comme des espaces d’avenir », a-t-il martelé, fustigeant l'état de dégradation de certains anciens sites.
Le pétrole et le gaz comme accélérateurs d'emplois
Le véritable tournant de ce discours réside dans l'adéquation entre formation et marché. Face au déficit de compétences locales qui favorise encore l'emploi de travailleurs étrangers, l’ONFP accélère sur le contenu local. Un répertoire des métiers du pétrole et du gaz est en cours de finalisation, tandis qu’un centre spécialisé en soudure industrielle et électricité est en préparation à Saint-Louis avec des partenaires internationaux. Le DG a d'ailleurs brisé un tabou sociétal en affirmant qu'un « soudeur très qualifié peut gagner plus que beaucoup de directeurs », invitant les jeunes à embrasser les métiers manuels de haute technicité.
Au-delà de l'industrie lourde, l’ONFP étend son champ d’action aux industries culturelles et créatives, tout en menant une étude cartographique des besoins par pôle territorial. Cette approche sur mesure doit permettre d’identifier les filières porteuses selon les spécificités de chaque région. En formant des jeunes immédiatement opérationnels pour l'entreprise ou l'auto-entreprenariat, Mouhamadou Lamine Bara Lo entend faire de l’ONFP le moteur de la souveraineté économique du Sénégal.
MS/NDARINFO








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