Le Sénégal a célébré mercredi la Journée mondiale du dénombrement international des oiseaux d'eau (DIOE) en mobilisant autorités et experts au parc national du Djoudj, site classé patrimoine mondial, dans le cadre d'une opération scientifique d'envergure menée simultanément dans 143 pays.
Le ministre de l'Environnement et de la Transition écologique, le docteur Abdourahmane Diouf, a choisi ce joyau écologique du nord du Sénégal comme site principal pour cette activité de recensement. L'édition 2026 a pour oiseau parrain le phaéton à bec rouge (Phaethon aethereus), espèce emblématique retenue pour cette célébration internationale qui mobilise experts, autorités et passionnés de la biodiversité à travers le monde.
Au Sénégal, l'opération de dénombrement se déploie sur 37 sites recensés à l'échelle nationale, répartis en près de 219 secteurs. Le parc national du Djoudj, qui accueillait mercredi la délégation ministérielle, constitue l'un des sites les plus stratégiques pour cette collecte de données écologiques et biologiques.
L'objectif du dénombrement vise à obtenir des informations fiables sur la taille et l'évolution des populations d'oiseaux ainsi que sur l'état de santé de leurs habitats. "Nous sommes ici pour permettre au Sénégal de disposer d'informations précises sur le nombre d'oiseaux d'eau et pour contribuer également au comptage à l'échelle internationale", a expliqué le ministre.
Le docteur Abdourahmane Diouf a saisi l'occasion pour mettre en lumière l'importance stratégique du parc du Djoudj, qui s'étend sur près de 22 000 hectares, dont plus de 4 000 hectares de plans d'eau. Cette configuration représente plus de 50 % de surface aquatique et environ 40 % de terres émergées, illustrant l'immense potentiel écologique su Djoudj.
Le ministre a toutefois reconnu que si des efforts considérables ont été réalisés en matière de conservation de la biodiversité, le volet développement économique reste encore insuffisant. "Autant nous avons avancé sur la conservation, autant nous accusons un certain retard dans l'exploitation et la valorisation durables de ces ressources", a-t-il regretté.
Pour remédier à cette situation, le responsable gouvernemental a annoncé la mise en place prochaine d'un modèle de partenariat public-privé (PPP). Ce mécanisme permettra à l'État de conserver son rôle de garant de la protection de l'environnement, tout en offrant au secteur privé la possibilité d'exploiter durablement les richesses naturelles du parc dans une logique de développement économique respectueux des écosystèmes.
Avec près de 22 000 individus recensés, le parc national du Djoudj demeure l'un des plus importants sites de reproduction des oiseaux d'eau en Afrique de l'Ouest.
"C'est un espace privilégié pour la reproduction, notamment du pélican blanc, mais aussi de nombreuses espèces migratrices venant des quatre coins du monde", a souligné le ministre de l'Environnement.
Cette position stratégique fait du Djoudj une escale vitale pour les oiseaux migrateurs empruntant la route migratoire de l'Atlantique Est, reliant l'Europe, l'Afrique du Nord et l'Afrique subsaharienne. Le site accueille chaque année des centaines de milliers d'oiseaux en provenance d'Europe qui y trouvent refuge durant l'hiver boréal.
Conscient des enjeux liés à la préservation de ce patrimoine naturel exceptionnel, le gouvernement sénégalais a engagé d'importants investissements pour améliorer les conditions de travail des agents du parc. "Nous construisons actuellement quatre postes de garde ainsi qu'un poste de commandement. Nous espérons les finaliser avant l'hivernage afin d'offrir de meilleures conditions de travail à nos agents", a précisé le ministre.
Ces infrastructures visent à renforcer la surveillance du territoire du parc et à améliorer la protection de ce site reconnu internationalement pour sa valeur écologique. Le parc national des oiseaux du Djoudj a été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1981 et figure sur la liste des zones humides d'importance internationale de la Convention de Ramsar depuis 1977.
Le docteur Abdourahmane Diouf a invité les populations sénégalaises et les touristes à découvrir ce site exceptionnel. Il estime que le parc du Djoudj possède un potentiel touristique et écologique remarquable, autour duquel l'État continuera d'investir pour en faire une référence aux standards internationaux, conjuguant conservation de la biodiversité et développement économique durable au bénéfice des communautés locales.
MS/NDARINFO



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