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Trois jours de grève...et la semaine sainte de trop. Par Thierry NDIONE, Pdt CDL de Saint-Louis

Jeudi 2 Avril 2026 - 22:40

Il est des décisions qui dépassent le cadre social pour toucher le cœur du vivre-ensemble. La grève des transporteurs observée en début de semaine, puis prolongée en pleine semaine sainte en est une illustration préoccupante.

 Pendant trois jours -  du lundi 30 mars au mercredi 1er avril 2026 - les Sénégalais ont déjà subi les conséquences de ce mouvement. Trois jours durant lesquels les difficultés de déplacement ont été réelles, les activités perturbées, et les usagers éprouvés. Mais alors que s’ouvre une période particulièrement sensible pour la communauté catholique, la grève a été maintenue. 

Pourquoi ce prolongement ?

La question mérite d’être posée sans détour car la semaine sainte n’est pas un moment ordinaire. Elle constitue le cœur battant de la foi chrétienne, un temps de recueillement, de célébrations majeures et de déplacements importants vers les paroisses et les familles.  En maintenant la paralysie des transports à ce moment précis, on empêche concrètement de nombreux fidèles de vivre pleinement leur foi.

Certains évoqueront un simple enchainement de circonstances. Mais dans un pays où la religion structure profondément la vie sociale, le calendrier n’est jamais neutre. Il engage une responsabilité. Trois jours de grève suffisaient à porter un message. Pourquoi ne pas avoir suspendu le mouvement, ne serait-ce que temporairement, par respect pour cette période sacrée ?

Ce choix interroge. Il donne le sentiment que les réalités spirituelles d’une partie de la population n’ont pas été suffisamment prises en compte.

Une interrogation persiste, inévitable : une telle situation aurait-elle été envisageable lors d’une grande fête musulmane ? Sans chercher à opposer les communautés, cette question met en lumière un besoin d’équité dans l’attention portée aux sensibilités religieuses.

Qu’on ne s’y trompe pas : le droit de grève est fondamental. Mais il ne peut s’exercer sans discernement. Il implique une responsabilité, surtout dans une société comme la nôtre,  fondée sur le respect mutuel et la coexistence pacifique.
Le Sénégal a toujours été cité en exemple pour son harmonie religieuse.  Mais cette harmonie semble reposer sur des équilibres fragiles, qui exigent vigilance et considération dans les décisions collectives.

Aujourd’hui, un malaise réel s’exprime au sein de la communauté sénégalaise en général et celle catholique en particulier. Il ne doit être ignoré ni minimisé. Ignorer ce malaise serait une erreur. Y répondre avec lucidité et responsabilité serait, au contraire, un signe de maturité collective. Car au-delà de cette grève, c’est une question essentielle qui se pose : celle du respect dans notre manière de vivre ensemble. Respecter les temps forts de chaque communauté, c’est préserver l’unité nationale.

Je ne saurais conclure sans adresser un appel solennel aux autorités civiles, au premier rang desquelles le Chef de l’Etat, garant du droit fondamental d’aller et de venir. Dans un esprit de responsabilité et d’écoute, il importe de veiller à ce que ce droit essentiel soit pleinement assuré à tous les citoyens, sur l’ensemble du territoire national.

Il est encore temps d’en tirer les leçons. 

Thierry NDIONE, Président du Conseil Diocésain du Laïcat (CDL) de Saint-Louis
 

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