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VIATIQUE POUR LE MAGAL - « Matlabou-l- Fawzayni » de Cheikh al Khadim : le texte fondateur de TOUBA. Par Mohammed Habib Kébé

Mercredi 1 Novembre 2017

Au nom d’ALLAH, le Miséricordieux, le Tout Miséricordieux
Qasida écrite à l’heure de la fondation de la cité de Touba, le Matlaboul fawzayni est le plus beau viatique qu’on puisse offrir à ceux qui s’apprêtent à se rendre à Touba pour célébrer le Magal qui commémore le retour d’exil de Cheikhoul Khadim.



En effet, ce court poème, véritable chant de prières et de grâce, nous rappelle l’intention qui anima cheikh Ahmed Bamba lorsqu’il décida de poser la première pierre de la cité du mouridisme et la vocation qu’il assigne à cette cité qui est devenue la preuve indiscutable que la prière du cheikh a été exaucée par le Miséricordieux.
Pour comprendre ce qui fait de Touba, en si peu d’années, une Cité-Mère illuminée par la lumière d’Allah et du Magal de Touba l’un des pus grands rassemblements spirituels de la Umma Islamique, il faut retourner à ce texte fondateur qu’est la Quête des deux saluts (Matlabou-l-Fawzayni),où le cheikh fixe pour l’éternité les motivations profondes qui ont été à l’origine de la fondation de Touba et de la célébration du Magal.
 
            C’est ainsi que dès le préambule, le Cheikh précise le but et l’objet du texte ; ainsi que le contexte de sa composition :

«  L’objectif de cette qasida et l’invocation et le chant de grâce qui apporteront, s’il plaît à Dieu, l’accroissement « zyad » et la « nasr » et elle est prononcée dans une demeure nommée Touba. Qu’Allah le transcendant la garde de toute chose répréhensible ou odieuse, de toute chose redoutable ou terrifiante par la dignité de Celui qui émigra (Mohamed P.S.L.) ».
      De ces mots préliminaires, il apparaît sans conteste et de façon explicite que cette qasida intitulée « Matlabou-l-Fawzayni » est un  acte de prière et une action de grâce formulée à l’heure grave et solennelle de la fondation de Touba
 
            Les prières qui suivent immédiatement et qui complètent le préambule s’inscrivent dans ces préoccupations du fondateur d’une nouvelle cité. Ayant pour objectif de vivifier la tradition du prophète, le Cheikh déroule une litanie de prières sous le signe du chiffre 3 pour demander au Seigneur des Mondes de le protéger et de protéger tous les musulmans contre les formes et manifestations du mal.
            Ensuite suivent les versets et les sourates coraniques qui font référence à la protection et à la sécurité, ceux qui mentionnent le thème de l’émigration et particulièrement le verset 29 de la sourate du Tonnerre (Ra’d) (XIII) qui lui a inspiré le nom de Touba qu’on peut traduire par Félicité, Bonheur eternel ou Béatitude.
 
 
Quoiqu’il en soit, le mot « Touba » est d’après ce verset et son contexte, l’un des paradis les plus élevés, promis à ceux qui croient et font le bien : « A ceux qui croient et qui font le bien, Félicité (Touba) et Beau retour » (Sourate XIII, 29).
 
            Faut-il préciser dès maintenant que le fait de donner à une cité terrestre le nom d’une cité céleste, non seulement confère à cette ville une vocation spirituelle et sainte, mais explique également le titre de cette qasida : la quête des deux saluts. Il s’agit d’entendre que par cette prière fondatrice de Touba, le Cheikh implore son Seigneur de lui donner le double triomphe, ici-bas et au-delà. Dès lors, il faut que la destinée de la cité terrestre qu’est Touba soit la preuve matérielle et la préfiguration du domaine réservé au Cheikh dans la cité de Dieu. Voilà pourquoi le développement prodigieux de Touba et son rayonnement spirituel sont la preuve que les prières fondatrices du Cheikh ont été agrées. Cela  ne doit pas étonner, vu le rang et le destin du Saint homme et compte-tenu de la dimension sublime de la prière formulée. En effet, pour clore les invocations préliminaires, le Cheikh glisse de la sourate du « Tonnerre » vers la sourate « Ibrahima » qui lui est contiguë, pour redire les mots de prière que le Père du monothéisme pur adressa à son Seigneur lorsqu’il décida de fonder la cité de la Mecque :
 
