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Les accords de pêche "raclent tous les poissons"

Samedi 12 Mars 2022

Moustapha Dieng, ancien pêcheur devenu leader syndical, pourfend la pêche industrielleValerie Gauriat
Moustapha Dieng, ancien pêcheur devenu leader syndical, pourfend la pêche industrielleValerie Gauriat
L'épuisement des ressources est imputé aux pêcheurs étrangers : "Leurs bateaux gênent la pêche, ils polluent la mer et attrapent tout ce que nous avions l'habitude d'attraper," déclare Kala, un capitaine de bateau de pêche, avant d'embarquer dans sa pirogue avec son équipage. Moustapha Dieng, pêcheur à la retraite qui dirige désormais deux syndicats de pêcheurs traditionnels, renchérit.

S'il dénonce les pratiques illégales de nombreux navires chinois opérant dans la zone, il est plus virulent encore quand à ce qu'il considère comme les effets néfastes de l'accord de pêche entre l'UE et le Sénégal qui permet aux navires européens de pêcher le thon et le merlu au-delà de la zone des 6 milles nautiques (12 km) réservée à la pêche traditionnelle.

"Les Européens qui sont dans la pêche du thon sont obligés de venir acheter ou faire pêcher des poissons juvéniles qui devaient grandir pour repeupler les océans pour qu'ils servent d'appâts vivants," explique-t-il. "Les bateaux qui pêchent le merlu font du chalutage de fond or cette pratique est interdite en Europe !" s'insurge-t-il, fustigeant au passage les quotas accordés pour les prises accessoires. "Ce sont ces accords qui raclent tous les poissons et qui créent une concurrence déloyale avec la pêche artisanale !" gronde-t-il. Les pêcheurs qui l'entourent acquiescent à l'unisson.

Des accusations que l'Inspecteur Régional des Pêches à Saint Louis, Amadou Lamine Diagne, veut tempérer. S'il admet que que les mauvaises pratiques sont monnaie courante, la surpêche est la "responsabilité de tous, bateaux de pêche industriels ou artisanaux" martèle-t-il. Et souligne que l'épuisement des stocks n'a pas empêché les pêcheurs traditionnels d'augmenter leur flotte de pirogues, depuis longtemps excédentaire.

Au lendemain de notre première rencontre, je retrouve le capitaine Kala, de retour de sa sortie en mer. On peut lire l'épuisement dans son regard comme dans celui de son équipage. "Rien, il n'y a rien," déplore-t-il. "Il y avait beaucoup de bateaux pas loin de nous : des navires espagnols et chinois. Ils sont là, il y en a même à 7 km des côtes, ce n'est pas normal qu’ils passent par là," soupire-t-il.

Avec EuroNews