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Saint-Louis - Réserve naturelle de Tocc Tocc : Un paradis de lamantins menacé par la pollution chimique

Vendredi 28 Février 2014

Située dans la communauté rurale de Ronkh (département de Dagana), la Réserve naturelle communautaire (Rnc) de Tocc Tocc s'étend sur 273 ha. Elle a été créée en 2011 par la volonté commune des populations riveraines. En plus du lamantin, d’autres espèces de mammifères sont assez bien représentées. Mais ce paradis est menacé par la pollution chimique qui se déverse dans les eaux, les filets perdus des pêcheurs...

Dans la lueur diaphane de l'aurore, la faune de Tocc Tocc s'éveille à la vie. De proche en proche, on entend des battements d'ailes ou des cris inconnus ou encore plus loin un bruissement pataud dans les herbes et arbustes qui reprennent de la vigueur après deux ans de conservation. Le soleil se lève et renvoie sur ce royaume de l'eau et du végétal des lueurs dans les différents tons rouge, orangé et vermeil. Le grand cormoran traverse le ciel à basse altitude et se dirige tout droit vers le Lac de Guiers qui est à un jet de pierre, s'étendant majestueusement, recouvert d'embruns et de brumes.
La question centrale et obsédante ici, c'est où se trouvent les lamantins. Dans le plan d'eau, me dit quelqu'un. Je scrute les profondeurs de l'eau, mais ne vois rien. Et mon interlocuteur me dit que les colonies de lamantins s'observent souvent tôt le matin, en début d'après -midi ou la nuit quand ils vont s'alimenter, de juin à septembre ... C'est donc un rendez-vous manqué. La Réserve naturelle communautaire (Rnc) de Tocc Tocc a été créée par la volonté commune des populations autochtones de cinq villages de la communauté rurale de Ronkh (Tolleu, Keur Idrissa, Windi Thily, Pakh et Bountou Baat). Cette mise en commun de l'aire environnementale visait à prendre en charge, dans un élan concerté, la gestion de leurs ressources naturelles.
Le processus de création de la Rnc de Tocc Tocc, remonte aux années 2000, avec l'arrivée, dans la zone, de chercheurs biologistes de l’Institut de recherche et de développement (Ird) qui avaient signalé, à l’occasion, la présence de la Péluse d’Adanson (Pelusios adansonii), une espèce de tortue d’eau douce devenue rare au Sénégal. Cette présence de la Péluse d’Adanson, dans la zone de Tolleu, a attiré d’autres chercheurs biologistes, qui ont mené les premiers suivis de l’espèce autour du village, durant l’année 2002. Les résultats obtenus ont, par ailleurs, été couronnés par la découverte du lamantin d’Afrique de l’Ouest (Trichechus senegalensis). C'est l'«aubaine» qui a présidée à la création de la Réserve naturelle communautaire (Rnc).
Ces cinq villages se sont constitués en groupe ad hoc avec l’appui de l’Ong Nature Tropicale Sénégal et ont fait appel à la Direction des parcs nationaux (Dpn) pour son expérience en conservation de la faune et à Wetlands International Afrique (WIA) qui a un intérêt marqué pour le lamantin d'Afrique de l'Ouest.
La délibération du 04 juillet 2011 de la communauté rurale de Ronkh porta sur les fonts baptismaux la Rnc de Tocc Tocc.
Le nom « Tocc Tocc » est un mot wolof qui servait à désigner les brèches dans la digue de protection du Lac de Guiers.
Ces brèches sont dues à la vétusté de la digue de protection construite dans les années 1940, dans un programme de maîtrise des eaux du Lac de Guiers. Ces infiltrations favorisaient un débordement des eaux du Lac et par conséquent, la création de cuvettes remplies d’eau en permanence dont celle de Tocc Tocc où se situe la réserve.
Celle-ci couvre la partie sud de la communauté rurale de Ronkh et s'étend sur une superficie totale de 273 ha, dont une tranche terrestre de 60 ha et le reste (213 ha) constitué par un plan d’eau douce.
L'inventaire végétal de la réserve présente 54 espèces, réparties entre 25 familles dont la majorité correspond à des herbacées.
La Rnc de Tocc Tocc héberge une grande diversité faunique. Le potentiel animal est constitué d'une quinzaine d’espèces de mammifères dont le lamantin ; 67 oiseaux (fait d’elle une zone satellite d’importants sites Ramsar) ; 10 reptiles parmi lesquelles il faut noter la Péluse d’Adanson ; 2 espèces d’amphibiens ; 98 espèces de poissons dont le tilapia, le poisson chat, le silure...

Il faut enfin souligner qu’en plus du lamantin, d’autres espèces de mammifère sont assez bien représentées (phacochère, chacal, mangouste, lièvre à oreille de lapin, singe rouge, serval, hérisson, etc.) alors que pour d’autres, à cause des pressions et menaces, leur densité a considérablement chuté (porc-épic, tortue molle, etc.). Certaines espèces ne sont même plus observées dans la zone (hyène, antilope).

LE SOLEIL


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1.Posté par El Hadj Abdou le 04/03/2014 10:17 | Alerter
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Bonjour

Je suis resté sur ma faim... Au vu du titre, je m'attendais à vous voir parler de la pollution chimique (sources, solutions,...).

Il faut pousser un peu plus la réflexion.

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