« O ! Seigneur, fais de ce lieu un sanctuaire sûr ! Préserve-moi et mes fils d’adorer les idoles ! Seigneur ! Elles ont égaré tant d’hommes. Ceux qui suivront ma voie seront des miens ; envers ceux qui me désobéiront, tu seras indulgent et Miséricordieux. Seigneur ! J’ai établi une demeure à mes descendants dans une vallée aride, auprès de ta Maison sacrée, pour qu’ils soient, Seigneur, assidus à la prière. Fais que des cœurs d’hommes vers eux se penchent. Veuille leur procurer des produits de la terre, espérant qu’ils te rendent grâce !
 
            Seigneur, tu sais bien ce que nous dissimulons et ce que nous divulguons car il n’est rien sur terre ou dans le ciel qui soit caché à Allah !
Louange à Allah qui, malgré la vieillesse, m’a donné Ismaël et Isaac. En vérité, Allah entend si bien les appels et prières.
Seigneur fais, que je sois assidu à la prière, ainsi que mes descendants ! Seigneur, veuille bien exaucer mes prières ! Seigneur pardonne-moi ainsi qu’à mes parents et aux croyants, le jour du Jugement dernier.
 
            Ce sont ces 7 versets prononcés par Ibrahima à l’heure de la fondation de la Mecque dans une région aride, sans eaux et sans cultures que Cheikh Ahmadou Bamba redit en fondant Touba dans une région hostile et sans débouché vers la mer, au milieu de la savane tropicale. A l’instar d’Ibrahima qui demanda alors que les cœurs des hommes affluent vers la Mecque, lors du Hajj, pour apporter a sa descendance fidèle  à Dieu et à la prière, toutes provisions, le Cheikh fonde ainsi implicitement le rassemblement du Grand Magal qui verra, comme le pèlerinage de la Mecque, des hommes innombrables affluer chaque année, accourant d’endroits lointains de la terre.
 
            Voilà pourquoi on peut affirmer que ce sont les mêmes mots de prière qui fondent la cité de Touba et le Magal de Touba. Et le développement exponentiel de ces deux phénomènes est la preuve que les prières formulées dans le Matlabou-l-Fawzayni ont été entendues et exaucées par le Seigneur de l’Univers qui accorde sa faveur et ses bienfaits à qui il veut, sans calcul.
 
            Si sa prière a été exaucée c’est sans doute dû à la confiance que l’invocateur place en Allah et en ses mots, une confiance totale qui se traduit par la remise totale de son être en la promesse de son Seigneur : « Ô ! Mon Seigneur, Tu as dis et ton dire est vérité ; et ta promesse est vérité ; «  Appelez-moi, je vous réponds ». Et tu as dit aussi : « soyez reconnaissant à mon endroit et ne reniez pas mes faveurs ».
Sur ce me voici t’invoquant et te remerciant par cette qasida, espérant de Toi agrément et acceptation.
 
C’est par cette prière véhémente, pleine d’humilité et de ferveur, de soumission et de confiance en Dieu que Cheikhoul Khadim termine son préambule introductif de sa qasida dont le titre est la quête de la double félicité, ici-bas et au-delà.
Pour des soucis de concision, nous nous conterons de commenter les extraits relatifs à la fondation de Touba et de la célébration du Magal.
 
            Dans un premier mouvement de chant de grâce et de remerciements adressés au Seigneur qui l’a conduit à « cette terre où s’est estompé ce qui l’entravait », après l’avoir purgé par l’ascèse et le renoncement pour le mener vers la félicité par l’action éclairée par la science, le Cheikh, appelant son Seigneur par ses plus beaux noms et sous l’autorité du Prophète (PSL) sa Wassila, exprime sa gratitude infinie à Allah qui l’a conduit vers cette terre de libération, sur les traces de celui qui incarne l’émigration, le libérant ainsi des obstacles et tentations du Moi et du monde, tout tendu vers ce qui est en lui.
Et lorsqu’il arrive à destination, il adresse cette prière fervente à son Maître :
« Me voici ici pauvre serviteur, exilé et seul
Donne-moi pour ce, à moi et à l’ensemble de mes frères, la félicité des deux mondes vraiment Ô Toi l’Audient !
Donne-moi ta réponse par cette prière Par Moustapha, les siens et ses compagnons ».
            Et l’homme qui s’installe seul dans cette terre inconnue est un être tourmenté et malade au sens mystique du terme et qui implore la tendresse et les soins de son Créateur :
 
« Ô toi qui transcendes l’espace et le temps ! j’ai choisi ma demeure ici et le mal est en moi ! Sois mon compagnon et guéris-moi de mon mal jusqu’à ce que je marche vers toi sans obstruction.
Ô toi qui se passes d’épouse et d’enfant ! protège-moi et protège l’ensemble des habitants de ce pays !
Et fais Seigneur que ma demeure Touba soit pour toujours pareille à son nom par la dignité du Meilleur des serviteurs ».
 
            Ces vers humiliés nous révèlent l’état d’âme et le contexte dans lesquels le Cheikh a fondé sa cité : c’est un homme indigné par le « mal du siècle », décidé à tourner le dos au siècle et à ses turbulences qui choisit de jeter les bases d’une cité où l’homme peut vivre dans la proximité avec Dieu, le cœur rempli de la félicité et du bonheur d’être toujours avec et d’aimer Dieu.
 
            Et les mots fondateurs de la cité se prolongent dans les vers qui suivent pour instituer de façon explicite la célébration du Magal par ses disciples :
« Et toute personne qui me suit ou me rend visite sauve-le Seigneur et pardonne-lui ses péchés
Et quiconque m’aime ou se penche vers moi gratifie-le de droiture ou de biens
Et quiconque m’insulte ou me blâme accorde-lui le repentir et la reddition
Et quiconque préjuge mal de moi retourne son cœur pour moi, Ô Seigneur
Et protège-moi contre le mal de tous les humains
Et protège-les de tout mal, Ô mon Seigneur !
 
            Les termes de « Khidma » et de Zîyâr » indiquent de façon claire que le Cheikh fondateur attend de ces disciples qu’ils lui rendent visite dans cette cité dont il pose les pierres fondatrices.
C’est à ce moment grave et solennel que les mots de prières du Cheikh définissent la vocation de la cité dont il érige les fondations qui doivent être des fondations de paix spirituelle, de pureté, de savoir, de charité, de droiture. Que le fondateur  comme sa demeure soient à l’abri des complots et machinations de tout ennemi, du mal de Satan et de ses partisans injustes dans les pays, de tout être qui ne désire pas le visage de Dieu :
 
« Et écarte tout ce qui est destructeur de ma main
Et  de ma demeure rapidement,  d’où qu’il vienne !
Et fais entrer le bien dans ma main et ma demeure
Et renforce-le par le Guide et le Confiant
Et élève-moi et élève quiconque me soutient
Et protège-moi de toute chose qui humilie et déshonore
Et protège ma demeure de tout mécréant criminel
Et sécurise ses habitants d’une eau coulante
Et fais-en une source de faveur ici-bas
Menant vers la grande faveur de l’au-delà »
Ô toi le vivant (hayy) l’autosuffisant (gayyûm)
Entends ma prière car tu es l’Audient, le Noble et le Proche ».
 
            Après ces supplications pour la sécurité de Touba et de ses habitants, le fondateur poursuit sa demande à son Seigneur, le suppliant  de sanctifier sa cité et d’en faire un haut lieu d’adoration d’Allah, à l’abri des maux du siècle et des siècles à venir, du mal des nassaras et des juifs (les colons occidentaux) :
 
« Et multiplie les bienfaits de ce pays
Ainsi que ses richesses et garde-la de la misère
Et installe en son sein une assemblée qui respecte les cinq prières avec assiduité, Ô toi le Sage !
Et sauve-nous du mal de ce siècle
Et de tout autre mal et de toute épreuve
Et protège-nous du mal des nassaras et des juifs
Du mal de Iblis et de tout rebelle
De celui des Djinns et de l’antéchrist et des Noirs venant de l’Occident, de l’Orient et des Blancs.
Du mal de ce qui est ensemble dans la terre et au ciel, qu’il soit visible ou profondément caché ».
 
            On saisit à travers ces vers sublimes les enjeux historiques et spirituels de la fondation de la cité religieuse de Touba ; son fondateur veut qu’elle soit, dans ce siècle dominé par l’Occident judéo-chrétien, une ville sainte, un sanctuaire de prière et d’adoration à l’abri des tentations du monde moderne et des perversités du siècle.
Cette prière fondatrice est d’autant plus significative qu’elle est formulée en un jour grandiose, l’anniversaire de la naissance du Prophète Mohammad, Paix et Salut d’Allah sur Lui car le Cheikh précise :
 
« Donne-nous la facilitation et la félicité dans ces deux mondes ainsi que le triomphe par la dignité de ce jour et de Celui qui est venu au monde en ce jour.
Car nous avons cherché son pareil et ne l’avons point trouvé,
 Mouhamad, le Meilleur des Créatures sans conteste et sans aucun doute ».
 
            Car pour le fondateur de Touba et du Mouridisme qui se désigne comme  serviteur et valet (Khadimou Rassoul), le Prophète Mohammad est la seule voie qui lui assure l’agrément d’Allah et l’obtention de la double félicité. Il ajoute plus loin :
 
« Et prie Seigneur la prière la plus pure sur lui et les siens avec la paix la plus apaisante
Prière qui nous protège du fléau des sauterelles
Et Seigneur de paix ! protège ma demeure
Et purifie mon âme et augmente-moi en science
 Qui dissipe en moi angoisse dans les deux mondes
Purifie mon cœur et donne-moi un surcroît de pudeur
Et fais-moi vivre dans la fidélité et l’obéissance
Et fais que ma main droite soit généreuse comme une nuée
Toujours ouverte dans les temps durs comme aux heures propices».
 
            Comme il le fait dans toutes ses qasidas, Cheikhou-l-Khadim place tout son culte d’Allah sous l’égide et le patronat du Prophète Mouhamad, ce qui lui a valu la reconnaissance et la bénédiction du Seigneur dans son œuvre. C’est sous l’ombre tutélaire du Prophète (PSL) que la première, dans le « Matlabou-l-Fawzayni », atteint son point culminant dans des vers sublimes qui expriment la vocation religieuse et spirituelle de Touba la Sainte :
 
« Et de ma demeure, fais une demeure bénie
Et fais de moi un voyageur mystique et un dévot
Je t’implore pour que tu en fasses une maison de piété
Une maison de science, de religion et d’élévation
Un paradis pour tout aspirant qui cherche Dieu
Une forteresse contre tout rebelle infidèle
Une source de bienfaits pour tout croyant fidèle
Un repoussoir contre tout ennemi infidèle
Un pèlerinage pour quiconque est frappé de faiblesse
Un argument demain pour tout croyant pêcheur
Une quête de l’obéissance au Tout Miséricordieux
Une épouvante de l’obéissance à Satan le rebelle
Un chemin qui mène vers les voies de la tradition
Un abandon des chemins de l’innovation
Un lieu d’accès à tout bien
Un lieu repoussoir de tout mal
Un lieu d’ouverture vers tout bien de l’inconnu 
Un lieu de repoussoir de tout malheur
Et de sa terre fais une terre de richesse et de sécurité
De miséricorde et d’affluence tout le temps
Ô Toi qui protèges des maux et des troubles
Par Moustapha éloigne tout mal de ma demeure
Et pardonne à ceux qui ont élevé haut ses bâtiments
Et pardonne à tous ceux qui les leur ont ordonnés
Et tous ceux qui les ont aidés à cette construction
Qui grâce à ta faveur s’est élevée haut dans le ciel
Et pardonne à tous ceux qui y ont élu domicile
Et à tous ceux qui s’y réfugient dans le bien
Et fais que cette demeure mienne soit remplie
 De lumière et de miséricorde indéfiniment
Et  de sa richesse fais-en la plus licite délicieusement
Que les temps soient durs ou tendres et pour toujours ».
 
            Après avoir sollicité la vocation spirituelle de Touba sa demeure et prié généreusement pour tous ceux qui participent de près ou de loin à son édification, le Cheikh demande au Seigneur ces faveurs personnelles pour lui et les siens :
 
« Prodigue-moi dans cette demeure une science utile
Une élévation de renom avec un cœur qui craint
Prodigue-moi dedans une prière que l’on entend
Doublée d’une tempérance avec une âme rassasiée
Et une épouse pieuse et vertueuse qui me soutient,
 Seigneur dans la piété et la foi
Et fais descendre ton aile de voile protectrice
Pour toujours, sur moi et l’ensemble de mes gens
Ô l’Unique ! Rabats les pavillons de ta protection
 Sur ma demeure et tout ce  qu’elle contient en son sein
Et fais- les entrer tous dans le secret de ton mystère
Et préserve-nous, Seigneur, des épreuves
Et des maux des créatures et des calamités
Et des Djinns et des Satans, et des fléaux
Et fais-moi vivre longtemps dans la foi et la lumière
 Dans le renoncement et la ferveur pour l’éternité
Et de ma demeure fais un lieu de pardon et de repentir
Une demeure de droiture, de gnose et d’agrément
Une demeure de monothéisme, de vérité et d’ascèse
Une demeure de sunna à l’abri de toute innovation
Fais-en pour toujours un haut lieu de savoir
Un haut lieu de méditation et d’entendement
Un haut lieu de guidance et de quête du savoir
Un haut lieu de droiture et d’entendement
Fais-en un haut lieu de sortie des ténèbres
Vers la lumière et préserve-la de tout pêcheur
Fais-en éternellement, une demeure de fidélité à la tradition
Et non point une demeure d’innovation et de dérive
Fais-en Ô Seigneur, la demeure la plus aimable
 Dans notre pays pour Toi et pour Ton Prophète
Et protège ma demeure des désordres mondains
De la débauche et des frivolités pour toujours
Et écarte d’elle tous les troubles et les fléaux
Et purifie son eau et ses aliments
Et fais de notre sanctuaire un lieu sacré sécurisé
Et sois-en le protecteur et le gardien assuré
Et amène vers cette demeure tous les bienfaits
Des six directions et protège-la des malheurs
Protège-moi de Satan Ô Dieu Tout Puissant
Ainsi que ma demeure et tout ce que je nourris
Ô Allah, Ô Protecteur, Ô Détenteur de l’ordre
Ô Toi qui domines les créatures de ta toute puissance !
Mon âme, ma religion, mes gens et mes enfants
Ainsi que ma demeure sont à toi et pour l’éternité
Ainsi soit-il de ma vie ici-bas et de ma vie au-delà »
 
Et le Cheikh de clore sa prière par ce beau final :
 
« Seigneur tu as dis et ta parole est vérité
Ainsi que ta promesse : «je suis proche et je réponds à l’appel de l’invocateur qui m’invoque »
Je t’ai appelé et alors réponds à mon appel comme tu l’as promis car tu ne manques jamais à ta promesse.
Accorde-moi alors tout ce que je t’ai demandé dans cette qasida
Et protège-moi contre tout ce dont j’ai demandé protection
 Par la dignité du Prophète Mouhamad (PSL).
 
            Comme on peut le constater, le Matlabou-l-Fawzayni est le texte fondateur de la cité de Touba et du Magal. Véritable chant de grâce et de prière, cette qasida permet à Cheikh Ahmadou Bamba de demander à son Seigneur la protection éternelle de cette ville dont la vocation est fondamentalement religieuse, spirituelle, intellectuelle et mystique. Cette cité, son fondateur, la veut une forteresse à l’abri de tous les maux, qu’ils soient humains ou démoniaques, naturels ou sociaux.
 
            Cette qasida est également fondatrice de la célébration du Magal que le Cheikh considère comme un témoignage de reconnaissance et un acte d’allégeance de la part de tous ceux qui se réclament de lui ;un souvenir vivant  de son retour triomphal de son long exil marin.
 
            L’essor phénoménal de Touba et du Magal est la preuve incontestable que la double félicité que le Cheikh a demandée à son Seigneur, sous la dignité du Prophète Mouhamad (PSL), a été obtenue. Comment pouvait-il en être autrement pour cet homme qui incarne au niveau le plus pur et le plus élevé le monothéisme d’Abraham et la tradition sublime du Sceau des Prophètes dont il s’est fait humble serviteur.
       
                         

Par Mohammad Habib Kébé, Docteur es lettres, Enseignant-chercheur en Sciences Religieuses.
Saint-Louis du Sénégal.

makebe2001@yahoo.fr 
774435016
 A mon frère Moustapha Diakhaté qui m’a inspiré ce petit effort


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